I>E LA GUERRE ET DE DIVERS GÉNÉRAUX
existé d'homme plus remarquable. S'il avait eu un bon historien qui lui eût consacré sa plume, nous connaîtrions de lui de bien beaux exploits.
Le dimanche après la fête de sainte Marguerite, ou voulu tfaire une levée de gens de guerre, sous prétexte de les envoyer retrouver le margrave à Ratisbonne, pour de là marcher contre les Turcs, mais on soupçonnait fort que c'était pour servir contre l’électeur de Saxe. Aussi beaucoup de gens ne voulurent pas se laisser inscrire et se retirèrent. Un d’eux vint trouver le docteur Luther et lui demanda ce qu’il avait à faire, et le docteur Luther lui répondit : « Vous êtes des gens de guerre soldés, et si vous combattez contre les Turcs, faites de votre mieux, et comportezvous vaillamment; mais si l’on veut vous faire combattre contre la parole de Dieu, alors arrêtez-vous, car vous ne devez agir eu rien contre votre conscience. »
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Les armes à feu sont des instruments cruels et condamnables, ainsi que le canon ; il jette à bas les murailles, il fait voler les gens en l’air. Je crois que c’est l’œuvre du diable en enfer, et que c’est lui qui l’a inventé. Contre les balles, il n’est vaillance ni courage qui serve ; l’on est mort sans avoir rien vu. Si Adam avait vu les instruments que fabriquent ses enfants, il serait mort de chagrin.
Maximilien et le roi de France, Louis, avaient ensemble fait un traité auquel ils désirèrent que le pape accédât. Et lorsqu’ils eurent conclu leurs conventions et que, pour les ratifier plus solennellement, ils se furent partagé entre eux trois une hostie consacrée, chacun en prenant sa part, le pape rompit l’alliance et se ligua avec les Vénitiens. Lorsque l’empereur l’apprit, il dit. « Nous sommes trois qui prétendons être les chefs de la chrétienté, et nous sommes les plus grands scélérats, sans foi ni loi, qu’il y ait sous le soleil ; non-sculeinent nous nous manquons réciproquement de parole, mais encore nous voulons tromper Dieu.n
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Le pape fui haUu à Rarennc par les Français le jour de Pâques, el, découragé, abattu, il envoya en secret le cardinal Matthias Lange, qui était alors évéquc de Salzbourg, vers l’empereur, et ils s’allièrent derechef contre les Français. I es Suisses enlevèrent aussi Milan aux Français. Il a été répandu bien du sang pour décider h qui passerait Milan , celte belle üancée dont la dot est de plus d’un million de florins de revenu par an ; c’est une ville fort riche et la clef de l’Italie ; le roi de France offrit à l’empereur Charles, s’il voulait lui en laisser la possession, de lui payer un tribut annuel ; l’empereur consentait seulement à ce que Milan fût cédé au second fils du roi de France, el pour la durée de sa vie uniquement. La guerre s’ensuivit. Lorsque les Français et les Allemands furent en présence, les premiers furent battus ; car l’Allemagne fournit les meilleurs el les plus , braves soldats ; ils se contentent de leur solde el protègent le peuple ; ils ne sont pas comme les Espagnols qui veulent être maîtres au logis, avoir les clefs de tout, qui fouillent dans tous les coffres el qui abusent des femmes et des filles. Aussi Antoine de Lève, l’un des plus grands généraux de l’empereur et qui était né en Espagne , lui conseillait bien , au moment de mourir, de ne rien négliger pour s’attacher ses soldats allemands et pour conserver leur amour el leur dévouement.
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Les papistes ne déposeront pas les armes qu’ils tournent contre la pauvre Allemagne. Je ne crois pas que nos descendants soient en paix. Que Dieu détourne sa colère de dessus nous, car la guerre est un des plus grands fléaux ; elle ébranle et détruit la religion; elle bouleverse les États et les familles. Il n’est rien qui ne lui soit préférable. La famine et la peste ne peuvent lui être comparées ; la peste est le moindre et le plus tolérable de ces fléaux. Aussi David, ayant le choix des trois, choisit-il la peste; il aima mieux tomber dans les mains de Dieu que dans celles de l’homme ; on y trouve plus de miséricorde.