‹ Les propos de table de M. LutherChapitre 59 sur 62 · DES I.IVRES DE I.I THER , S* MORT · texte numérisé non relu

DES I.IVRES DE I.I THER , S* MORT

Le docteur Luther dit un jour que l’Esprit saint était la certitude absolue dans le monde, nous donnant une telle assurance en la parole de Dieu , que nous croyons fermement et sans hésitation qu’il en est comme l’annonce la parole divine et non autrement. L'Esprit saint est seul capable de dire que Jésus-Christ est Dieu; il enseigne, prêche et déclare Jésus-Christ. L'Esprit saint va le premier et devant, dans ce qui concerne l’enseigne, ment; mais quant à ce qui regarde l’audition, la parole va la première, et l’Esprit saintlasuit. Car nous devons d'abord entendre la parole, et ensuite l’Esprit saint opère en nos cœurs. Il opère dans les cœurs de qui il veut et quand il lui plaît. L’Esprit saint n'opère pas sans la parole. Le Sauveur a prononcé la plus terrible des dénonciations contre ceux qui lui résisteront et qui pécheront contre lui '.

UKS MVRE!I DR I.UTHKR, SA MORT.

Rien ne comblerait davantage mes vœux que de savoir que les ouvrages sortis de ma plume sont destinés à être oubliés et rejetés do tout le monde, et même que leur sort est de périr complètement *. La principale raison qui me détermine à penser

' Il serait déplacé de rechercher ici quel est ce péché contre le Saint- Esprit au sujet duquel on a tellement discuté et qui parait purement intellectuel. Voir une dissertation du bénédictin allemand Martin Gerberl , imprimée en I76T i De peceaio in Spiritum sanctum in hae et in altéra vita irremissibitl.

* Les vœux du grand réformateur ont été loin de s’accomplir; les nombreux écrits de Luther ne cessent de se réimprimer en Allemagne; son Catéchisme et sa traduction de la Bible y sont sans cesse reproduits sous toutes les formes; en ce moment Cdécembre is43) il vient do paraître le tome !•' du commentaire latin sur l'BpItre aux Galatea (Erlangen, euravit Dr. ). C. Irmischer), et le S3< volume d’une réimpreMion aHemande des œuvres {Samnitliche uierke), ln-8«, publiée également i Erlangen, tous la direction du même éditeur. Un chanoine de Ratisbonne, Westemuyer, vient de donner un écrit sur Luther et le célibat catholique ; Bretsehneider a fait paraître le tome XI, in-4», de son Corpu» Heformatorum ; il est consacré à Mélanchtoii ; E. von Brunnow a terminé trois volumes sur l'Irich de Hullen ; Baum cl Herzog ont choisi, l'un Théodore de Béze «I

ainsi, c’osi que je vois quelles suites fâcheuses résullenl depuis longtemps de la trop grande mulliplicilc des livres. On a entassé, sans discernement, de grandes bibliothèques, et d’abord il s’en est suivi une honteuse i)crte d’un trésor bien précieux, le temps; ensuite l’étude des saintes Ecritures a été abandonnée, et de plus, ce qu’on ne peut énoncer sans répandre des larmes, la connaissance pure et sincère de la parole divine a été presque entièrement anéantie, et la Bible, qui devrait être jour et nuit dans les mains de tous les fidèles, gisait complètement oubliée et couverte de poussière. Lorsque j’entrepris de traduire la Bible en allemand, c’était dans l’espoir et la pensée qu’il s'ensuivrait la cessation de cette habitude d’écrire sans cesse des livres nouveaux. Je comptais aussi que l’étude et la méditation des livres saints feraient de rapides progrès parmi les personnes pieuses, .lamais nous ne pourrons égaler, dans nos écrits, les livres saints qui ont été inspirés de Dieu. Il nous faut laisser â la place d’hon neur les prophètes et les ainitres, et nous tenir humblement à leurs pieds, afin d'écouter ce qu’ils disent et ce qu’ils enseignent, ■le désire vivement que ceux qui voudront posséder mes livres et .s’en servir durant l’éiwque orageuse oit nous nous trouvons, n’j consacrent aucun instant qu’ils auraient employé à l’étude, et à la lecture de l’Écriture sainte ; voilà ce qui doit être leur occupation continuelle.

L’an 154», le 16 février, le docteur Lutber, étant à Eisleben, dit : « Lorsque je retournerai à Wittemberg, je serai mis dans un cercueil et je donnerai aux vers un gros Luther à manger. » — Et c’est ce qui arriva, car, deux jours a près, il mourut à Eisle-

l’autre Calvin pour sujets de leurs recherches ; enfin trois nouvelles Vies de Luther, sorties de la plume de Genthe (Leipzig, in-S»), de Mathesius (Stuttgart, in-8«), de Meuzer (Dresde, in-8<>), sont venues s'ajouter à des biographies déji innombrables. Tant d'écrits enfantés dans l’espace de quelques mois démontrent combien l'étude des premiers moments de la réforme continue de préoccuper les esprits de l’autre cOté du Rhin. Nous ne parlons pas des nombreux romans historiques dont Luther est le héros,il vient d’en paraître un tout récemment é Grimma, en 3 vol. in-i3. En français, M. Darginet en avait donné un autre (i83i, 3 vol. in-8<>).

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