PROPRIÉTÉS DES MÉTAUX COLLOÏDAUX
Quel que soit leur mode d'obtention les métaux colloïdaux présentent des propriétés physiologiques identiques.
a) Toxicité. — Leur toxicité serait faible lorsqu'il s’agit de colloïdes à petits grains et isotoniques, ainsi l'électrargol n'est toxique qu'à raison de 4 milligrammes par kilogramme d'animal, ce qui donne pour un homme en moyenne 28 centigr. ou 700 ec., dose bien au-dessus de celles que l’on peut être appelé à injecter. Leur toxicité augmente avec les dimensions des granules, enfin il y a lieu de tenir compte de l’action toxique
propre au métal lui-même et qui varie avec chacun.
b) Absorption et élimination. — Les colloïdes sont absorbés régulièrement. L'état colloïdal serait détruit aussitôt la solution dans les tissus où dans le sang par intervention des colloïdes de l'organisme. Il se produit une floculation des granules et le métal se retrouve dans les divers tissus et surtout à l’intérieur des leucocytes qui ont phagocvté ses parcelles. WErIGO à constaté que les globules blancs ainsi chargés s’acheminent vers le foie et les reins, le métal est éliminé de là par des cellules glandulaires et on le retrouve au bout de 48 heures environ dans la bile et les urines ; cette élimination dure
plusieurs jours.
c) Action sur la température. -— Les injections souscutanées et intra-musculaires amènent une faible élévation de température, les injections intra-veineuses
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sont suivies d'une élévation de température de 1-à 2 degrés, accompagnée de frissons, céphalée, vertiges, nausées ; ces phénomènes sont d'autant plus marqués qu’il s'agit de colloïdes à gros grains. Au bout de 4 à 10 heures une chute brusque ramène Ja température à la normale.
d) Action sur la circulation. — Avec de fortes doses on obtient une élévation de la pression maxima et un abaissement de la pression minima. Tous les colloïdes. de Bredig élèveraient la tension capillaire de 1 à 2 cen-
timètres de mercure, pendant 24 ou 48 heures.
e) Action sur le sang. — Si la solution est isotonique l'action hémolytique est très faible, c'est à peine si les globules rouges tendent à diminuer. Par contre, l’injec-. tion est suivie d’une leucolyse portant sur les polynucléaires neutrophyles et accessoirement sur les Ilymphocytes ; cette leucolyse correspond à la migration des leucocytes vers le foïe et le rein. Elle fait place au bout de 24 heures à une leucocytose, les globules blancs dépassant le taux initial, cette leucocytose réactionnellequi dure plusieurs jours est d’abord polynucléaire, puis. mononucléaire et neutrophyle. Elle fournit à l’organisme des phagocytes plus jeunes et plus nombreux et renforce ainsi la lutte anti-infectieuse, il faut ajoutercependant que sur un organisme trop épuisé cette réaction peut faire totalement défaut. On a dit également, qu'elle ne constitue pas une propriété spéciale des colloïdes et qu'elle se produirait chaque fois que l’on injecte dans la circulation une substance étrangère : qui-nine, atropine, digitaline, ou un sérum spécifique.