XX PRÉFACE
péniblement : le profit que l'esprit de l'avenir pourrait tirer de cet admirable instrument d'unité etde propagande sera perdu pour l'œuvre, et la secte scientifique aura seule à prendre la charge du monde.
Noël, 1891.
4 LES PROPUÈTES D'ISRAËL.
Texégèse, ne prononce même pas son nom. Ce n'est que justice. Son génie inintelligent avait aperçu la vérité sans la comprendre : il l'avait d'aUleurs enveloppée de tant d'impureté que nul n'aurait eu la pensée ni le cœur d'aller la ramasser où il l'avait mise, et la science se refit sans lui et contre lui.
La critique biblique, telle qu'elle s'est constituée après un travail pénible de près d'un siècle, est à peu près exclusivement l'œuvre de l'Allemagne. Elle y estsortiedu travail libre des théologiens, surtout des théologiens protestants : car il n'y a guère que des théologiens protestants qui puissent se permettre l'inconséquence heureuse qui concilie la croyance au développement historique de la foi avec une foi lointaine en l'autorité de la révélation. Cette origine purement allemande, théoiogique et protestante, a marqué la critique biblique de sa triple empreinte et est peut-être une des causes principales de la lenteur de ses progrès. Elle a généralement manqué de souplesse et de mesure ; elle a voulu tout savoir, tout expli-
mais Jéhovah n'était pas dans le tremblement de terre. Et derrière le tremblement de terre venait une flamme; mais Jéhovah n'était nas dans la flamme.
« Et derrière la flamme venait une voix douce et tendre*. »
C'est cette voix douce et tendre qui va mêler désormais sa note aux tonnerres de Jéhovah et donner au prophélisme cet accent unique de colère et de tendresse qui allait flnir par briser et par fondre le cœur de pierre de la vieille humanité.