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Parmi les substances minérales les sels d'argent ont été seuls utilisés, parce que bien que toxiques ils exercent, à doses faibles, une action sur la pullulation d’un grand nombre de micro-organismes. |
Quelle est la valeur réciproque de ces divers antiseptiques ?
Le Benzonaphtol, à peu près complètement insoluble, se décompose dans l'intestin en naphtol et en acide benzoïque, il est peu toxique et n'exérce pas une influence appréciable sur le chimisme stomacal. Il a été longtemps un des médicaments les plus employés pour la désinfection intestinale. D'après les recherches de divers auteurs il diminuerait la flore microbienne intestinale, dans une proportion de 55 %, à l’état normal.
Le benzonaphtol ne paraît pas exercer toujours une action désinfectante aussi complète que l’on veut bien le croire. Son dédoublement en naphtol et en acide benzoïque constitue certainement pour la muqueuse intestinale une cause d'irritation et l’on est tenu à une certaine prudence, malgré tout, dans l'emploi de ce médicament.
Le Salicylate de bismuth a été utilisé dans la fièvre typhoïde par VuzpraU et HAYEM pour désinfecter les selles et agir sur les résidus organiques, il produit de la constipation et n’est vraiment indiqué que lorsque la diarrhée est très abondante.
I1 se dédouble à son passage dans l’estomac en acide salicylique et oxyde de bismuth.
Le Naphtol « à été utilisé également dans la fièvre
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typhoïde par J. Teissier, 1 gr. 20 par jour en cachets de 0 gr. 40.
Le Naphtol &8 a été préconisé dans la dysenterie chronique des pays chauds par Laveran. Le naphtol est susceptible de produire des effets toxiques, bien que son peu de solubilité lui soit un obstacle en s’opposant à son absorption. Il est toujours mal toléré par l'estomac.
Le Salol a été employé dans le traitement du choléra. Sa toxicité est mal connue. On a cité des cas de mort avec 8 gr., 3 gr. et 1 gr. et des accidents avec 0 gr. 60 ; on l’administre cependant à raison de 10 gr. par jour par dose de 0 gr. 25 à 0 gr. 50.
Il se dédouble dans l'intestin en acide salicylique et phénol qui sont tous deux absorbés, ce dédoublement est favorisé par l’alcalinité du milieu.
L’Acide lactique mélangé à la gélatine en faible proportion empêche le développement du bacille de la diarrhée verte infantile.
Normalement cet acide se trouve en petite quantité dans l'estomac, il peut s’y développer en fortes proportions sous l'influence de certaines fermentations.
Selon LESAGE, l'acide lactique est indiqué dans la diarrhée verte qui survient chez l'enfant de plus de deux mois, diarrhée où la coloration verte est bien due au pigment sécrété par le bacille. Avant le deuxième mois l’enfant peut présenter une diarrhée verte biliaire, diarrhée d'élimination du pigment biliaire et des sels biliaires, reconnaissables. par l'acide azotique, si l’on ajoute à la selle une goutte où deux d'acide azotique, elle devient rose, violacée, puis bleuâtre, la coloration est due à la
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bilirubine. Il n'y a pas lieu d'agir contre cette diarrhée si l'enfant ne perd pas de poids.
Deux autres formes de diarrhée, assez fréquentes chez l'enfant de moins de deux mois, ne relèveraient pas de l'acide lactique, d'après LESAGE.
La première s'accompagne d'ictère, les selles peu abondantes sont alcalines, la guérison est fréquente. La seconde ne s'accompagne pas d'ictère, les selles sont acides, l’adynamie marquée. La guérison est rare.
Ces deux dernières formes de diarrhée verte avec infection ne relèveraient pas de l'acide lactique, n'étant pas dues au même agent que la diarrhée verte épidémique qui survient après deux mois.
L’acide lactique a été employé dans l’entéro-colite mais là il est d’une efficacité douteuse, de meilleurs résultats ont été obtenus dans les diarrhées des typhiques à la période de déclin et dans la diarrhée des tuberculeux.
Ferments lactiques. — L'acide lactique qui se forme normalement dans le tube digestif est dû à la fermentation du sucre de lait, de raisin, de canne, et de l'amidon, cette fermentation est due à certains bacilles, l'introduction de ces levures en produisant dans le tube digestif une quantité d’acide lactique supérieure à la normale peut contribuer dans une certaine mesure à l’antisepsie du milieu.
C'est ainsi que METGHNIKOFF pensa obtenir ce résultat par l'emploi du kéfir, produit de fermentation du lait, obtenu artificiellement chez nous, mais qui dans certaines régions, et par suite de conditions climatériques spe-
ciales, v est un produit naturel. Les agents de cette fer-: mentation, bacillus caucasicus et saccharomyces kefir, : qui se retrouvent vivants dans le kéfir, sont les nu actifs de la fermentation lactique. à
A côté du kéfir d’autres bacilles lactiques ont pû être: cultivés et administrés avec leur milieu de culture, de façon à favoriser leur multiplication dans les voies di-: gestives. Les ferments lactiques furent aussi utilisés, desséchés et incorporés à des pastilles.
Les résultats obtenus par cette médication furent inférieurs à ce que l’on en attendait, les quantités d'acide lactique qui se développent de cette façon sont souvent insuffisantes, car les ferments sont détruits, en partie, à leur passage dans l'estomac par le suc gastrique, en outre, même introduits avec leur milieu de culture ces ferments ne trouvent pas toujours dans l'intestin des conditions favorables pour se multiplier et c'est là l'écueil de la méthode.
Les Sels d’argent. —— Parmi les substances minérales, les sels d'argent ont été, avons-nous dit, à peu près les seuls utilisés. Nous rappelons à ce sujet l'emploi que TROUSSEAU à fait du nitrate d'argent dans l’antisepsie intestinale, Nous avons indiqué dans notre étude physiologique les inconvénients du nitrate d'argent employé par la voie buccale. C’est pour remédier à ces inconvénients que M. À. LüMIÈRE s'est attaché à la recherche d'un composé argentique qui, doué de propriétés microbicides aussi actives que celles du nitrate d'argent en tant qu'antiseptique intestinal, serait en même temps plus facilement toléré par l'organisme.
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L'argentothioglycérine sulfonate. de sodium (cryptargol) répond à ces indications et satisfait aux conditions énoncées par BoucHarp. Très difficilement assimilable, cette préparation peut cheminer longuement dans l'intestin et exercer une action prolongée.
Etant très soluble elle pénètrera le contenu intestinal et exercera également sur toute la surface de la muqueuse son-action microbicide.
Son absence de propriétés caustiques et sa faible toxicité (plus de 1 gr. par kilogramme d’individu), met le malade à l'abri de tout accident.
Chez un adulte pesant 60 kilogrammes, la dose toxique serait de 60 grammes, la dose thérapeutique, très suffisante, est de 0 gr. 60 par jour (4 pilules de 0 gr. 15).
Chez un enfant de 3 kilogrammes, la dose toxique serait de 3 grammes, la dose thérapeutique est de 0 gr. 40 (4 cuillers à café de sirop titré à 0 gr. 10 par cuiller à café).
Son équivalent toxique est donc fort éloigné de son équivalent thérapeutique.
Nous rappelons que ce composé exerce une action pratiqüement négligeable sur le chimisme intestinal : ne précipitant pas les matières albuminoïdes qui constituent la partie active du suc pancréatique, il n’entrave pas cette digestion. Son pouvoir antiseptique est plus marqué que celui du benzonaphtol, nous avons exposé, lors de l’étude de ses propriétés antiseptiques, l’expérience pratiquée sur le chien à ce sujet : l’ensemencement pratiqué avec les matières fécales d’un chien qui à pris pendant dix jours un gramme de benzonaphtol par jour donne sur boîte de Petri plusieurs centaines de co-
‘e LR lonies en 48 heures, l’ensemencement pratiqué avec les matières fécales d’un autre chien qui à absorbé pendant quatre jours un gramme de cryptargol par jour ne donne sur boîte de Petri qu’une seule colonie microbienne au bout des 48 heures.
Ce produit est donc nettement supérieur au benzonaphtol, parce que plus antiseptique, et aussi parce que, n'étant pas absorbé, ses propriétés s’exercent d’une façon continue.
L'action antiseptique du cryptargol sur les milieux de culture est déjà manifeste autour de 1/5.000+ à 1/10.000®. A la dose de 4/5.000° il supprime le développement du bacterium coli, dans des milieux appropriés, même résultat pour l'Ebert à la dose de 1/10.000°. Le cryptargol peut donc être ajouté à la liste des substances, peu nombreuses, qui exercent un pouvoir empêchant sur les cultures du bacille typhique et des espèces voisines.
Son pouvoir bactéricide est efficace dans les infections intestinales dont l’agent reste localisé dans l'intestin, telles que les diarrhées infantiles, les infections à colibacille, celles dues à une stase intestinale.
En ce qui concerne d’autres affections, la fièvre typhoïde, par exemple, où l'agent infectieux passe rapidement dans le sang, il est évident que l'antiseptique ne pourra être efficace qu’à condition d'être mis en œuvre avant la période septicémique.
POSOLOGIE ET MODE D'ADMINISTRATION. — Chez l'adulte le cryptargol est administré sous forme de pilules dosées à 15 centigrammes de cryptargol par pilule, à raison de # pilules par jour (adultes). On donnera 2 pi-
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lules au début des principaux repas, si le malade n'est pas soumis à la diète.
Chez l'enfant, pour lequel la forme pilulaire n'est pas applicable, on administre le cryptargol sous forme de sirop, titré à 10 centigrammes de cryptargol par cuillerée à café.
On donne 8 ou 4 cuillerées à café par jour de sirop et par dose une cuillerée mélangée à quatre ou cinq fois son volume d’infusion ou de lait.
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Les expériences cliniques poursuivies dans le service de M. ie Professeur WEILx, à la Charité de Lyon, et relatées ci-après nous permettent de considérer le cryptargol comme le médicament de choix lorsque le médscin voudra réaliser une antisepsie rapide et sûre du tube digestif.
Dans tous les cas où nous l'avons vu employer il à donné des résultats remarquables, son action s’est toujours manifestée dans un délai variant de deux à trois jours. ;
Nous avons dit que nous faisions des réserves en cé qui concerne Ise septicémies, le médicament ne peut agir dans ces cas qu'à la période où l’agent est encore localisé à l’intestin, c’est le cas de la typhoïde ; il rendra cependant d’utiles services à la période terminale, en agissant vis-à-vis d'infections secondaires qui prolongent parfois l'affection et qui sont favorisés par l’état de la muqueuse intestinale après la première atteinte.
L'antisepsie intestinale nous paraît être l'indication
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principale de ce médicament ; pour les raisons que nous avons exposées il laisse derrière lui tous les autres antiseptiques intestinaux employés jusqu'ici ; les antiseptiques organiques n'ont pas donné de résultats aussi constants.