‹ Les prophéties modernes vengées, ou Défense de la concordance de toutes les prophétiesChapitre 47 sur 49 · Entre Bayonne et à Saint-Jean de Lux · texte numérisé non relu

Entre Bayonne et à Saint-Jean de Lux

Sera posé de mars le promontoire. *

'Aux haniz d' Aquillon Nanar hoBtera lux.

Puis suffoqué au lit sans adjutoire.

(Cfe»*. VIII,85.)

Entre Bayonne et Saint-Jean-de-Lux, sera Biarritz, impérial séjour de Mars (Napoléon III) bâti sur un promontoire.

Quand faibliront les aquilons, une prostituée (Nanar) lui ôtera la vie (Lux). II y aura suffocation au lit : elle Tétouffera dans son lit, sans qu'il puisse être secouru (sans adjutoire). A la nouvelle de cet événement, on accourra de toutes parts à Bayonne en criant : c'est la guerre civile {BichorOy en dialecte guipouscouan, dm-

Voici maintenant la peau nouvelle du quatrain : Entre Bayonne et Saint-Jean-de-Lux sera une maison de plaisir bâtie sur le promontoire par Mars (Napo-I léon III), oii, comme un débauché (Nanar), il se perdra la santé (bossera lux). Puis plus tard, tombé en syncope au lit, on ne pourra le tirer de cet état : il n'y aura pas de secours possible (sans adjutoire). En mourant, Napoléon verra passer devant son esprit tout ce qu'il a fait contre le pouvoir' temporel (nftont Adrien) par son traité de Yillafranca (ville franque), loup sous la peau d'un agneau (arnani, tholoser, mots grecs). Il verra! passer, comme ces bandes qui se pressent sur c le pont la planque », rois et peuples devant sa pensée, lui criant: vous êtes la dwision {Bichoro: en grec, frù, deux fois; chorosy assemblée, multitude).

Par Amani, Tholoser, Ville-Franque.

Bande infinie par le Mont Adrian, Passe rivière Hutin^ par pont la planque, Bayonne entrer tous Bichoro copiant.

iCent Vin, 86.)

Admirez le changement à vue : Nanqr^ qui était une ^mme^ est devenue un homme. Nanar (prostituée) ôtait ktie (lux)à Tempereur; maintenant c'est l'empereur lui-même (Nanar, débauché) qui s*6iel^ sauté (}\i\). Nanar l'étouffait au lit ; Ynaintenant Napoléon tombe en syncope au lit, des suites du chloroforme. Après le premier événement, une c bande infinie » de monde , m chair et en os, accoilrait à Bayonne, d'Espagne, des eaux et d'ailleurs, passant par «c pont la planque» ; aujourd'hui, tout se passe dans la pensée de l'empereur mourant ; ce sont des fantômeB qui passent devant son esprit en lui criant : Bichoro. Et cet intéressant Bichoro] après avoir été du guipouscouan, est devenu du grec, laugue plus savante, sans doute sur mes observations, mais c'est de mauvais grec, un barbarisme : ni était meilleur hébreu

Et l'on ne veut pas qu'on traite d'absurdes et de ridicules les écrits où pareilles sornettes sont sérieusement débitées I On s'indigne parce que le bon sens révolté crie tous les jours plus fort ; on trouve tout ce que l'on veut dans Nostradamus. Voilà bien une fois de plus la preuve que c'est M. Torné et consorts qui illuminent l'astrologue, qui mettent leurs idées là où il n'y a que des mots ; qui, en les tordant à droite ou à gauche, font passer par le& mêmes mots toutes sortes de pensées différentes et souvent contradictoires.

— Plus on lit les ouvrages de M. Torné, plus la vérité de cette affirmation , qu'on ne saurait trop répéter, devient évidente.

En appliquant à Nostradamus la méthode de concordance, M. Thorné a eu, pour son dessein, une heureuse

habileté. Cette concordance ne pouvait point s'étabi entre les idées,, puisqu'il n'y en a pas, mais seulemej entre les mots. Ed rapprochant les noms dés planèt des villes et des lieux, qui reviennent si souvent, nécessairement, sous la plume d'un astrologue qui fait d horoscopes généraux, en y joignant quelques anagra meà des personnages priiicipaux du xvie siècle, il a parvenir à mettre une apparence d'ordre dans le fouill des écrits de Nostradamus. Avec le procédé que voi connaissez et que j'ai décrit dans la Concordance^ il sans trop de peine accommodé au passé un bon nombi de quatrains, et composé deux volumes de Uhistoirepn dite et jugée. Les mêmes qualités que nous trouvons dan les Lettres du Grand Prophète brillent aussi là-dedan^ Il faut la bonne volonté d^in adepte pour reconnaîtid en ces malheureux quatrains tout ce qu'il y voit, o mieux, tout ce qu'il y met.

Parmi ceux qui restaient, M. Torné en avisa une cd taine quantité oii l'on pouvait faire entrer sans tro d'efforts l'avenir probable. Il n'était pas impossible, n même tr.ès-difficile, en 1859 et 60, de prévoir la suit des événements en Italie. Sans être prophète, et san Nostradamus, beaucoup l'avaient annoncée. Dans cet or dre d'idées, M. Torné numérota un bon nombre de ce quatrains par deux ou trois chiffres et plus, qui désij gnaieiït certains personnages. C'était adroit. On avai un moyen tout prêt pour se retourner : si les événements ne cadraient pas avec le chiffre de tel personnage il y avait chance qu'ils s'accommoderaient avec l'autre

Voici sa nomenclature: I: Révolution italienne II : Victor-Emmanuel II; III : Napoléon III ; IV : Nap

léon IV ; V : Henri V ; VI : Mac-Mahon ; VII : Mazzîni ; Tin : Prince Napoléon ; IX : Pie IX ; X : i®' successeur de Pie IX ; XI ; 2» successeur de Pie IX ; XII : Cialdini ; XÏII : Garibaldi ; XIV : la République française ; XV : TAntechrist ; XVI : la fin du monde ; XVII : le traducteur, M. Torné.

Les quatrains numérotés et autres furent rangés, en 4862, à la suite des quatrains déjà interprétés, sous cinq titres : 1» Mars le neveu (Napoléon III) ; 2^ le nouteauMars, sang du neveu (Napoléon IV) ; 3* VCEnobarbe nez de Milve (Henri V) ; 4® Pie IX, révolution italienne ; 5^ fin du monde. A la fin de Touvrage (Réédition de Nostradamus, 1862) il y a à la table cette indication : € Texte des 600quatrains interprétés du présent,du passé et de l'avenir, et placés dans Yordre chronologique page 86. • (!).

Mais voici où passe le petit bout de l'oreille : l'interprète prophétisé ne pouvait pas hinnainement prévoir en 1859 les grands faits de 1866et dés années suivantes: Sadowa, l'empire d'Allemagne, le rôle de Guillaume et de Bismatck. Aussi n'en est-il pas le moins du monde question. Quel triomphe pour Nostradamus si, dès 1862, Guillaume et Bismarck avaient eu des numéros d'ordre et des quatrains numérotés I Mais on ne voyait alors qlie Napoléon III, Pie IX et la révolution italienne. Aussi n'y a-t-il de numérotés que les personnages qui avaient un rôle saillant à l'époque. Et comme on ne pouvait pas, même avec Nostradamus, pronostiquer la longueur du règne de Pie IX, on» mettait la mort de i Napoléon 111 en 1862, et du quatrain de Biarritz, « tout l'avenir prédit devait se presser pour sortir à la fois et

les événements se disputer la parole prophétique ^ » Sans doute tout devait aussi se passer selon tordre chrc nologiqtie oii sont placés les quatrains dans la Réédition

Mais sont sortis de Tavenir les événements que l'oi n'attendait pas. II a bien fallu arranger Nostradamus i unenouveilesauceet être plus circonspect désormais. Le lettres du grand Prophète ont paru. Les quatrains nu mérotés, qui par un seul mot paraissaient pouvoir s-'ac commoderaux fajts passés, étaient étalés' et commenté! avec un luxe d'explications et de citations étonnant Puis , comme en passant , on glissait quelque autn quatrain, dont on présentait d'une manière assez obscure l'interprétation pour la suite des événements. S Je quatrain tombait à terre, on n'en soufflait mot. Ot indiquait >plus tard, à l'occasion, une interprétation « rectifiée ». Mais si la première explication, parlemoyei du procédé connu, se rapportait à peu près aux évé nements^ vile, dansune nouvelle lettre, on prônait l'in^ terprétation « confirmée i. On répétait et on répète avec une audacieuse insistance : c Par Nostradamus, nousavons dit cela, il yalO ans; ceci, depuis deux ans. trois ans, était imprimé i. Et, à partir delà, les interpré tations prétendues c confirmées » reviennent à chaque instant, comme parole d'Evangile, àTappui de nouveaux commentaires, le tout à la plus grande gloire djsNostradamus.

Entre temps, on suit la marche de la politique avec la plus minutieuse attention. Si un fait quelconque vient à se produire, n'importe où et n'importe par qui, e1

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