C:H. ir. BABYLOISE. ^ lO'S
disparu^ paiceque «TEternel des armées l'a « balayé avec le balai de la destruction. »
Un des chapitres du Voyage de M. Buckingham en Mésopotamie 5 qui n'a pas moins de 60 pages, est intitulé : « Recherches relatives aux Murailles « de Babylone. » Après une longue et inutile recherche , il découvrit à la fin , près des landes orientales 5 sur le haut d'un monticule ovale d'environ 70 à 80 pieds de haut, et d'environ 3 à 100 pieds de circonférence, un pan de mur solide ayant 30 pieds de long, sur 12 ou 15 pieds d'épaisseur; il était évident que jadis il était d'une dimension beaucoup plus grande; maintenant il est en ruines et partout incomplet '^\ Il en conclut que ce fragment de muraille et ce monticule de décombres étaient tout ce qu'on pouvait découvrir des anciennes murailles de Babylone , « si entièrement rasées; « c'est là le seul vesfigr: qu'on en retrouve.
Le capitaine Frederick, dont le voyage avait pour but principal de découvrir les restes des murailles et du fossé qui avaient entouré Babylone, assure qu'aucun voyageur moderne n'a pu en retrouver les moindres traces. — « Je fis inutilement des questions aux Arabes, dit-il; ils ne purent rien me dire sur ce sujet. lime fut impossible, après avoir examiné tous les bords du fleuve sur un espace de 21 milles de longueur, et de 12 milles en largeur, de découvrir le moindre in-dice qui put me permettre de croire qu'il y eût jamais eu là un fossé ou des murailles. S'il reste quelques vestiges de ces murs, il faut qu'ils soient à une plus grande distance que celle qu'indiquent les géographes modernes. Je puis m'ctre trompé , mais je ne me suis épargné aucune fatigue pour
(lO/i) Buckingham, vol 11^ p. S06^ 307.
loi babylom:. eu. il
éviter toiilo errc^ir. J'ai parcourii ces lic^iix pcn- (laiif Imit heures, durant six jours consécutifs, et plus (le (lou/e heures le septième '"*. »
Le ma jorlu^ppel, après avoir rap})ortè comment il avait complètement éclioué, lui, ses compagnons et cpielques autres voyageurs qui s'étaient associés à ses courses, dans la recherche qu'ils ont faite de quelques vestiges des murailles de la ville, ajoute ce qui suit : Les prédictions divines contre Babylone se trouveut si littéralement accomplies dans l'état actuel de ses ruines, que je n'hésite pas à donner l'interprétation la plus étendue aux paroles de Jér^mie : « Il n'y aura aucune «muraille, quelque large qu'elle soit, qui ne « soit entièrement rasée. »
« Babylone sera réduite en étonnement ; qui- « conque passera près de Babylone sera étonné. » Il est impossible de penser à ce que Babylone était, et de yoir ce qu'elle est aujourd'hui, sans être étonné. Sir R. Porter s'exprime ainsi lors de sa première vue de ces ruines : Je ressentis une crainte indéfinissable en passant, pour ainsi dire, par les portes de l'ancienne Babylone ^^^. — Je ne puis décrire, dit le capitaine Mignan, l'impression de respect et de terreur dont je fus comme accablé, en contemplant l'étendue et la grandeur de la désolation qui m'entourait de toutes parts *^^ — « Comment le marteau de toute la terre a-t-il « été brisé? Comment Babylone a-t-elle été réduite « en désolation parmi les nations? » La description suivante , si pleine d'intérêt, a été faite sur les lieux mêmes.
Après avoir parlé des quais détruits , des eaux stagnantes , des anciens fondements , et de la
(i05) Travaux de la Société de littérature de Bombay, vol, I, p. 130, 131. — Keppel, v. I, p. 175. — Jér., LI.
(106) Sir Robert Porter, vol. II, p. 29/i. — (107)Mgnan, p. 117.
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longue ligne ondulante de monceaux de déconibres^ sir Robert Ker Porter ajoute : Toute cette vue avait quelque chose de solennel. Le majestueux fleuve de l'Euphrate, coulant au milieu d'une profonde solitude , tel qu'un monarque pèlerin qui visite les ruines silencieuses de son royaume dévasté , nous paraissait encore une belle rivière malgré la tristesse de la scène qu'il parcourait. Ses rivages sont blancs de rosea ux, et l'on voit encore sur ses bords les saules auxquels les prisonniers d'Israël avaient suspendu leurs harpes ^ ne voulant pas se réjouir pendant la captivité de Jérusalem. Mais combien tout le reste a changé depuis ce temps ! Alors ces monticules étaient des palais; ces monceaux étaient des rues; cette vaste solitude était remplie des riches habitants de l'orgueilleuse Babylon e. Maintenant « elle est abattue jusqu'en terre; elle n'est « plus habitée; la vermine la couvre *^^ »
On peut donc voir dans cette merveilleuse histoire de la Babylonie qu'il n'y a pas un seul fait qui n'ait été l'objet d'une prophétie spéciale. Elle avait annoncé que ses palais seraient réduits en monceaux 5 que ses rues seraient détruites et désertes ^ que l'orgueil du monde serait assis sur la poussière, que le silence du tombeau succéderait au bruit de la multitude de Baby lone , que ce vaste entrepôt du monde oii toutes les nations venaient apporter leurs trésors, cette prison où le peuple juif fut tenu captif jusqu'à ce que Ba~ bylone elle-même eut été pillée par divers peuples, descendrait au sépulcre; que la vaste métropole, le pays des palais et l'orgueil des royaumes, le rendez-vous de tous les peuples deviendrait un endroit méprisé et solitaire, oh
(108) Sir K. Porter, vol. II, p. 237.
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personne ifhabiterail de génération en {généralion ; oil les Ai abes mêmes ne voudraient pas dresser leurs tentes, ni les bergers faire paître leurs troupeaux; qu'il n'y aurait plus de richesses secrètement gardées, ni de trésors cachés, mais que sa honte serait découverte ; que celle qui faisait trembler la terre et qui ébranlait les royaumes serait jetée loin de son sépulcre comme une branche pourrie ; que beaucoup de nations et de grands rois viendraient du bout du monde contre Babylone; que des ouvriers la réduiraient en monceaux et formeraient des étangs au milieu d'elle ; que cet immense lac artificiel , ayant plusieurs milles de circonférence et qui servait à arrêter les débordements annuels de TEuphrate, que ce lac serait réduit en étangs d'eau, creusés par des ouvriers et remplis par la rivière ; que le premier et le plus grand des temples serait réduit en montagne d'embrasement; que la statue d'or de 40 pieds qui en ornait le sommet, jusqu'aux images taillées de leurs dieux , tout serait brisé et réduit en poussière ; que les magnifiques fêtes des monarques de Babylone, que le bruit des instruments, que la splendeur du festin de Belsçatzar, que les cris de débauche de mille grands seigneurs qui s'enivraient dans les vases sacrés de Sion , feraient place aux cris des bêtes sauvages; que les maisons seraient remplies de fouines, que les chat-huants habiteraient dans leurs maisons de plaisance, que les chouettes y sauteraient; que les dragons se logeraient dans ses palais désolés ; que les terrasses élevées sur terrasses, et qui faisaient ressembler les jardins suspendus de Babylone à une vaste montagne, seraient mises au niveau de la fosse; que les palais des princes , qui , assis en la montagne d'assignation, croyaient pouvoir placer leur
trône au-dessus des étoiles du Dieu fort, seraient réduits en pièces, comme des habillements transpercés avec l'épée, comme une charogne foulée au x pieds; que les larges murailles devant lesquelles l'armée de Cyrus s'était rangée en bataille sans pouvoir trouver un seul endroit accessible à Tassaut, seraient entièrement rasées, et que l'on chercherait en vain la place oii elles avaient été. Enfin, elle avait annoncé que Babylone la grande, l'orgueilleuse Babylone, la gloire des royaumes, ne serait plus que la Babylone désolée , Tétonnement de quiconque passerait auprès d'elle. Quelque merveilleux donc qu'ait été le changementqui devait ainsi se faire en Babylone, on ne peut nier qu'il ne se soit opéré, et, quels que soient les instruments que l'Éternel a employés, l'effet n'en est pas moins évident, et cette destruction est venue sur Babylone comme un « dégât fait « par le Tout-Puissant. »
Tous les desseins de rÉternel n'ont-îls pas été accomplis contre Babylone ? Qui oserait, après avoir examiné tous les faits, qui oserait répondre d'une manière négative aux questions que le Seigneur fait lui-même en commençant ces prédictions ? « Qui annonce dès le commencement ce « qui arrivera à la fin , et longtemps auparavant « ce qui n'a point encore été fait? Qui dit : Mon « conseil tiendra, etj'exécuterai toute ma volonté? « Qui est semblable à moi? » — Serait-il possible d'admettre l'accomplissement d'une seule prophétie, si l'on refuse le témoignage qui se rapporte k celle-ci? Y eut-il jamais lieu sur la terre qui ait subi un changement plus complet?
Les annales du genre humain, a-t-on dit avec vérité, ne présentent pas un contraste plus frappant que celui qui existe entre la magnificence primitive de Babylone et sa longue déso-
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lation *'*". Ses i nines ont été visitées dernièrenient par plusieurs personnes dont le caraetère est bien connu et dont la véracité (»st à l'épreuve, et toutes leurs recherches n'ont servi cpi'à rendre un éclatant témoignage à raccomplissement littéral de chaque prophétie. — Combien peu de contrées de la terre dont nous ayons une description aussi exacte et aussi détaillée que celle que fit le prophète, à une époque où Babylone était loin de ressembler à ce qu'elle est maintenant devenue! Serait-il possible de trouver des prédictions plus précises, plus étonnantes, plus nombreuses et plus véridiques, ou qui se soient plus visiblement accomplies par degrés pendant une longue série de siècles? — Ah! qu'en méditant sur le sort de Babylone, en envisageant ce qu'elle était et ce qu'elle est devenue, les nations apprennent la sagesse, que les tyrans tremblent, que les incrédules croient!