‹ Les prophéties modernes vengées, ou Défense de la concordance de toutes les prophétiesChapitre 48 sur 49 · Lettres dn grand Prophète, p · texte numérisé non relu

Lettres dn grand Prophète, p

qu'un nom de lieu, de ville ou de peuple, pouvant devenir un nom d'homme, se rencontre en un quatrain, aussitôt on s'empare de ce quatrain précieux ; on l'explique à nouveau, Teût-on déjà stppliqué au passé, et une lettre du grand Prophète est mise au jour avec la conclusion habituelle : il y a 300 ans que Nostradamus avucela^ a annoncé cela!

Mais la ^politique a ses imprévus et ses surprises, qui trompent souvent les plus habiles pronostiqueurs. I) est curieux de suivre ses variations dans les écrits de M. Torné, et les numières nouvelles dont il habille Nostradamus.

l<»En 1871, Nostradamusprophétise, par son interprète officiel : 1° que Napoléon III sera rappelé p^iv un plébiscite ; 2» que l'empire sera restauré; 3® que l'empereur ' mourra à Biarritz ; 4® qu'il y aura une guerre civile entre Henri V, les d'Orléans, les républicains et les bonapartistes; 5® que Napoléon IV disparaîtra dans ces événements et que les d'Orléans s'effaceront ; 6® qu'Henri V vaincra la Révolution-, montera sur le trône et pacifiera la France. (Portraits prophétiques.)

Tout cela était démontré très-longuement par la quatrains de Nostradamus (Lettres du grand Prophète, Passim,

En 1873, les faita ont parlé ; il» faut changer Nostradamus d'habit: M. Torné affirme que « Nostradamus a « dit expressément, dans un quatrain fort clair, que < Napoléon IV serait rappelé » (Lettre: mort de Napoléon m, p. 19,25 janvier).

2» En 1871, d'après le grand Prophète, Henri V succédait à Napoléon HI (Portraits prophétiques et lettre du grand

Prophète, etc.). Eq 1874: « Il est dit (par Nostradamaî t d Henri V succédant à Napoléon 77; la mort subite d « premier personnage aura changé et mis un autr c en règnCv etc. > (Lettre : le Roy blanc et la fusion • p. 72.}

i^ En 1872, on n'accepte pas que dans un texte de Prophéties modernes Texpression t vive Louis » . puiss s'entendre du prince impérial, et on s*exclame (Oh 1 (Alman. 1873, p. i46). Maisla politique ayant tourne on trouve en 1874 un quatrain qui contient le me c Louis 9 ; on l'entend du fils de Tex-empereur^ et o die : « le prince impérial Louis » (Lettre : le Roy blanc c la fusion, page 62 et 63).

40 En 1871 , Tempîre , selon les dires évidents di ' grand prophète, devait être restauré par Napoléon III

En, 1873 , ce n'est plus la même chose (Lettre : mot de Napoléon III) : on insinue (p. 23) que les quatrains o' il est question de la restauration de l'Empire regardeii bien plus Napoléon IV que Napoléon III. Puis, sans vei gogne, on dit (même lettre, notes sur Vépigraphie) qu « Napoléon IV accomplira les quatrains qui ont le me « Mars > que son père n'a pas accomplis ainsi que Favai publié le traducteur ». M. Torrné ne s'occupe plus deû qu'il a répété si souvent : ce Le grand secret d'interpré tation , c'est d'interpréter du même personnage l mot caractéristique interprété ailleurs de lai » passit et Alman. i873, p. 86), Or Napoléon III, daprè vous, M. Torné, (au même endroit), étant ailleurs 20 foi « Mars»... donc, dirait uneconclusion logique, «Mars^ dans les quatrains qui restent, ne peut pas être Napo léon IV. Mais en habile traducteur, vous concluez,

au contraire : donc ces quatrains se rapportent quand même à Napoléon IV. Alors vous détruisez de vos propres mains votre fambuse règle d'interprétation et le prophète en même temps.

5» Yousavez senti la contradiction. Aussi, en 1874, vous imaginez une autre explication (Lettre : le Roy blanc et la fusions mars 1874, p. 86).

« Plusieurs passages prophétiques (de Nostradamus) nous montrent Napoléon III gouvernant après sa mort »(!!!)

Ainsi, de l'autre monde, Napoléon ilf va accomplir tous les quatrains de oc Mars > qu*il n*a pas eu le temps d'ac> complîr pendant sa vie. Et, par ce moyen, le fameux secret d'interprétation est sauf , Nostradamus toujours {çrand prophète, et Torné, admirable interprète.

6« En 1872 (Lettre : Henri Va Anvers, 28 février, p. 4), M. Torné écrit : « Nostradamus, dans ses Centuries, le dit (nomme Henri V) : à son retour c à haut et si bas âge » : jeune vieillesse ', dans Olivarius^: « jeune guerrier; dansOrvaM : « jeune prince ». — Et plus' loiiî : (p. 15 et 16).

1. M. Torné prétend avoir démontré que les prophéties d'Olivarius et d'Orval sont téellementde Nostradamus. Il en est persuadé, ses adeptes aussi. Mais ses arguments saugrenus n'ont convaincu aucun critique sérieux. '

— Dans son article Crédulité^ (Univers, 4 avril 1874) après avoir justement traité les Centuries de Nostradamus d d'inexterminable mystification » , M"^ Louis Veuillot, mal renseigné, avance une chose toat-à-fait inexacte, quand il, (]fualifie la prophétie SOrval de (T niaiserie de 18B0,... faite pour M' le comte de Chambord, etc. » qu'il veuille bien lire le chapitre iv du 2® volume des Voix prophétiques de M' Tabbé Ouricque (5« édit. Paris. 1872. Palmé) des témoiraages respectables le convaincront que la prophétie d'Orval était connue et répand/ue dès 1790.

«... Dans les prophéties d'Olivarius et d'Orval .. on crie à Henri V : Venez , prince, venez. »

Mais, en 1873, la politique ayant fait des siennes, Nostradamus ne parle plus de la même manière, et M. Torné applique à Napoléon IV la prophétie d*Orval qu'en 187211 avait interprété d'Henri V (Lettre: Mac-Mahon et Napoléon IV, 5 juin, pag. 16, 17).

« La France, comme brisée en dix par les divisions^ se jrejoint par l'union dés conservateurs. Dieu donne la paix aux hommes de bonne volonté. Venez, jeune prince, quittez l'Angleterre], où la loi d^ exil vous retient^ Entendez la mission qui vous est confiée; unissez le lion de votre parrain Pie IX à la fleur blanche de votre roi Henri V. la montagne de Dieu et le fils de Juda, l'autel au trône, venez... » Dans les quatrains, Napoléon IV est deux fois « le jeune prince », comme dans Orval : une fois, lorsque « les rois armés par le Seigpeur » prennent le Rhin, etc:.; une seconde fois lorsque son pouvoir passe à Henri V.

Et il a l'audace d'ajouter : « On peut voir dans mon interprétation de ces prophéties (d'Orval et d'Olivarius), publiées le 10 janvier 1872, un an avant la mort de Napoléon III, que, malgré tout, je parlais du retour de Napoléon IV dans le commentaire même de ces mots: Venez, jeune prince, quittez l'isle de la captivité, venez. » — . Vous en parliez si peu que, le 28 février cuivant, vous appliquiez ces paroles à Henri V (F. plus hautj.

7° En 1871^ on refuse de tenir secrète l'interprétation d'un fajt de minime importance (le quatrain surlamort de M. de Môneys). t La prophétie de Noslradamus, diton, renferme une quantité de faits particuliers qui n'ont pas par eux-mêmes une importance plus considérable.

il faut, en les retrouvant dans une prophétie véritable... rechercher le motif qui a porté la bonté infinie à les ré- Téler. Alors on reconnaîtra que tel fait jugé si minime a ane importance égale, sinon supérieure, à celle des plus grands événements » (Lettres du grand Prophète, p. 216, 217.)

Eli 1873, rendu sans doute plus défiant par tant de rudes échecs dans les grands faits comny dans les événements de « minime importance », M. Torné écrit ceci: «Affirmez les grandes perspective s de l'avenir telles que Xostradamusles a tracées, mais négligez les détails en ce qui concerne le temps présent , car le Prophète a voulu dérouter ses lecteurs, pour préparer Taccomplissement de cette parole: « Le divin verbe sera du ciel frappé. »

Onvoitlo queM. Torné, copié partout le monde et qui ne copie personne, a profité de la lecture de la Concorknce^ et que lès grands événements^ les faits principaux^ < les grandes lignes > des Prophéties modernes lui ont donné l'idée de ses t grandes perspectives » ; 2» que M. Torné tient toujours à sa ritournelle, et n'a pas d'autres raisons pour expliquer ses « fiasco » etceuxdeson Prophète.

Et voilà ce qu'on appelle les a véritables prophéties » I Les véritables prévisionsde M. Torné ? Oui. Maislesvéritebles prédictions de Nostradamus? Assurément non*.

Je ne blâme point M. Torné de faire des prévisions. 11 peut, comme bien d'autres, pronostiquer juste, et mieux

!■ Une preuve de plus que M. Torné fait dire à Nostradamus tout ce qu'il veut : -

. Pour donber à son Astrologue un air de prophète assuré de son ' jûspiration, il commet un contre-sens que ne ferait pas un écolier «e7«. Cette phrase latine que Nostradamus intercale dans son jaroon, d Possvm NON errare, t'alli, decipi (Lettre à César). M. Torné

que beaucoup d'autres, à cause de Tattention qu'il mel aux choses de la politique. S'il donnait ses intuitions ou ses combinaisons de Tavenir, comme venant de lui, ce qui est en réalité, quoiqu!iien dise, ses écrits seraient acceptables. Il pourrait se contredire et se tromper, sans qu'on dût y trouver à redire ni à s'étonner. Mais je le blâme de vouloir sérieusement nous faire croire et prétendre prouver que tout ce qu'il nous dit se trouve en Nostradamus et a été prédit par lui.

Je condamne et je poursuis ses écrits parce que, par le rôle qu'il y donne à l'astrologue et l'attitude qu'il y prend, ils sont non-seulement absurdes et ridicules, ce qui ne prêterait qu'à rire, mais de plus ils sont dangereux pour les esprits faibles: ce qui est mauvais, parce qu'à cette heure ils sont nombreux en France.

— J'ai dit, dans la Concordance^ que je désirais

être utile à M. Torné, et lui épargner dans l'avenir I^

* regret, poignant pour un prêtre, d'avoir contribué, si

peu que ce soit, par ses ouvrages, àretenirou à entraîner

dans l'erreur ne fût-ce qu-'une seule âme.

M. Torné peut et doit avoir maintenant ce a poignant regret». Ses écrits ne sont pas seulement dangereux parce qu'ils pourraient fournir des armes aux rationalistes et aux autres ennemis de la religion ; ils ont déjèi servi à l'ennemi de Dieu et des hommes, dans ses desseins contre les âmes.

la traduit ainsi : je ne puis errer, me trtmiper, être trompé ; comme s'il y avait NON possum, (Lettre. Za Saîette et Jjawrdes.) . En bon latin cette phrase vent dire et en français se traduit : je puis ne pas errer, n'être pas tompé, abusé ; il est possible que je n'erre pas, que je ne sois pas trompé, abusé. Ce n'est pliis évidemment la même idée. Peut-être que dans lé latin de Nostradamus et de M. Torné la négation agît à reculons ?. . .

Je saiâ une noble et chrétienne famille, plongée dans la douleur depuis qu un de ses membres, autrefois très-bon chrétien, a eu le malheur d'ouvrir les livres de M. Torné. Dans ces livres, cet homme a puisé d'abord une confiance sans borne en Nostradamus et en son commentateur. Il a appris le procédé d'interprétation ; i] s'e3t mis à l'appliquer et, le diable aidant, il trouve à son tour tout ce qu'il veut en Nostradamus. A ce bel exercice, cette tête faible n'a pas tardé de perdre ]e sens commun — il en avait peu en réserve , assurément; — mais ce qui est le plus déplorable, il y a perdu aussi complètement la pratique religieuse et la foi

« Courbé depuis sept ans, m'écrit-on*, sur les énigmes « de Nostradamus et leur sotte interprétation, il met « un acharnement [sans pareil à vouloir prouver, les

< quatrains de Nostradamus en main et avec les œuvres « de Vxnterprète infaillible, M. Torné, dont il se dit le

• disciple, que le Pape tombera dans Terreur, qu'il y

< est tonçibé déjà deux fois : en se faisant proclamer (infaillible dans un concile d'ostentation, qui sera

< réformé par un autre concile ; en insultant la sainte » Vierge et en faisant remonter son insulte jusqu'à « Notre-Seigneur, dans une définition erronée de

< l'Immaculée Conception, qui sera définie de nouveau.

< On publie aussi qu'en punition de ses fautes comme « Pape, Pie IX périra parle supplice de la croix. Toute

• l'Eglise a besoin de réforme; elle sera réformée; > avant dix ans, les prêtres se marieront. En attendant,

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