DU PÉCHÉ ORIGINEL, DE LA JUSTIFICATION, ETC
Quoique le péché originel ait eu jK)ur résultat, afin de nous punir , qu’il y ait eu beaucoup de bêtes niécliantes et sauvages qui peuvent nuire à l'homme , tels que les lions , loups , ours , serpents , lézards , etc., Dieu a cependant étendu sur nous sa miséricorde. Car n’est-il pas vrai qu’il existe bien plus de moutons que de loups, beaucoup plus d’écrevisses que de scorpions, plus de poissons que de serpents, beaucoup plus de bœufs que de lions , beaucoup plus de vaches que d’ours, etc. ?j
3ÜS
L’Oraison dominicale est ma prière ; c’est celle que je répète ; J’y mêle de temps en temps quelque chose des psaumes, alin de demander à Dieu qu’il confonde et couvre de honte les faux docteurs et les ennemis de la foi. Je ne trouve aucune prière qui soit comparable à l’Oraison dominicale ; je la préfère à tous les psaumes L
Les ijapistes s’efforcent de soutenir leur détestable cause par de très-mauvais arguments qu’il est facile de réfuter ; c’est ainsi
' Telle était aussi l'opinion de Montaigne ; ><lc ne scay si ie me trompe, mais, puisque par une tgveur particulière de la bonté divine, certaine fïçon de prière nous a este prescrite et dictée par la bouche de Dieu, il m’a tousiours semblé que nous en debvions avoir l’usage plus ordinaire que nous n’avons. A toutes actions particulières ausquclles on a accoustumé de mcsier des prières ie vouldroy que ce feusl le l’atenoslre que les chrestlens y employassent, sinon seulement au moins tousiours. » (Essais, liv. I, ch. r.vi. )
Luther s’appliquait avec ferveur à l’oraison ; il écrivait, à l’époque de la diète d’Augsbourg ;«Je prierai et je pleurerai jusqu’ft ce que je sache que mes cris ont été entendus dans le ciel.» Citons encore le témoignage d’un de ses familiers, le docteur Vitus, qui s'exprime ainsi dans une lettre adressée à Mélanclhon ; « Il ne s’écoule pas un jour dont Luther ne passe en oraison au moins trois des heures les plus favorables à l’ctude. Il m’est arrivé une fois de l’entendre prier. Bon Dieu ! quelle spiritualité ! quelle foi dans ses paroles .' »
qu'ils diseul : « Tout acte du concupiscence est illicite; donc, etc. » Je réponds : « Le penchant d’un sexe vers l’autre dans l'état de mariage n’est pas un acte de concupiscence, mais une institution de Dieu, légitime et pure, quoiqu’elle suit empoisonnée par les conséquences du péché originel. »
Le fondement de la justification >, ce sont les promesses divines qui sont appliquées aux consciences par la foi. La foi n’est pas seulement une qualité, mais une connaissance des promesses de Dieu, accompagnée d’un véritable asscntimeut. Elle comprend la volonté de Dieu, et elle met en elle sa confiance, en mortifiant par l’Esprit saint les œuvres de la chair. Cette véritable foi ou confiance, les démons ne l'ont pas, parce qu’ils ne croient pas tous les articles de la foi.
Telle fut la foi d’ Abraham, que lorsqu’il ressuscitera au dernier Jour, il gour mandera notre incrédulité, disant : «J’ai à peine eu la centième partie des promesses qui vous furent faites, et ce- ])endant j’ai persévéré dans la foi. »
■ Empruntons ici à un écrivain distingué, à M. Nisard, quelques explications nécessaires sur un point de doctrine qui occupe une place éminente dans les écrits de Luther et dans les controverses au milieu desquelles s’écoula sa vie. La question de la Justification était l’une des plus considérables que la réforme eét soulevées. Être justifié , c’est-é-dire , quitter l’état injuste pour l’état juste ; d’impie, de païen, devenir enfant de Dieu ; d’exclu de ses divines promesses , y être i jamais participant ; quel plus grand intérêt, et od était-il de plus grande conséquence d’assurer les esprits, puisqu’il s’agissait pour eux de la vie ou de la mort éternelle ? Dans la doctrine catholique, on était justifié principalement par les bonnes oeuvres. La part de la foi se réduisait i la connaissance de la loi chrétienne. Luther changea tout cela. Saint Paul avait dit : «.Vous sommes justifiés par la seule foi », Luther ajouta : « Par la seule foi sans les œuvres. » Dans la doctrine catholique, la foi était implicitement dans les œu-
Digitieed by Coogle