‹ Les prophètes juifsChapitre 104 sur 136 · U, Chroniques, XII · texte numérisé non relu

U, Chroniques, XII

2, H, Chroniques, XII.

paroles et des gestes pathétiques. C’est à eux de préférence que s’adressent les ambitieux sans scrupules.

Ces partis soutiennent et poussent ceux en qui ils croient voir l’incarnation de leurs rêves et l’instrument de leurs désirs/ puis, l’aventurier au pavois, ils s’aperçoivent qu’ils ont un maître. C’est l’histoire de Buonaparte. C’est l’histoire d’Iarobeàm.

Ierouschalaïm, capitale duroyaume d’Iehouda, était restée la ville sainte des Juifs, et les sujets d’Iarobeâm continuaient à y aller offrir leurs sacrifices à Iahvé dans son temple.

L’usurpateur craignit que la dévotion ne refît ce qu’elle avait défait, et que l’unité religieuse ne conduisît à l’unité politique, à la reconstitution du royaume de Schelomo.

11 crut pouvoir parer à ce danger ep créant un schisme. Il interdit à ses sujets de faire le pèlerinage d’Ierouschalaïm, et, afin de leur en enlever l’occasion, essaya de fonder un culte autochtone. Il éleva sur les bamoth (hauts lieux) de Dan et de Bethel deux taureaux d’or, auxquels il offrit des sacrifices, avec l’assistance

de gens du bas peuple, qui du reste n’appartenaient pas à la tribu de Levi.

Les fanatiques iahvéistes furent indignés..Un jour,

« comme il montait à l’autel pour un encensement, voici qu’un homme d’Élohim vint d’Iehouda de la part d’Iahvé jusqu’à Bethel.

Le roi se tenait près de l’autel pour encenser. L’homme de Dieu éleva la voix contre l’autel par ordre d’Iahvé et s’écria :

« Autel! autel! Ainsi dit Iahvé : Il naîtra à la maison de David un fils du nom d’ioschiyahou (Josias), lequel égorgera sur toi les prêtres des hauts lieux qui font ici des encensements; sur toi on brûlera des ossements humains. » Et sur-le-champ même l’homme d’Élohim donna un signe : « Voici, dit-il, la marque que c’est Iahvé qui parle : l’autel se fend et la graisse qu’il porte s’en échappe. »

En entendant ce que l’homme d’Élohim venait de crier contre l’autel de Bethel, -le roi tendit la main du haut de l’autel, en disant : « Arrêtezle. » Mais la main qu’il avait tendue vers l’homme se dessécha sans qu’il pût la ramener à lui. En

LES PROPHÈTES JCIFS

même temps l’autel se fendit, et la graisse s’en échappa, selon le signe qu’avait donné l’homme d’Élohim de la part d’Iahvé. Alors le roi adressa ces paroles à l’homme d’Élohim : « Calme, je t’en prie, le visage d’Iahvé, ton dieu, et invoque pour moi, afin que ma main me revienne. »

L’homme d’Élohim calma la face d’Iahvé, et la main du roi put se replier vers lui et redevenir ce qu’elle était auparavant 1 . «

De ce récit on est en droit d’inférer qu’Iarobeâm fut atteint, sous l’influence de l’émotion provoquée par la prophétie du nabi, d’une contracture hystérique des muscles du bras, puis guéri par suggestion. En effet le mot que les traducteurs de la Bible rendent par se dessécher signifie en réalité se contracturer.

L’usurpateur larobeâm était un ancién ouvrier du bâtiment, « d’une grande vigueur 2 ». Mais l’hystérie n’est pas incompatible avec une constitution robuste. J’ai observé pour ma part un ancien maçon, puissamment musclé, qui pré-

Page 1