‹ Les prophètes juifsChapitre 108 sur 136 · Revue Blanche 13 juin.et 1 er juillet · texte numérisé non relu

Revue Blanche 13 juin.et 1 er juillet

D’après lui, le nabi ayant prédit que Fautel allait se fendre, l’autel se fendit en effet.

Il est au contraire probable que le nabi, voyant une pierre de l’autel éclater sous l’influence de la chaleur et la graisse s’échapper par la fissure, déclara, dans l’instant, que cet accident était le signe de la colère divine.

L’émotion du psychopathe qu’était Iarobeâm se comprend dans une certaine mesure, si l’on songe que, pendant leurs périodes d’excitation, les dégénérés mystiques ont une attitude, des gestes, une physionomie, un accent des plus impressionnants et des plus affirmatifs.

L’écrivain biblique continue en ces termes :

« Viens avec moi à la maison pour réparer tes forces, dit le roi à l’homme d’Elohim; je te ferai un présent. »

— « Quand même, répondit l’homme d’Elohim, tu me donnerais la moitié de ta maison, je n’irais point avec toi, et je ne mangerais de pain, ni ne boirais d’eau en cet endroit-ci ; car voici l’ordre qu’Iahvé m’a prescrit : « Tu ne mangeras pas de pain, tu ne boiras pas d’eau, et tu ne

reprendras pas le chemin par lequel tu seras allé. »

Ainsi il se rendit à Bethel par une route, et en revint par une autre.

« Or il y avait à Bethel un vieux nabi, à qui ses fils vinrent rapporter tout ce qu’avait fait, ce jour-là, dans l'endroit, l’homme d’Elohim, et les paroles qu’il avait dites au roi. Le père demanda à ses fils : « Dans quelle direction s’en est-il allé? » Ils lui indiquèrent par quel chemin était parti l’homme d’Elohim, venu d’Iehouda? « Sellez-moi l’âne, » leur dit-il. Ils lui sellèrent l’âne, sur lequel il monta. Il courut après l’homme d’Elohim, qu’il rencontra sous un térébinthe : — « Est-ce toi, lui demanda-t-il, qui es l’homme de Dieu, venu d’Iehouda?

— « C’est moi, reprit l’autre.

— « Viens avec moi dans ma maison pour prendre de la nourriture.

— « Je ne puis retourner avec toi, réponditil, ni entrer dans ta maison, ni manger, ni boire avec toi dans ce lieu-là; car Iahvé nVa donné cet ordre : « Là, lu ne mangeras pas de pain, ni ne boiras d’eau ; tu ne reprendras point

non plus le chemin par lequel tu auras passé. »

— « Mais moi aussi, répondit l’autre, je suis nabi comme toi ; et un maleâk m’a dit de la part d'iahvé : « Amène-le avec toi dans ta maison, qu’il mange du pain et qu’il boive de l’eau ! » ■— Or il le trompait.

— Revenant avec le nabi, l’homme d’Elohim mangea du pain et but de l’eau dans sa maison. Mais, pendant qu’ils étaient à table, lahvé parla au nabi, cause du retour, si bien que celui-ci, s’adressant à l’homme de Dieu, venu d’Iehouda, lui cria : « Parce que tu as méprisé l’ordre d’Iahvé, et que tu n’as pas gardé la prescription que t’avait imposée lahvé, ton Elohim, revenant sur tes pas, mangeant du pain et buvant de 1 eau, là où il t’avait dit : « Tu ne mangeras pas de pain et tu ne boiras pas d’eau », ton cadavre n’entrera point dans le tombeau de ton père 1 . »

Ce qui semble résulter surtout de cette histoire, c’est que le miracle fait par le thaumaturge de passage sur la personne du roi excita la jalousie du vieux nabi deBéthel, qui éprouva

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