‹ Les prophéties et leur accomplissement littéralChapitre 30 sur 42 · CH. X. AMMON · texte numérisé non relu

CH. X. AMMON

Dans ce paj s ainsi nu et désolé ^ on trouve ça et la quelques vallées verdoyantes qui servent de retraite aux Bédouins , et oîi ils font paître leurs chameaux et leurs moutons ^^ Sur toute la route que nous suivîmes , dit Seetzen , nous vîmes des villages ruinés , et nous rencontrâmes nombre d'Arabes avec leurs chameaux.

M. Buckingham^ en décrivant un bâtiment aux environs des ruines d' Amnion, dit: Il était évidemment composé de divers matériaux appartenant à des ruines de quelques anciens édifices. En y pénétrant par le côté du sud , nous arrivânies dans un carré ouvert , entouré de chaque côté par des renfoncements voûtés , tournés vers les quatre points cardinaux. — Ces renfoncements , du côté des murs du nord et du sud , formaient jadis des corridors , et avaient des ouvertures vis-à-vis les unes des autres ; mais nous trouvâmes la première complètement fermée, et la seconde n'ayant qu'un passage très étroit par lequel les bergers arabes font entrer leurs troupeaux pour y passer la nuit. — Il raconte encore qu'Use coucha au milieu des troupeaux de brebis et de chèvres , et que pendant la nuit il put à peine prendre un instant de sommeil à cause des bêlements des moutons ^\ Ainsi, il est littéralement vrai, quoique Seetzen , Burckhardt et Buckingham ne fassent point allusion aux prophètes, et qu'ils n'aient point voyagé dans l'intention d'en vérifier l'accomplissement , que « la principale ville des « Ammonites est le repaire des chameaux et le « gîte des brebis. »

« On ne fera plus mention des enfants d'Ammon « parmi les nations. » Les Juifs, longtemps leurs ennemis héréditaires, quoique dispersés parmi

(50) Buckingham, p. 329.

(5i) Ibid., Voyages parmi les tribus arabes, p. 72-73, etc.

23i AMMON. eu. X.

Wtes les nations, sonl lonjonrs aussi distincts et aussi séparés que jamais ; partout on peut les reconnaître, tandis qu'il ne reste aucune trace des enfants d'Ammon. Ils existèrent cependant longtemps encore après que leur destruction eut été prédite 5 car ils conservaient leur nom et formaient encore, selon un ancien auteur chrétien, un peuple nombreux dans le second siècle de l'ère chrétienne ^^ « Cependant ils ont été retranchés « d'entre les peuples. Ammon a péri d'entre les «pays, il est détruit. » Aucun peuple n'est attaché à son sol , aucun peuple ne le regarde comme sa patrie , on ne porte plus son nom , et « on ne se « souvient plus des enfants d' Ammon parmi « les nations. »

Six cents ans avant Christ , Jérémie avait écrit : « Rabba (Rabba Ammon , la principale ville d'Am- « mon ) sei^a détruite en un monceau de ruines. » — Il y avait plusieurs siècles qu'elle existait; située sur les bords d'une grande rivière , au milieu d'une contrée fertile, défendue. par son assiette naturelle, et fortifiée par l'art, rien ne paraissait justifier le soupçon, rien ne pouvait faire présager que la ville royale d'Ammon dût être tellement détruite et changée, et devenir un jour un monceau de ruines. Il y avait déjà plusieurs siècles qu'elle jouissait d'une prospérité non interrompue lorsque les prophètes d'Israël annoncèrent son sort, et maintenant un laps de temps non moins long a confirmé la vérité des paroles prophétiques , et Ammon n'est plus qu'un monceau de ruines, qu'une désolation continuelle. Les Arabes conservent encore l'ancien nom de Rabba, et la place qu'elle occupait est couverte de débris d'habitations particulières dont il ne

(52) Justin, Martyrs, p. 392.

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