‹ Les prophéties modernes vengées, ou Défense de la concordance de toutes les prophétiesChapitre 34 sur 49 · i»' livre des Rois c. m. v · texte numérisé non relu

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ment dans ces quelques prophéties d*un très-lointain avenir qu'il parle avec clarté, et précisément celles-là de tous points sont fausses. Nous allons le prouver.

IV. Les écrits de Nostradamus renferment des choses complètement fausses :

1® Des contradictionsetdegrossièreserreursdecalcul;

2° Plusieurs fausses prophéties.

1® Erreurs de calcul.

Dans sa lettre à Henri II. Nostradamus compte les années qui se sont écoulées depuis Adam jusqu'à Jésus- Christ. Il donne la durée des époques intermédiaires, qu'il écrit en toutes lettres, sans en faire le total. Le chiffre de ce total est de 4757, oii 8 années depuis Adam jusqu'à Jésus-Christ. Tout a été supputé, dit-il, « selon les sacrées Escripturis (E'critures) et mes calculations astronomiques ».

Puis, dans un second calcul, à quelques'pages de là, il suppute d'une manière plus détaillée ces époques intermédiaires. Par l'addition de toutes les dates, on obtient le chiffre de 4092 ans. Mais Nostradamus, négligeant sans doute de faire l'addition, ou la faisant de travers, ou bien se rappelant imparfaitement le total de son compte précédent, nous dit gravement : « Et ainsi, « de la création du monde à' Jésus-Christ par cette sup- « putation que j'aie faite colligée par les sacrées lettres, a sont environ quatre mille sept cent septante trois ans < et huit mois. » (4773).... Ayant calculé le toutj»ar « doctrine astronomique, »

En expliquant par une distraction la différence qu'il y a entre les chiffres 4757 et 4773 (15 ou 16 ans), il n'est

pas moins évident que les dçux additions détaillées des années d'Adam à Jésus-Christ différent de 665 ou 681 ans. C'est une différence, dira quelqu'un, qui vient des saintes Ecritures elles-mêmes, dont les textes présentent des variations de dates. Soit ; mais les deux computs ont été faits par calcul et doctrine astronomiqties. Les mouvements des astres peuvent-ils offrir dans leurs révolutions quelques légers écarts de 6 à 700 aus ?... Alors que ce soit Nostradamus ou les planètes qui se trompent^ ceci n'est pas fait pour nous donner une grande confiance dans les autres prédictions de l'astrologue par « le cours du mouvement céleste », surtoirt quant à la détermination de l'époque des faits annoncés. Tout au moins, on avouera qu'il n'a été ni inspiré ni assisté de l'Esprit saint pour faire de si exactes « calculations ».

Ce n'est pas tout. Voici d'autres contradictions qui ne sont pas moins fortes.

Dans sa lettre à César, datée de 1555, Nostradamus dit que « selon le jugement céleste (le calcul astro- « nomique) nous sommes au septième nombre de mille tt (au 7e millénaire depuis le commencement du « monde), nous approchant du huitième. '»

Cette assertion est contradictoire avec les précédents calculs.

Si i^ on prend le chiffre 4773, donné en toutes lettres par Nostradamus, et ressortant (à 16 ans près, 4757} de sa première supputation, en additionnant avec le chiffrede l'année 1555, nous obtiendrons un total de63â8 ans pour l'âge du monde. Nous avons bien le 7» millénaire, mais seulement en son commencement ; et il n'approche point

du huitième, puisque la première moitié de ce septième millénaire n'est pas encore atteinte.

Si 2o nous prenons l'autre total 4092 ; en l'ajoutant à 1555, nous avons 5647, et ce n'est plusque le milieu du 6^ millénaire seulement f

De plus, dans un passage de la lettre à Henri II, Nostradamus nous dit que les événements marqués dans ses quatrains prophétiques commencent au 14 mars 1557 et vont « bien loin jusqu'à l'avènement (l'avenir) a quiseraau commencement du 7^ millénaire profondéc ment supputé » . Dans un autre endroit, il indique plusieurs événements qui ne seront proche d*arriver que dans le 7^ millénaire. Or, si ces indication's sont assez concordantes avec le second calcul de l'âge du monde 5647 où il y a encore 350 et quelques années à courir pour arriver au commencement du 7® millénaire, elles sont en complète contradiction : l® avec le'premier calcul 6328 dans lequel à son époque (1557) déjà le 7e millénaire était commencé, et 2° avec ce qu'il enseigne à César que « selon le jugement céleste nous sommes (en 1555) au 7enombre de mille, approchant du 8« !

Et cependant à chaque calcul Nostradamus affirme qu'il a tout [supputé par doctrine astronomique , « limitant ainsi les lieux-^ temps et termes préflx » des événements prédits î C'est une doctrine vraiment bien précise et par laquelle nous devons être sûrement fixés sur les faits et leurs époques !... A moins que ce ne soit Nostradamus qui, ne la connaissant pas assez, se trompe un peu ! ! !

2° Fausses prophéties.

1^ La lettre à Henri II contient plusieurs prédictions que les événements ont prouvé être entièrement fausses.

Nostradamus dit que les prophéties de ses quatrains sont : c accommançant depuis le temps présent qui est ( le 14 mars 1557 d;... Plus loin il donne le mouvement et la position des planètes dans les différents mois de cette année ; puis il y ajoute :

€ Vannée sera pacifique et sans éclypse , .et non du tt tout (mais pas tout entière), et (car elle) sera le^coma mencement de ce que durera (du temps que durera) « et commençant (en) icelle année sera faicte plus p;rande K persécution à TEglise chrétienne qne n'a été faicteen « Afrique, et durera ceste-ci (persécution) jusque à Van t mil sept cent nonante deux (1792) que l'on cuidera « (croira) être une rénovation de siècle ; après commen- « cera le peuple romain de se redresser.... Venise^» « après (après ce temps, cette année 1792) en grande ( force et puissance lèvera ses ailes si très haut, ne dis- V tant guères aux forces de l'antique Rome. »

Nostradamus annonce ici fort clairement contre son habitude : l^* qu'une persécution plus t^rible que celle de Genséric et d'Hunéric commencera pour TEglise universelle en 1557 et finira en 1792 qui sera l'année d'une nouvelle ère, d'une rénovation pour l'Eglise; 2^ qu'jtipm celte année, le peuple romain commencera de se redresser, la République de Venise deviendra presque aussi puissante que l'ancienne Rome.

Or cette triple prophétie avecsesdatesest aussi malheureuse que possible. La trop grande clarté et précision

joue un mauvais tour au prophète. Car: 1° rÉgliseuniverselle n'a point subi de persécution dans lé genre de celle de l'Afrique depuis l'année 1557 jusqu'en 1792; 2o tout au contraire, cette année 1792, )3ien loin d'être la lin de l'épreuve et le commencement de la paix, a vu se déchaîner sur l'Eglisede France une terrible tempête et a ouvert dans toute l'Europe une èfe de persécution religieusequi n'est pas encore terminée ; 3<> quatre années a après », en 1797, « le peuple romain » des Etats de rÉglise et de toute l'Italie, au lieu de « commencer à se redresser », se fit successivement écraser par les armées françaises, républicaines d'abord, puis impériales, et tout son territoire fut annexé à la France. 5<> Quatre années aussi « en après » (1797) la République de Venise perdait, sousles coups de Bonaparte, et sa puissance et son indépendance qu'elle n'a point recouvrées depuis. Sur tous les points de la prédiction on ne pouvaitpas se tromper plus lourdement.

Pierre d'AiUy en 1414, Pierre Turrel et Richard Roussel, cbmemporainsdeNostradamus,avaientannoncé une grande révolution, surtout dans les lois, pour l'année 1789. Notre astrologue n'a pas voulu dire comme ses confrères, et a*issi complètement que possible il a été faux prophète *.

1. Sur l'autorité de M. de Maistre, qui attribuait à Nostradamiis ce qui appartenait à d'autres {Soirées de Saint • Péter shour g ^ note IV« sur le XIo Entretien) et sans penser à contrôler son assertion par le texte même de la lettre à Henri II, j'ai concédé dans la Concordance (p. 70) que Nostradamus avait au 16® siècle annoncé la Révolution française. M. de Maistre et ceux qui l'ont dit aveclui et après lui se sont trompés. La simple lecture du texte montre

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On veut, malgré tout, justifier Nostradamus, et on ose dire qu'il a fait exprès ces contradictions, ces erreurs grossières, ces fausses prophéties, afin d'atteindre le but qu*il voulait : se faire mépriser, tenir sa prophétie dans Tombre jusqu'aux temps marqués, et réaliser ainsi un de ses prédictions : « on marchera par-dessus et devant » la prophétie, et « le divin verbe sera du ciel frappé > .

Si cela est vrai^ —et Nostradamus, au compte de qui l'on met tant de choses, ne peut point venir pour le contredire. — c'est une preuve déplus qu'il n'a reçu ni mission ni inspiration divines. Une telle manière d'agir est entièrement contraire : 1^ à la sainteté de l'Esprit de Dieu qui, sous quelque prétexte que ce soit, ne saurait ni inspirer l'erreur, ni porter à mentir ; 2° à«sa sagesse , car elle ne devait pas employer un moyen qui, faisant repousser ou tenir en doute la mission de son envoyé, était directement opposé à son but principal ; 3<) à sa toute- puissance : Dieu n'a besoin ni de la contradiction, ni de la dissimulation pour arriver à ses fins.

2° A ces fausses prophéties joignons les nombreuses prédictions queNostradamus a faites dans la signification de lEclypse de 1339 et dont pas une seule ne s'est accomplie.

Pour expliquer ce non-accomplissement, on ne craint pas d'affirmer que Nostradamus n'avait point en vue dans cet écrit l'éclipsé physique du soleil de 1339,

avec évidence que ce piètre astrologue a prédit tout le contraire, n n'a donc pas été même ce savant pronostiqueur de quelque grand événement d. C'était encore ce une plume volée d !

et les faits qu'elle devait causer selon ses dires, en cette année et les suivantes, « puisque aucun des événements prédits ne s'est accompli alors » ; mais bien plulôi Véclipse de la royauté^ V éclipse d'Henri F, à notre époque',^ et que ces faits symboliques reçoivent aujourd'hui leur réalisation I a Jésus, ajoute-t-on, œélait c ses proa phétiessur la fin du monde et ses prophéties sui; a Jérusalem. » Outre que la comparaison est odieuse,! il y a une petite différence : c'est que les prophéties de notre divin Sauveur sur Jérusalem , symboliques| en un sens et très-réelles dans l'autre, se sont parfaitement accomplies.

A de pareils raisonnements, à cette façon d'interpréter et de justifier une prophétie manquée, il n'y a pas de réponse à faire. Avec cette méthode on peut se charger de prouver que \ Iliade est la prédiction des croisades.

Le Dieu de vérité n'a donc point inspiré le faux prophète Nostradamus,

Donc les écrits de Nostradamus, bien loin de donner des preuves en faveur de son inspiration et de sa mission divine nous fournissent au contraire les plus sérieuses raisons de lui dénier l'une et l'autre.

II, — Preuves extrinsèques.

Peut-être serons-nous plus heureux en cherchant en dehors des écrits de Nostradamus, et trouveronsnous quelques raisons de le regarder comme prophète envoyé de Dieu.

A-t-il fait des miracles ? A-t-il été un Saint ? L'Eglise a-t-elle reconnu sa mission et son inspiration prophétique ?

Des miracles ? Nostradamus n'a pas fait le plus petit prodige. L*histoire n*en a pas gardé le moindre souvenir, et ses partisans les plus enthousiastes n'ont pas pu venir à bout d'en découvrir et d'en relater un seul.

Sa ^am^^^^ ? Nostradamus n'est certainement pas un ^int. On fait .aujourd'hui tout ce que l'on peut pour le grandir. Si on osait, on lui donnerait volontiers le titre de bienheureux, à tout le moins de vénérable. < Il a eu la foi, dit-on, il a aimé Dieu, la sainte Vierge, saint Michel, l'Eglise, le Pape, la France et le Roi; il s'est montré médecin dévoué et habile en un temps de peste ; il a fait une bonne mort *. » Nous ne contredisons à rien de tous ces dires. Tout cela prouve qu'il a été bon chrétien ; mais tout cela ne suflt pas pour faire un saint. Et pas plus que de miracle, l'histoire n'a enregistré qu'il fût mort même en odeur de sainteté.

Qu'en dit l'figf/we? Qu'en pensent et qu'en disent Nosseigneurs les Evêques, les premiers juges en cette matière? Nous ne le savons pas pour tous ; mais nous le savons pertinemment pour trois.

Mgr Pie, notre illustre évêque de Poitiers, nous a dit à nous-même : « Il faut avoir perdu le bon sens pour croire aux prophéties de Nostradamus. »

Mgr Cousseau, le savant évêque d'Angoulême, depuis démissionnaire, nous écrivait en i87i: « J'ai fort goûté votre sévère critique de Nostradamus et de son récent interprète. »

Mgr Dupanloup, le célèbre évêque d'Orléans, dans un acte épiscopal publie, vient de frapper l'astrologne et ses

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