Jcrémie, VII
sa soumission au Ghaldéen, Joiakim soulevait le joug et refusait le tribut. C'était le commencement de la fin. Une première déportation et le pillage du temple châtièrent la révolte (598). Joiakim était mort durant la guerre : son fils Joiachin, âgé de dix-huit ans, alla, après trois mois de règne et de siège, mourir captif à Babylone. Le dernier fils de Josias, le dernier roi de Jérusalem, Sédécias, renouvelle la folle tentative ; elle amène le siège de Jérusalem, la prise et la destruction de la viJle, Tincendie du temple, la déportation des hautes classes (588 av. J.-C).
Dès les premiers jours de Joiakim, on put voir clairement que ce n'était point seulement la politique extérieure de Josias qui était abandonnée, mais aussi sa politique intérieure, la politique de réformation prophétique. Néchao, en installant Joiakim, lui avait imposé un lourd trijut : Joiakim dut écraser le peuple pour trouver Tor. Four refaire le pays, il aurait fallu beaucoup de vertus modestes et tout d'abord l'économie : il ne songeait qu'à se faire bâtir
temple auquel j'ai attaché mon nom? Eh bien!
qu'ils aillent voir à Sillo* ce que Jéhovah a fait du sanctuaire d'Israël : il fera de Juda comme il a fait d'Israël, et du temple de Jérusalem comme il a fait du sanctuaire de Sillo^. De jour en jour la rupture s'envenime, la désillusion et la colère s'exaspèrent. Et c'est en ce moment que Joiakim, fort des encouragements de la faible Egypte, provoque Babylone. C'était l'arrêt de mort de Juda. C'est alors que Jérémie commence à sonner le glas final. La plaie de Juda est incurable : il n'est plus de baume en Giléad*. Que les mères apprennent à leurs filles les complaintes funèbres, car la mort va monter par les fenêtres, envahir les palais, frapper l'enfance dans la rue, les jeunes gens sur la place publique *. La vague et permanente menace de démembrement, de
1. Le plus ancien et le plus célèbre des sanctuaires d'Israël.