Pierre Janet. Loc. cit
2. Cololian. Des hallucinations ■psycho-motrices verbales dans l’alcoolisme. Archives de neurologie, nov. 1899.
bien. » Puis, un jour, une autre voix se mit à répondre en elle aux questions posées par les voix extérieures. Celles-ci disaient : « Tu n’as pas payé tes notes, tu as des dettes partout. » « Ce n’est pas vrai, répondait la voix intérieure, je n’ai pas de dettes, j’ai tout payé. »
Le second cas a trait à un homme qui entendait des voix extérieures l’insulter, et des voix intérieures, ayant leur siège dans sa gorge et dans sa poitrine, l’appeler par son prénom, Alfred, et lui dire : « Courage, confiance, espérance, charité. » Ces voix, qui lui dictaient aussi ses actes, provoquaient chez lui une sorte de mysticisme. Il parlait de Dieu, de la Vierge, de la protection du ciel, et priait fort souvent.
Le troisième malade entendait, outre les voix extérieures, une voix intracéphalique lui donner des ordres.
Dans ces trois cas, il n’y a pas lieu, selon moi, de poser, comme le fait 1 auteur, le diagnostic d’hallucination motrice, aucun mouvement de la langue ou des lèvres n’ayant été constaté.
On peut supposer sans doute que les halluci-
nations endoauditives verbales avec localisation de la voix intérieure à l’épigastre, à la poitrine, au pharynx, à la gorge ou à la bouche, c’est-à-dire dans la zone d’innervation des nerfs phonateurs, s’accompagnent de mouvements imperceptibles, mais suffisants pour donner lieu à des sensations kinesthésiques. C’est ainsi que, dans un cas de Baillarger, un aliéné qui percevait une voix dans sa poitrine, ne l’entendait plus lorsqu’il retenait sa respiration. Mais ce n’est là qu’une hypothèse.