Psaume
qui ne méritait qu'un coup de sifflet, raisonnons doE en forme, et, une bonne fois pour toutes, finissons-e avec l'astrologue. • ^
.Les adeptes de Nostradamus nous leprésentent cornu un très-grand prophète , ayant reçu de Dieu sur l'hi toire de TEglise et du monde une révélation plus étor nante que celle de saint Jean. Non-seulement tous I( grands faits y sont annoncés, nous disent-ils, et en pa ticulier tous les événements principaux de la Franc depuis 300 ans, mais aussi les détails les plus minutieux lesdates, les noms propres de lieux et de personnes, tou en un mot. Cette prophétie, selon les dires de Tauteui embrasse les années qui sç sont écoulées et s'écQuIeror depuis 1556 jusqu'en 3797.
Notre devoir et notre droit est de demander des preï ves solides avant de croire.
Nous disons donc aux partisans de Nostradamus : bien votre personnage est un prophète extraordinaire ^ comme les prophètes sacrés, suscité de Dieu pour éclai rer TÈglise ;
Ou bien il n'est, comme tant d'autres , qu'un simpl prophète privé.
Vous n'avez pas à choisir entre d'autres hypothèses,
PREMIÈRE HYPOTHÈSE : NOSTRADAMUS , PROPHÈTE EXTRAOB DINAIRE, AYANT UNE MISSION DIVINE.
Si vous prenez la première hypothèse , nous deroan dons où sont les titres de cette mission divine et extraor dinaire.
l» Peut-on les trouver dans ses écrits prophétique! (preuves intrinsèques) ? 2o,Les verra-t-on dans les mira
des qu'il aurait faits, dans la sainteté de sa vie, dans le jugement de l'Eglise (preuves extrinsèques) ?
/. Preuves intrinsèques.
Nous établissons et démontrons cette proposition :
Les écrits de Nostradamus , bien loin de nous apporter des preuves de son inspiration et de sa mission divines^ nous fournissent au contraire plusieurs motifs sérieux de, lui dénier l'une et l'autre,
I. D'abord Nostradamus lui- même n*est pas trèsassuré ni de la réalité, ni de la !iature de son inspiration.
Tantôt il dit qu'il a composé ses ouvrages « par révé- « lée inspiration, inspiration supernaturelle, révélation « divine» (Lettre à César), t Splendeur divine: le divin « près s'assied » (s'assied près de moi. Centurie I, quatrain 2).
Tantôt il affirme qu'il n'est- pas prophète : « Moy en « cet endroit (dans la lettre à Henri II) je ne m'attri- < bue nullement ce titre » ( de Prophète). — « Encore « que^j'aye inséré le nom de prophète, je ne veux (m*) « attribuer tiltre de si haute sublimité pour le temps « présent. » — f Non que je veuille m'attribuernomina- « tion, ni effect prophétique. » (Lettre à César.)
Après ce dernier passage, il ajoute : « Car prophète « proprement, mou fils, est celui qui voit (les) choses « lointaines (éloignées) de la connaissance naturelle de « toute créature. »
Et plus haut il avait dit : a Quant à nous qui sommes « humains , (nous) ne pouvons rien de (par) notre « naturelle connaissance et inclination d'engin (de
(c caractère, de disposition naturel : ingenii) connaître a des secrets obstruses de Dieu le Créateur. »
Et d'un autre côté, il enseigne^ à son fils « que les « choses qui doivent advenirse peuvent prophétiser par a les nocturnes et célestes /ttmtèr^5 qui sont r?afMr^/to et € par Tesprit de prophétie » ; — qu'il a fait ses « quaa trainspar naturelle infusion, naturelle instigation » ; — a que ses « nocturnes et prophétiques supputations, il a lès a composées « plutôt d'un naturel instinct » (que de toute autre manière)-; — qu'il n'a pas prophétisa seulement « par l'instinct naturel qu'il a reçu de ses ancêtres », mais <c en ajoutant et en accordant ce naturel instinct avec sa longue supputation ».
Toift cela paraît contradictoire.
En lisant attentivement les écrits deNostradamus, on remarque promptement qu'il insiste très -peu sur sa divine inspiration, et pas du tout sur sa mission. Quand il parle de ses prophéties,-c'est ^ peine s*il indit|ue l'inspiration surnaturelle comme en étant le principe. Il en prononce quatre fois le mot tout au plus dan^ la lettre à César et seulement dans cette lettrè^^puis une autre fois dans les Centuries. Et encore, d'après ce qu'il diien même temps, cette inspiration n'en serait pas l'unique cause. Il appuie bien davantage , comme origine de ses prédictions: 1° sur son naturel instinct, sur sa disposition héréditaire, dont il parle sept à huit fois, et* surtout 2» sur l'astrologie judiciaire, sur ses calculs astronomiques, sur ses études nocturnes et ses longues supputations, qu'il rappelle presque à chaque instant^ une vingtaine de fois au moins dans les deux lettres à César et à Henri II. Dans sa lettre à ce prince,* ce sont là les deux
seules causes qu'il donne à ses prophéties : il ne dit pas un mot d'inspii*ation, ni de révélation divine.
Les défenseurs de Nostradamus disent à cela : l^' c'est par humilité que Nostradamus n*a pas voulu se dire prophète : il ne veut pas « s'attribuer un titre de si haute sublimité pour le temps présenta, c'est-à-dire pendant sa vie. Hais il savait bien que ce titre lui serait donné pi us tard. Dans les Centuries, en effet, il se nomme « le grand Prophète, le pénultième Prophète » (Cent. II, q. 28 et 36.)
Mais d'abord la phrase de Nostradamus peut signifier tout autre chose que ce que Ton prétend. S'il y avait : a Je ne veux \idi% m* attribuer pour le temps présent itiv^àQ si haute sublimité i, les adversaires auraient raison ; maié'Qc pour le temps présent » se rapporte aussi bien et plus naturellement même aux mots « si haute sublimité > . Et le sens serait : Je ne veux pas m'attribuer un titre qui est présentement c en si haute sublimité ?>, en si grand honneur et considération , parce qu'il n'est. plus commun, comn^e autrefois dans la primitive Eglise.
Ensuite il n'est nullement certain que Nostradamus ait voulu parler de lui dans les quatrains cités. On ne ' saurait rigoureusement démontrer qu'ils le désignent. Da restje, ce serait une contradiction de plus, que Thuinilité ne suffirait point à expliquer ni à justifier. Car, dans l'hypothèse, Nostradamus étant un prophète cxt traordinaire, ayant une mission divine , devait la remplir avant tout. La vérité passe avant l'humilité. Son devoir 1 obligeait à se faire connaître clairement pour ce qu'il était, afin de ne pas jeter le doute sur sa mission et sur l'œuvre de Dieu. C'est la conduite que le divin Esprit a toujours tracée à tous ceux qu'il a vraiment
inspirées. Les prophètes des anciens temps, certainement plus riches en humilité que Nostradamus^ disaient simplement et sans détour qu'ils étaient les envoyés du Seigneur, que Dieu parlait par leur bouche: « MisitmeDo minm, hœc dicit Dominus^ sermo Domini ad me factusést » . 20 On ajoute qu'en parlant de son naturel instinct et de se§ longues supputations astronomiques, Nostradamus n'a pas vouju dire qu'il prophétisait par ces moyens, mais que le Seigneur s'était servi de la disposi • tion naturelle et héréditaire de son esprit pour lui communiquer le don surnaturel de.prophétie ; et que, lui, Nostradamus, avait profité de ses connaissances astronomiques pour fixer les lieux et les époques où devaient s'accomplir les faits que Dieu lui révélait/
Nous répliquons : Nostradamus n'a point dit uir mot de toutes ces choses : on le fait parler contre lui-même. En preuve nous rappelons les passages 4éjà cités et quelques autres :
<c A toi, César, mon fils, je laisserai par écrit mémoire de ce que ]a.d\\\ne Essence m* a donné connaissance par astronomiques révolutions, » .... Nom inspirant, non par a bacchante fureur ni par limphatiqûes mouvements; mais par astronomiques assertions ».
a Etant surplis parfois la semaine limphatiquant, fay composé livres de prophéties par longue calculation^ rendant les études nocturnes de souève odeur, i .
fil y a une contradiction dans ces deux phrases de- la même lettre à César ; il faut la relever en passant. Dans la première, l'astrologue dit qu'il ne prophétise pas en limphatiquant, ce qu'il affirme formellement dans la seconde.)
a A un très-sage prince, j'ay consacré mes nocturnes
« et prophétiques supputations, composées plutôt d'un « naturel instinct,*. Et la plupart composés et accordés à « la calculation astronomique, »
« Ne voulant pas prophétiser seulement par l instinct « naturel que j'ay reçu de mes ancêtres, mais ajoutant « et accordant ce naturel instinct avec ma longue sup- « putation^ j'ai tout accordé (calculs et quatrains) et « (en ai) prophétisé (une) partie par le trépied d'ai- « rain. »
Dans tous ces passages, il n'est question que de calculs, d'études sur les astres et d'instinct naturel comme la cause unique de la prophétie, et nullement d'inspiration divine, pas même comme accompagnant et dirigeant l'étude.
Encore une fois, ce n'est point ainsi qu'ont parlé les prophètes sacrés ayant mission d'éclairer les hommes. Ils ne mettaient en avant, quand ils prophétisaient en écrits ou en actions „ ni leurs aptitudes naturelles, ni leurs études, ni leur science Ils disaient : « Je parle au nom du Seigneur ; c'est lui qui m'a envoyé. »
Nostpadamus est loin de dire avec cette netteté au nom de qui if parle et qui l'a inspiré : il ne 1 3 sait pas bien au juste. Et ce qui ressort le plus clairement deses écrits, c'est qu'il parle surtout au nom de ses études, de sescalculs et de son instinct, c'estqu'il parle surtout en son nom.
II. Les écrits de Nostradamus nous font connaître quelques-unes de ses doctrines et pratiques prophéti- (jues, qui sont pour le moins très-suspectes, et qu'il est impossible de- concilier avec une inspiration et une mission divine.
Quiconque examinera sérieusement les ouvrages de
Nostradamus verra facilement la vérité de ce que nous avons dit dans la Concoriance touchant la pensée de Tastrologue sur Torigine de ses lumières prophétiques (pages 79 et suiv.).
Il enseigne qu'il y a une lumière prophétique proprement dite et vraiment surnaturelle, qui vient de Dieu directement ou par le ministère des « bons anges, ses niessagers de feu, enflamme missive ^ ?>. Cette lumière, il ne Ta pas reçue : il le répète à plusieurs reprises.
Il est une autre lumière prophétique, mais naturelle. Elle vient de Dieu, comme tous les dons de notre nature ; c'est une sorte de révélation et d'inspiration. Elle s'obtient et se développe de trois manières principales :
1» Par un instinct naturel et de tempérament, par un privilège de race et une disposition héréditaire;
2^ Par l'étude des astres et les procédés de l'astrologie judiciaire ; ,
3<> Par l'emploi de certaines opérations théurgiques.
C'est par cette lumière qu'il a prédit l'avenir.
La première partie de cette assertion a été déjà suffisamment prouvée. La seconde et la troisième demandent des citations.
Lettre à César. « Quant à nous qui sommes humains, | nous ne pouvons pas connaître de notre naturelle con- 1 naissance les profonds secrets de Dieu le Créateur; cependant il peut exister des personnes ^ auxquelles Dieu
1 . Qui fecit angelos tuos spiritus, et ministros tuoa, îgnem uren» tem (Ps. 104. 4.) ; qui fecit angelos suos spiritus, et ministros suosj flammam ignis. (St Paul aux Hébreux, I, 7.) Dieu qui rend sea anges actifs comme les vents, et ses ministres , comme un feu 'brûlant, comme la flamme du feu. j
2. Nostradamus, en ce passage, fait clairement enten e qu'il! s'agit de lui-même.
[e Créateur ait voulu révéler par imaginatives impressions quelques secrets de Tavenir, accordés avec IWr ologiejudicielle,
« Et ces personnages avaient cerf ain^ puissance et vo- Mtaire faculté qui venait par eux comme flambe de feu apparaît^ laquelle (flambe de feu ou faculté ?) inspirant (donnant l'inspiration) on venait à juger les divines et humaines inspirations
I Mais quant aux occultes vaticinations qu'on vient à recevoir par le subtil esprit de feu, qui quelquefois par l'entendement (est) agité, contemplant le plus haut des
astres Mais moyennant quelque indivisible éternité
par comitiale agitation hiéraclienne les causes (futures)
par le céleste mouvement (des astres) sont connues
L'entendement créé intellectuellement (l'esprit humain) ne peut voir occultement (les choses occultes) sinon jm la voix faicte aux limbes, moyennant la exiguë flamme, en laquelle partie (manière) les causes futures se vieni dront à incliner (vers vous ») (vous amènerez à votre connaissance les choses del'a venir). « Et aussi, mon fils, je le supplie, que jamais tu ne veuilles employer ton entendement à... la vanité de la plus qu'exécrable magie, réprouvée jadis par les sacrée^ Écritures, et par les (li>ins canons, au chef duquel est excepté (de laquelle condamnation est exceptée) le jugement (l'étude) de Vasîrologie judicielle par laquelle, et moyennant inspiration et révélation divine, par continuelle supputation, avons nos prophéties rédigées par écrit. »
... tt Telle lumière et flamme exiguë est de toute efficace » (pour connaître l'avenir).
Lettre à Henri II « J'ai tout accordé (calculs e*
quatrains) et pf^ésagé (prophétisé) une partie tripodi œneo to (par le trépied d'airain).
Centuries I, 9, 1 et 2.
iEtant assis de nuit^ dans le secret de Vétude.
Seul , reposé sur la selle (trépied) d'atram :
{\i)[iQ) Jlavihe exiffiie, sortant de (la) solitude
Fait proférer (ce) qui n'est à croire vain.
Z^ verge éti main mise au milieu de branches. ,
De l'onde il moulle et le limbe et le pied :
Une peur et (une) voix frémissent par les manches ;
Splendeur divine : le divm prés s'assied.
De l efficace de Véclypse de soleil i 566 et 1567. ... « Man incontinent de son mauvais aspect regardera Jupiter opprimé.... Sur quoi environ léquinoxe automnal..- sont menasses^ par te susdit Mars de la conjonction audij temps de Vénus a^i soleil (dçins le) signe Ariès (le Bélier) au jqur et YiQxxr^ possesseur de Scorpius exaltation (ludii Mars., certains grands princes et seigneurs de tous étals, de surprises par Fennemy, non de petite conséquence. Car Saturne machinateur de trahison^ au signe de Gemini (les Gémeaux) colloque en la ' 7/« maison, et exaltaùoi de Mercure., promet la mort d'un grand monarque pav occision ou emprisonnement, et nous donne à éntendri
que, si la paix iie nous est d'en haut concédée poui
tels moyens (par ces moyens , en cette manière) 6011I proposés {dLinioncés) par les astres desmau^x infinis, et tels qu'il n'est pas loisible de les révéler ».
Signification de Véclypse de 1559 « Et parce que léj
clypseestenpartieentrePisces(lesPoissons)et le deuxième
degréd'Ariès... quiest'porté etvadevant lequatriènieelle
cinquième domicile du ciel, eWemenifssedeqmiquesgrùn
des et fort étranges séditions, conspirations, conjurations.
sonlrariëtés secrètes et querelles manifestes, même à rencontre de quelque Reine, 6uhomme vir ou non vir... Mars^ principal dominateur de VEclypse menasse d'une mbite et repentiye mutation.. ^ s'en suivra mutationd'estats, de règne, potestats. >
Nous le demandons à tout lecteur de bonne foi, cette lioctrine et ces pratiques ne sont- elles pas au moins fort suspectes? Les prophètes divinement inspirés ont-ils parlé et agi de cette nianière ? Leurs procédés d'inspiration, s'il était permis d'employer ce mot par rapport à eux, sont-ils de cette espèce ?
On nie l'évidence quand on prétend que Nostradamus n'a pas cru à l'astrologie et ne l'a pas pratiquée. Quand il s'écrie dans son imprécation cowfre /^5 ineples critiques: « loin de moi tous les astrologues ! » cela ne signifie nullement: « Joinde moi l'astrologie ! » Car, en compagnie des astrologues, il repousse le vulgaire profane, les imbéciles et les ignorants. 11 avait ses raisons de maudire les astrologues ses confrères qui lui faisaient une guerre fort rude. Plusieurs dénâontrèrent qu'il n'était qu'un ignare perspnnage , qu'il commettait les plus grosses erreurs dans ses calculs, qu'il ne savait pas ffi^'me déterminer d'une manière précise la marche de la lune et l'entrée des saisons, que ses écrits fourmillaient de fautes les plus grossières et les plus ridicules, tn d'entre eux les releva avec dureté et lui prodigua à ïfite occasion les épithètes « d'ignorant , d'âne et de |jrossebête*. Nostradamus répondit par des gentillesses fe même aloi : « Tous ceux qui écrivent contre moi ,
l Déclaration des abus et ignoraDce de Michel Nostradamus, par Morent Vidal. Avignon, 1658, in-S».
disait-il (signification de l'éclypse de 1559), sont totale ment bêstes brutes, asnes hébétés, grossières bestes.. et grosses bestiasses ». Ce qui n'est précisément pas 1> style d*un prophète inspiré de Dieu.
Mais son astrologie, affirme-t-on, ne consiste pas i donner la position des planètes comme cause des évéïie ments, ainsi que le veut l'astrologie judiciaire. Nostra damus indique seulement Tétai du ciel et le moment oi auront lieu les faits prédits; la position des astres es présentée par lui « comme concommittente et indica tive des événements ». Ceiî'est pas faire de l'astrologie mais de l'astronomie.
— Vous prçtez vos idées à l'astrologue. Vous êtes ei contradiction formelle et avec ses propres paroles ^ avec l'histoire^
Nostradamus dit expressément et fort clairement, re portez- vous aux textes cités, qu'il a eu connaissance dj Tavenir par astronomiques révolutions, qu'il a été ins pire par astronomiques assertions, qu'il a composé c rédigé ses prophéties par longue calcuîation et par foi ' trologie judicielle.
Si on ne reconnaît pas la doctrine et le langage du fervent astrologue dans nos citations de l'Efficace^ etc., < de la signification de VEclypse^ etc. , c'est qu'on ne voudt pas l'avouer.
Est-ce qu'il ne nous y montre pas les astres cômn annonçant et causant les événements ? a Mars menm « de surprises^ etc., d'une subite mutation d'Etat; € Saturne promet la mort d'un grand monarque; a Par les astres nous sont proposés maux infinis. »
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Les principaux termes de l'astrologie dans les horoscopes particuliers ou généraux s'y trouvent:
1° Les maisons. Le thénie ou la figure de l'horoscope tracée sur le papier devait être partagée en six divisions qu'on appelait maisons, La 1^^ était la maison de la naissance, la 2» de la vie, la 3^ de la fortune, la i^ des parents, la 5" des frères, la 6® de la mort et du tombeau: La planète Saturne étant dans, la F/« maison, j^romet (annonce) la mort d'un grand monarque !
2o Les regards bons ou mauvais que jettent les astres et les aspects qu'ils présentent ; « Mars de son mauvais aspect regardera Jupiter. »
30 Les conjonctions des planètes dans la même maison, heureuse ou malheureuse, selon que leur influence est bonne ou mauvaise, se fortifie ou se neutralise, etc. tf Conjonction deVénusausoleildanslesigned'Ariès. • 4® Les astres Seigneurs ou possesseurs. Dans l'astrologie, chaque planète a pour maison spéciale un signe du zodiaque, qu'elle es^ censée préférer aux autres, et dont elle est le dominus, le Seigneur, le possesseur ; et quand une planète se trouve dans sa maison de prédilectioti au moment d'un horoscope, les astrologues en tirent certaines conséquences.
tt Mars, possesseur de Scorpius », le Scorpion, S^* signe du zodiaque. Pour la plupart des astrologues, c'est Mars qui est en effet le Seigneur du 8^ signe. Pour ijuelques autres, c'est Jupiter.
50 Les astres ascendants^ dominateurs^ maîtres de t ascendant, sont les planètes qui occupent la position la plus élevée dans la maison, dans le sii<ne zodiacal; leur influence est d'autant plus puissante sur les événe-
ments : t Exaltation de Mars, en la VI® maison. » Exal tation de Mercure; Mars principal dominateur di TEclypse *.
L'histoire n*est pas moins affirmative en ce point que les propres écrits de Nostradamus.
Il faut prendre les mois dont se sert un auteur dan^ le sens où on les employait à son époque. Or, aux xy« et xvi*^ siècles, il est d'évidence historique que savants et ignorants croyaient qu'on pouvait connaître e^ essayaient de prédire Ys^venir par Je moyen- de^^ astre^l par les mouvements et la position des corps célestes^ par les calculs et les supputations astjronomiques, pai* l'astrologie judiciaire, en un mot. Tout le monde s'ei^ mêlait. Un la regardait alors comme une science. On ei^ faisait écoles et cours publics. Les astrologues étaient en honneur, et les plus ha|)iles en cette prétendue science passaient pour de très-profonds savants et se voyaient recherchés des grands et des rois C'est précisé^ ment à cause de cela que Nostradamus, pour faire-valoii^ son mérite personnel, ne dit pas un mot de son inspiration divine dans sa lettre à Henri II, tandis qu'il insisl^ sur son naturel instinct^ qui lui donnait plus d'aptiiude que ses confrères, et qu'il mit en avant surtout ses longs calculs et ses nocturnes travaux sur les astres.
Nous savons par l'histoire que Nostradamus a pratiqué l'astrologie. Il a fait l'horoscope d'éminents personnages de son temps. Le gouverneur de Henri IV lui conduisit ce jeune prince, et l'astrologue vaticina
1. Voir Nouvelle Encyclopédie Théologique de Migne, dictionnaire des Prophéties et des Miracles, art. Astrologie.
qu'il deviendrait Roi et qu'il aurait un très-long règne. II était facile et habile de prédire la première chose ; mais malheureusement pour la France, la seconde, impossible à savoir par les astres, ne se réalisa pas.
Nous voyons bien que Nostradamus repousse la magie noire et tout commerce avec les démons. Mais nous ne pouvons pas nous empêcher de voir en même temps qu'il prône en ses écrits et qu'il a pratiqué des procédés de divination fort suspects etque n'ont certes jamais employé les prophètes divinement inspirés. Sa profession de foi catholique et les sentiments religieux dont il à pu faire montre n'infirment point la signification de ses paroles. Il n'était pas rare, il y a quelques années, de rencontrer nombre de gens qui se prétendaient excellents chrétiens et qui se livraient avec ardeur aux pratiques du haut magnétisme et du spiritisme, tout en protestant qu'ils n'avaient et ne voulaient avoir commerce qu'avec de bons esprits.
Qu'était-ce donc que cette limphatication qui le saisissait parfois, cette longue inspiration mélancolique , ces émotions infuses à certaines heures délaissées^ qui sont associéesà se§ nocturnes calculs? Quelle est cette agitation épileptique et prophétique * ? Et ce trépied et cette selle d'airai»? N'est-ce pas là le mode employé par les Pythonisses de Delphes pour connaître l'avenir, et leur état physique pendant l'inspiration?
Et la verge en main , que peut-elle être, sinon la baguette magique ?
1. Comitiale agitation hiéraclienne. Comitialis worJî** signifie épilépgie ; hiéraclienne, mot forgé par Nostradamus, du grec iéros, sacré, et de cUon, bruit, nouvelle, parole.