CH. I. CONCERNANT NINIVE
donné à la plus honteuse inertie, qu'il ayait ordonné une réjouissance publique , et qu'il avait fait distribuer aux soldats du yin en grande abondance; que, pendant la fête même , le général
Newton. Niiiive, qui la première emmena Israël en captivité, fut aussi la première des villes des gentils qui vit s'accomplir le sort que les prophètes lui avaient prédit. Les prophéties qui touchent Ninive sont toutes renfermées dans le livre si succinct de Nahum et dans trois versets de Sophonie. Leur entier accomplissement était un fait trop remarquable pour passer inaperçu par les contemporains des premiers temps de notre ère. Josèphe, après une courte description du règne de Jotl am, rapporte que « dans ce temps vivait un proph:te nommé Nahum qui avait prédit la désolation de Ninive en ces mots : Ninive sera comme un vivier d'eau, etc. ( II, 8, 13.) ; et il ajoute que le prophète avait également prédit diverses autres choses qu'il croit inutile d'indiquer et qui toutes s'étaient accomplies après l'espace de 115 ans «(Ant. liv. IX, ch xi, §3). Jérôme (A. D. 392), dans sa préface au livre de Jonas, rapporte que cette chute est constatée à la fois par des auteurs hébreux et par des historiens grecs (t. VI, c. 399, 390, édit. Venet., 1768). Et dans son commentaire sur Nahum, il revient à chaque instant sur la prise et le sac de cette ville par les Chaldéens ou les Babyloniens (Ibid., c. 534,555, etc.). C'est ainsi que Cyrile d'Alexandrie (A. D. 412), dans son commentaire sur la même prophétie, commentaire cité par Bochart , non-seulement décrit la destruction de Ninive, mais nous en peint l'entière désolation en traits aussi énergiques que ceux de Lucien. Sans faire mention de plusieurs autres auteurs postérieurs à ceux-ci et qui traitèrent également ce sujet, Bochart, Marsham et Poole, au dix-septième siCcle, s'appuyèrent du témoignage de Diodore de Sicile , qui est depuis longtemps la seule autorité que l'on invoque sous ce rapport, bien que Strabon, Tacite, Pline, etc. soient entrés dans les mânes détails que lui au sujet de la magnificence de Ninive et de sa destruction. Les auteurs du dernier siècle qui se sont occupés de la chute de Ninive et des prophéties de Nahum et de Sophonie, dont elle est la preuve et le commentaire, sont Prideaux (A. D., 1715) et Rollin dans son Histoire ancienne (A. D. 1730). L'auteur du présent ouvrage s'est également servi de VHisioire universelle (A. D. j 747) et des Dissertations sur les prophéties de l'évêque Newton (A. D., 1752). Il renvoie encore le lecteur, comme îl Ta fait dans les éditions précédentes, à la dernière de ces dissertaions qu'il considère aussi comme la meilleure. L'édition de Diodore de Sicile, où l'auteur a puisé les faits et les citations auxquels il a eu recours, fut publiée 40 ans après le dernier des ouvrages dont on vient de parler. Ces faits sont, comme les prophéties, en petit nombre. Ils ne tiennent que quelques pages, et elles sont indiquées dans l'index qtii se trouve dans toutes les éditions de son ouvrage.
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tMinonii, averti par des déserteurs, attaqua à l'iniproviste Taruiée des Assyriens (jui, ayant l)U avec excès , ne furent plus eu état dcî se défendre ; il lit passer la [)lu|)art d'entre eux au lildeTépée, et força les autres à se réfugier dans la ville\ Que dit encore le prophète? «Etant entortillés « couinie des épines , et ivres comme des gens « ivres , ils seront entièrement consumés comme « la paille sèclie^. «Le prophète promet aussi une grande dépouille à rennemi : « Pillez l'argent , «pillez l'or, car il y a un luxe sans bornes, magni- «fique en tous meubles précieux^ » Et l'historien assurequ'une quantitéprodigieuse d'or et d'argent fut emportée à Ecbatane^ Selon Nahum, la ville devait être réduite en partie par l'eau, et en partie par le feu ^^ et Diodore rapporte qu'il en fut ainsi. L'entière destruction et la désolation perpétuelle de Ninive avaient été prédites. « L'Eternel «réduira son lieu à néant; la détresse n'y retour- «nera pas une seconde fois, qu'elle soit toute «vidée et revidée, même toul épuisée. » — « Il « étendra aussi sa main sur l'Aquilon , et il dé- « truira l'Assyrie , et mettra Ninive en désolation , « en un lieu aride comme un désert. » — «Comment «a-t-elle été réduite en désert pour être le gîte « desbêtes^?» Au second siècle, Lucien, originaire d'une des villes au bord de l'Euphrate, assure que Ninive avait entièrement disparu, qu'il n'en restait aucun vestige , et que personne n'en pouvait indiquer l'ancien site. Ce témoignage rendu par Lucien et l'intervalle de plusieurs siècles, pendant lesquels on ne sut pas même quelle avait été la position de Ninive, nous font un peu douter si les ruines d'une ancienne capitale, vis-à-vis de
(4) Diod. Sic, II, p, 81, 84.
(5) Nahum, I, 10. — (6) Ibid., II, 9. — (7) Diod., II, 87.
(8) Nahum, III, 15. —(9) Ibid., I, 8,9; II, 10. —Soph., II, 13, 15.