‹ Les prophètes juifsChapitre 95 sur 136 · Il, Schemouël, XII · texte numérisé non relu

Il, Schemouël, XII

DES ORIGINES A ËL1E 211

Cette dernière phrase montre que l’intervention de Nathan n’eut lieu que neuf mois au moins après la séduction de Bath-Scheba, nous éclaire sur l’une des raisons de cette intervention, et en explique peut-être le retard.

Le nabi en effet ne se décide à agir que lorsque les adorateurs des autres dieux. Syriens, Ammonites, Moabites, Iduméens, Philistins, assujettis par David, ont pris acte du crime commis par le roi cher au cœur d’Iahvé, pour blasphémer et tourner en ridicule un dieu qui favorisait ainsi le meurtre et l’adultère.

De telle sorte que, si le nabi stigmatise Faction du roi, c’est peut-être moins par amour d’Iahvé que par haine de ses ennemis. Cette interprétation cadre parfaitement avec la mentalité ordinaire des prophètes.

Comme Nathan l’avait prédit, le premier enfant de David et de Bath-Scheba mourut, ce qui semble prouver que cette prophétie est une interpolation postérieure à l’événement.

Elle répond du reste à cette croyance populaire et mal fondée que les dieux connaissent et punissent les crimes des hommes

Si la prophétie de bonheur relative à la construction du temple renforça le crédit de Nathan, la prophétie de malheur relative à Bath- Scheba ne le compromit point. Il resta à la cour de David, où nous le voyons intervenir une troisième fois dans une affaire importante :

« David, dans le dessein de consoler Bath- Scheba, sa femme, s’en approcha pour dormir avec elle. Elle mit au monde un fils qui s’appela Schelomo (Salomon) 1 . »

Déjà sans doute le roi avait juré par Iahvé à son épouse que le trône reviendrait à cet enfant 2 . Toujours est-il que, dès qu’il fut né, Nathan eut des vues sur lui.

« Iahvé... envoya Nathan, le nabi, pour faire surnommer l’enfant Iedidia (l’aimé d’Iahvé) à cause d’Iahvé 3 .»

Mais Schelomo n’était pas l’aîné des fils de David, et les intentions du roi faillirent entraîner des complications graves.

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