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est due à l’imagination du témoin ou du narrateur. En effet, « il est fort rare que les hommes racontent un événement tel qu’il est arrivé, si simplement qu’ils ne mêlent rien à leur narration de leur propre manière de voir. Bien plus, lorsqu’ils voient ou qu’ils entendent quelque chose de nouveau, s’ils ne se mettent en garde contre leurs opinions préconçues, ils en seront préoccupés à tel point, la plupart du temps, qu’ils percevront tout autre chose que ce qu’ils voient, ou ce qu’ils apprennent être arrivé; surtout si l’événement accompli surpasse l’intelligence de celui qui raconte ou de celui qui écoute; et bien plus encore s’il importe à leurs intérêts que la chose se produise d’une certaine façon. Il arrive de là, que, dans leurs Chroniques et dans leurs Histoires, les hommes racontent bien plutôt leurs propres opinions que les événements accomplis eux-mêmes, qu’un seul et même fait, rapporté par deux hommes d’opinions différentes, l’est si diversement qu’ils semblent parler de deux événements contraires; et enfin qu’il n’est souvent pas fort difficile de découvrir, par les histoires seules,
les opinions du Chroniqueur et de l’Historien t . »
Dès lors, « pour interpréter les miracles de l’Écriture, et pour comprendre, par les récits qu’on en fait, comment ils sont réellement arrivés, il est donc nécessaire de connaître les opinions de ceux qui les ont rapportés les premiers, et qui nous les ont laissés par écrit; et de distinguer ces opinions de ce que les sens auront pu représenter aux narrateurs. Autrement en effet nous confondrons les opinions et les préjugés des Chroniqueurs avec le miracle lui-même, tel qu'il est véritablement arrivé. Et ce n’est pas seulement dans ce but qu’il importe de connaître les opinions des narrateurs ; mais c’est aussi pour ne confondre point les événements qui sont arrivés réellement avec des choses imaginaires et qui n’ont été que des représentations prophétiques 2 . »
En tenant compte de tout cela, « et si l’on remarque, en même temps, que quantité d’événements sont racontés dans l’Écriture fort laconiquement, sans aucunes circonstances, et