PRÉFACE. XIX
et immatériel, la Rome intangible du grand empire catholique, — Va. seiile Rome intangible, puisqu'elle est la Rome impalpable, — semble sentir que dans racharnement des nations et des classes rhumanité attend un arbitre. Déjà elle s'essaye timidement à lever la voix dans le conflit des classes ; mais la fatalité de ses traditions, plus forte que son instinct, l'enferme dans un cercle de formules impuissantes et qui ne pénètrent pas. La révolution nécessaire, qui, sans changer un dogme, un rite, un geste de prôtre, changerait l'esprit du Christianisme, rendrait à l'Europe un centre, un arbitre, un guide, referait de l'Église, devenue l'obstacle, une force de vie, peut-être faudra-t-il un schisme désastreux pour l'accomplir, peut-être sufûra-t-il du génie d'un moine Hildebrand.
Le Christianisme a reçu les formules des Prophètes, mais les a volatilisées en métaphores : saura-t-il en rapprendre le sens? Tu étais venu accomplir les Prophètes : accomplis-les I
Si l'Église manque à sa fortune ; si, au nom d'une immutabilité qui n'est qu'une fiction de dogme que toute son histoire dément dès la première heure, elle oppose aux sommations de l'avenir un Non possumus, l'œuvre nécessaire se fera autrement et plus