‹ Les prophètes juifsChapitre 114 sur 136 · I, Rois, XV · texte numérisé non relu

I, Rois, XV

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chiens le dévoreront, et qui périra dans les champs sera mangé par l’oiseau du ciel 1 . »

Comme Nadab, fils d’Iarobeâm, Ela, fils de Baëscha, suivit l’exemple de son père, et lehou bèn-Hanani dut continuer ses imprécations :

« Par le ministère d’Iéhou, fils de Hanani, le nabi, ïahvé s’exprima encore contre Baëscha et sa race, et contre le mal dont il s’était rendu coupable aux yeux d’Iahvé, l’irritant par l’œuvre de,ses mains', et agissant comme la race d’Iarobeâm. Jahvé rappela aussi à Baëscha le meurtre du yoi » 2 Nadab.

Nous sommes en pleine période d’anarchie, d’instabilité, de psychasthénie sociale. Les dynasties ne durent que deux générations. Le nombre des conspirateurs et des meurtriers égale le nombre des prophètes.

Ela fut assassiné par Zimeri, chef des chars, qui régna à sa place et extermina tous ses descendants. Ainsi se vérifia la prophétie, cer-

1 et 2. Rois, XVI.

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tainement retouchée après les événements auxquels elle fait allusion.

« d’Iehou le nabi en châtiment de tous les péchés de Baëscha, des péchés de son fils Ela, et de ceux qu’ils avaient fait commettre au peuple, irritant Iahvé, l’Elohim d’Israël, par leurs vanités. »

lehou ne s’attaqua pas seulement aux rois d’Israël. Nous le voyons s’en prendre à Assa, roi d’Iehouda, qui paraissait devoir être à l’abri de ses attaques.

Assa était en effet un roi dévot. Il « fit ce qui est bon et droit aux yeux de Iahvé, son Elohim 1 . »

A vrai dire, ce qui était bon et droit aux yeux d’Iahvé ne l’est pas à nos yeux.

Cet Assa était l’intolérance même. Il interdit dans son royaume les cultes étrangers. Il supprima les bamoths et les hammans, brisa les autels, coupa les ascheras, et

« ordonna aux gens d’Iehouda de rechercher Iahvé l’Elohim de leurs pères en accomplissant la thora (la loi) et les commandements 2 . »

i. 2. 11. Chroniques, XIV.

256 LES PROPHÈTES JOIFS

Malgré tout, les nabis ne se jugèrent pas satisfaits.

Comme il restait encore en Beniamin, dans les villes conquises par le roi d’Israël, dans la montagne d’Ephraïm, en lehouda meme, quelques vestiges des cultes étrangers, un certain nabi nommé Azariahou bèn-Oded exigea la destruction intégrale de ces vestiges.

« Sur Azaryahou, fils de Oded, lit-on au deuxième livre des Chroniques, fut l’esprit d’Elohim, de telle sorte qu’il sortit au-devant d’Assa, et lui dit : « Écoutez-moi, Assa, tout lehouda et Beniamin : Iahvé est avec vous tant que vous êtes avec lui. Si vous le cherchez, il se montrera à vous; mais si vous l’abandonnez, il vous abandonnera. Pendant des jours nombreux, Israël a vécu sans l’Elohim de vérité, sans prêtre pour l’enseigner et sans thora. Mais quand, dans leur angoisse, ils se sont retournés vers Iahvé, l’Elohim d’Israël, et qu’ils l’ont cherché, il s’est manifesté à eux. En ces temps-là, point de paix pour qui sortait ou entrait, car il y avait de grands troubles sur tous les habitants

du pays. Une nation était foulée par l’autre nation, une ville par l’autre ville. Elohimles étreignait par toutes sortes d’angoisses. Vous donc, ayez bon courage ! Que vos mains ne faiblissent pas, car il y a une rétribution pour vos actes ! » En entendant ces paroles et la prophétie de Oded le nabi, Assa, plein de résolution, enleva les choses abominables de toute la terre d’Iehouda et de Beniamin, et de toutes les villes qu’il avait prises en la montagne d’Ephraïm; il restaura l’autel d’Iahvé placé devant le vestibule du temple. Puis il rassembla tout Iehouda et Beniamin, et avec eux les colons venus d’Ephraïm, de Menassché, de Schimeôn, — car beaucoup de gens d’Israël, voyant qu’Iahvé était avec lui, avaient passé de son côté. — Il les réunit donc tous à Ierouschalaïm,le troisième mois, dans la quinzième année de son règne.

Ce jour-là, ils sacrifièrent à Iahvé sept cents pièces de bétail et sept mille de menu troupeau, tirées du butin qu’ils avaient amené. Ils firent le pacte de rechercher Iahvé, l’Elohim de leurs pères, de tout leur cœur et de toute leur âme, tellement que quiconque ne rechercherait pas

Iahvé, sérail mis à mort, tant les petits que les grands, tant les hommes que les femmes

Ils jurèrent à Iahvé, à haute voix, avec acclamation, au bruit des trompettes et des cornes. Tous ceux d’Iehouda se réjouirent de ce serment qu’ils avaient prêté de tout leur cœur, cherchant Iahvé avec toute leur volonté. Aussi se montra-t-il à eux, et leur donna-t-il la paix tout autour d’eux.

Quant à Maâka, mère d’Assa, le roi la priva du titre de reine-mère, parce qu’elle s’était fait une image d’Aschéra. Il coupa l’image, la mit en pièces, et la brûla dans la vallée du Qidron 2 . »

C’est là où aboutit forcément tout système théocratique né de la religion juive ou de son deutotype, la religion chrétienne.

Ce même Iahvé qui inspire Azariahou bèn- Oded et dirige la main intolérante d’Assa, suscitera les Bernard de Caux, les Conrad de Marburg, les Torquemada, les Louis IX, les Charles IX et les Philippe II, jettera sur les

1 et 2. H. Chronïqnes, XV.

ÉLIE

pays d’outre-mer la foule délirante des croisés, allumera les bûchers de l’Inquisition, sonnera le tocsin de la Saint-Barthélemy, et, aujourd’hui encore, persécutera, dans les provinces françaises, l’instituteur laïque et le médecin libre-penseur. Depuis quarante siècles, le dieu des juifs joue en Palestine et en Europe le rôle de tortionnaire et de bourreau.

Il semble qu’un roi aussi soumis qu’Assa eût pu compter sur l’indulgence des nabis.

Mais le théomane est intransigeant. 11 ne fait grâce que si on lui cède en tout, si on obéit entièrement à ses ordres.

Or Assa avait commis un péché.

Baëscha, roi d’Israël, ayant envahi le royaume d’iehouda, Assa avait appelé à son secours l’infidèle Bèn-Àdad, roi d’Aram. C’était comme si saint Louis avait fait alliance avec le Grand Turc. Geoffroy de Beaulieu et Guillaume de Chartres ne le lui eussent pas pardonné.

Chose plus grave, Assa avait envoyé à Bèn-Adad pour se l’acquérir, non seulement l’or et l’argent qu’il avait dans ses coffres, mais les trésors du temple. Ce sont là des

LES PROPHÈTES JOIFS

choses que les religieux ne pardonnent pas.

Iehou bèn-Hanani, que la Bible appelle ici Hanani par une abréviation déjà employée pour Azaryahou bèn-Oded, lebou crut devoir protester :

« En ce temps-là, Hanani, le voyant, vint trouver Assa, roi d’Iehouda, et lui dit : « Parce que tu t’es appuyé sur le roi d’Aram, et non sur lahvé, ton Elohim, lès forces du roi d’Aram se sont sauvées de ta main. Est-ce que les Kouschites et les Lybiens n’étaient pas une armée innombrable, avec une multitude de chariots et de chevaux de selle? Mais parce que tu t’appuyais sur lahvé, cetui-ci les livra entre tes mains. lahvé parcourt des yeux toute la terre pour se montrer fort à l’endroit de ceux qui sont de tout cœur avec lui. Or, en ceci tu t’es follement comporté, car, à partir de maintenant, tu auras toujours des guerres. » *

Irrité contre le voyant, Assa le jeta en prison, dans l’emportement où le mirent ces paroles 1 . »

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