CH. V. LES ARABES
hommes pendant les 300 années qu'ils furent les maîtres de contrées d'une nature essentiellement différente de celle des montagnes de l'Arabie. Dans leurs conquêtes se trouvait comprise la plus grande partie de la zone tempérée ; elles s'étendaient depuis les Indes jusqu'à l'Océan atlantique et couvraient un plus vaste espace de territoire que n'en possédèrent jamais les Romains, ces prétendus maîtres du monde. La durée de leur domination et l'étendue de leurs conquêtes auraient altéré les mœurs de tout autre peuple; mais au pays de Shinar ou dans les vallées de l'Espagne, sur les bords du Tigre ou sur ceux du ïage, dans l'Arabie heureuse ou dans l'Arabie pétrée , les enfants d'Ismaël ont toujours conservé le caractère que leur donnent les prophètes ; ils ont toujours été un peuple nomade sinon « sauce vage ; leur main a été levée contre tous. »
Les marques frappantes de la vérité de la prophétie ne sauraient être mieux présentées que dans ce passage d'un voyageur judicieux qui venait de visiter un camp arabe :
tf En calculant au plus bas, dit Porter, il doit y avoir aujourd'hui plus de 3000 ans que ce peuple a les mêmes mœurs et les mêmes usages; vérifiant ainsi en tous points ce qui avait été prédit à Ismaël le jour de sa naissance, qu'il serait dans sa postérité un homme farouche, et que ses descendants ne perdraient jamais ce caractère , quoique habitant pour toujours en présence de leurs frères ^^ Qu'un peuple spirituel et actif, environné depuis tant de siècles de nations policées et qui jouissent de toutes les douceurs et de tout le luxe
(25) Les Juifs, les Edomites, les Moabites, les Ainalékiles et les Amiîionites étaient en réalité les frères des Arabes, puisqu'ils descendaient comme eux d'Abraham ainsi que toutes les nations vois nés.
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dv lacnilisalioii, soil encore de nos jour s tel qu'il s'esl nu)nlré dès sa foruialion, un i)eu|)le sauvage, liahilanl il la vue de tous ses IVères (car nous pouvons donner ce nom à ses voisins); (|ue rien n'ait j)u ni le subjuguer ni le changer; il y a là en effel un miracle permanent, un de ces faits mystérieux <(ui établissent la vérité de la prophétie^^ »
Des découvertes récentes ont aussi révélé Texistence et la conservation miraculeuse d'une race moins nombreuse, mais non moins intéressante, et formant un peuple distinct des Arabes; d'une plante qui s'est élevée a l'ombre du majestueux cèdre d'Israël , mais qui était destinée à fleurir longtemps après que cet arbre orgueilleux aurait été renversé sur la terre ^^ « Ainsi a dit l'Eternel « des armées, le Dieu d'Israël : Il n'arrivera jamais c( qu'il n'y ait quelqu'un appartenant à Jéhonadab, « fils de Réchab, qui assiste devant moi tous les ex jours ^^ » Les Beni-Réchab, enfants de Réchab, existent encore et forment un peuple distinct et iacîle à reconnaître. Ils se glorifient de leur- descendance de Réchab, professent le judaïsme pur et savent tous l'hébreu. Cependant ils vivent dans les environs de la Mecque, principal siège du mahométisme, et l'on porte leur nombre à soixante mille. Ce qu'en a rapporté Benjamin Tudela , au douzième siècle ^^, a été récemment confirmé par M. Wolf; et , ainsi qu'il l'a vu lui-niême, ainsi que le lui a dit un intrépide cavalier réchabite : « Il (( y a toujours quelqu'un qui assiste devant le Sei- (( gneur comme fils de Réchab. »
(20) Sir R. K. Porter, 1. 1, p. 304.— (27) Quarterly Review, n ' 75. (28) Jérémie, XXXV, J9. — (29) Hist, de Basnage,
en. VI. ESCLAVAGE DES AFRICAINS. l2