‹ Les prophètes juifsChapitre 94 sur 136 · Exode, XIX · texte numérisé non relu

Exode, XIX

ïahvé et par conséquent offenser les nabis, ses représentants sur la terre.

Nathan, — et' c’est là une nouvelle preuve de Futilité sociale de certains dégénérés, — crut devoir intervenir. Mais, n’osant pas adresser directement des reproches au roi, il lui proposa la parabole suivante :

« Dans une ville, il y avait deux hommes, l’un riche et l’autre pauvre. Le riche possédait des brebis et des chèvres, ainsi qu’un bétail fort nombreux. Mais le pauvre n’avait qu’une petite brebis, qu’il avait achetée et nourrie ; elle grandissait chez lui, tout comme ses enfants, mangeait de sa part de pain et buvait de sa coupe, et sur son sein elle dormait. Elle lui était comme une fille. Un étranger entra chez le riche, qui fie put se résoudre à prendre une tête de son troupeau pour faire un festin. S’emparant de la brebis du pauvre, il l’apprêta pour son hôte. »

A ce récit, David, enflammé de colère, dit à Nathan :

« Par la vie d’iahvé! c’est un fils de mort, l’homme qui a commis cet acte. Il paiera quatre fois la brebis, pour avoir fait pareille iniquité et s’être montré sans entrailles. »

Le roi s’étant ainsi condamné lui-même, Nathan reprit le ton de l’envoyé de Dieu :

« Eh bien! c’est toi qui es cet homme.

Voici ce que te dit Iahvé, l’Élohim d’Israël : « Je t’ai oint roi d’Israël, et t’ai sauvé de la main de Schaôul. A ta disposition, j’ai mis la famille de ton maître, et j’ai fait tomber ses femmes sur ton sein. Je t’ai donné Israël et Iehouda, et si tout cela était trop peu, j’aurais encore ajouté d’autres faveurs. Pourquoi as-tu méprisé la parole d’iahvé, faisant ce qui est mal à ses yeux, tuant avec l’épée Ouriya le hitthite, pour faire de sa femme ton épouse? Tu l’as fait mourir par le glaive des Benê-Ammon.

Désormais l’épée sera toujours sur ta maison, parce que tu as méprisé ma loi, et què tu as pris pour toi la femme d’Ouriya le hitthite. » Ainsi dit Iahvé : « Je vais faire se lever le malheur contre toi dans ta maison. Je prendrai tes femmes

devant toi pour les livrer à un autre. Quelqu’un couchera avec tes femmes, sous le regard de ce soleil ; car ce que tu as fait en cachette, moi je l’accomplirai devant tout Israël, et devant le soleil K »

L’épée et le malheur furent toujours en effet sur la maison de David. Son fils Absalom se souleva contre lui. D’autres de ses fils moururent de mort violente. Son règne et ceux de ses descendants furent constamment troublés par des guerres. Et ceci nous donne à penser que la prophétie de Nathan fut remaniée après les événements auxquels elle fait allusion.

« J’ai péché contre Iahvé, » dit David à Nathan 1 . »

Cette parole de repentir eut le don de calmer le nabi, satisfait de constater son influence sur le roi et la crainte qu’il lui inspirait.

« Iahvé te remet ton péché, lui dit-il, tu ne périras point. Mais parce que tu as poussé au mépris , par ta conduite, les ennemis d'Iahvé tenfant né de toi mourra 1 . »

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