V Ecclésiastique, XLIV
confiant dans la toute-puissance de la raison humaine en général et de la raison grecque en particulier. Convaincu qu'il n'y a rien dans le christianisme qui ne soit dans l'hellénisme, il était prédisposé, sans s'en rendre compte, à reporter à la Grèce, comme à sa source, toute haute pensée et toute grandeur religieuse dont il retrouvait l'ombre dans ses chers philosophes. Le monde moral était pour lui orienté vers la Grèce, et par là il se trouva disposé, par une de ces tyrannies inconscientes qui dominent les esprits trop philosophiques quand ils abordent l'ordre purement scientifique, à ne point attacher aux dénombrements bien complets l'importance maîtresse qu'ils avaient pour Descartes et qu'ils auront toujours pour l'historien. La tentative de M. Havet ne sera pourtant pas stérile pour la science : les erreurs d'un grand esprit ne sont jamais perdues. Il a mis au jour la fissure par laquelle le scepticisme peut entrer dans ce qui semblait le réduit le plus solide et le plus sûr de la critique biblique. La science aura à déterminer d'une façon plus précise qu'elle ne
l'authenticité des prophètes. 151
Ta fait jusqu'à présent les interpolations qui se sont glissées dans les Prophètes et à en établir l'origine, la date et l'objet : il en sortira des lumières, non sans doute sur les Prophètes mêmes et leur œuvre, mais sur l'histoire de leur action au cours des temps.