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l'authenticité des prophètes. 139
n'est, ni pour le Livre des Rois ni pour le Prophète, un soulèvement de conscience : c'est une aventure fatale, où le petit peuple doit nécessairement sombrer, et où le jettent la présomption, la vanité, l'affolement de petits politiciens en démence ^ Ce que Jérémie reproche à son peuple, ce n'est pas de se laisser détourner de la loi de Jéhovah par les terreurs ou les attraits de la civilisation étrangère : c'est de s'imaginer qu'il a tout fait parce qu'il va au temple, parce quïl offre des sacrifices, qu'il jure par Jéhovah, et qu'aussitôt tout est effacé, les abominations de la débauche, les iniquités de la vie sociale, le mépris du pauvre, l'oppression du faible^. M.Havet voit dans ce superbe dédain du prophète pour les formes vides du culte un reflet de la philosophie grecque. Mais ce dédain n'a de sens naturel dans l'histoire d'Israël que si on se reporte à l'heure où vit le Jérémie traditionnel, c'est-à-dire après la réforme de Josias, à l'heure où le Jéhovisme prophétique est devenu la re-
\. Voir plus haut, pages 77, 91.