‹ Les Propriétés Antiseptiques des Composés Argentiques en Général et de L'Argentothiglycéérine Sulfonate de Sodium Cryptargol en ParticulierChapitre 57 sur 64 · TRAITEMENT DES AFFECTIONS OCULAIRES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES AFFECTIONS OCULAIRES

Les composés de l'argent ont été utilisés dans un grand nombre d’affections de la cornée et de la conjonctive. Le nitrate d'argent fut le premier employé, dans la conjonctivite blennorrhagique et comme agent prophylactique de l’ophtalmie purulente des nouveau-nés, selon la méthode de CréDé. L'emploi du nitrate d'argent dans les Maternités a fait baisser de 11 % à 0,50 % le nombre des ophtalmies, maïs il n’est pas toujours sans danger surtout au titre de 1/50° indiqué par CRÉDÉ. A côté de l’argyrose qu'il provoque assez souvent il détermine un catarrhe oculaire, véritable conjonctivite chimique déterminée par la destruction des tissus ; des ulcérations de la cornée peuvent même se produire, surtout si, dans le doute, le médecin continue les instillations.

M. le Docteur JAGQUEAU cite cinq cas de perte de la vision partielle ou totale, par l'emploi du nitrate d'argent, deux de ces cas lui furent signalés par des confrères, les trois autres furent relevés par lui.

Ges accidents sont fort heureusement rares lorsque le nitrate d'argent est manié avec une solution à 4 % et lorsque son application est suivie d'une neutralisation à l’eau salée comme on le fait soigneusement dans les Maternités.

I semble cependant inutile de courir actuellement les risques d’un catarrhe argentique alors que d’autres médicaments ont pu être utilisés avec autant de suceès que le nitrate d'argent et sans offrir les mêmes dangers. Le

Collargol, l'argyrol, le protargol ont été bien souvent Substitués de la sorte au Crédé. Le protargol est, de l'avis du Docteur JAGQUEAU, celui qui offrirait les meilleures garanties.

C’est encore à lui que l’on a pu avoir recours dans les cas d’ophtalmies confirmées, alors que dans ces mêmes cas l’argyrol s’est montré manifestement insuffisant.

Dans les autres affections de la conjonctive les sels d'argent utilisés jusqu'ici ont à leur actif quelques succès, mais la plupart restent passibles de critiques importantes, l’argentamine exerce une action caustique assez marquée, le collargol est peu actif, on a reproché à l’argyrol d’avoir déterminé de l’argyrose au cours de traitements prolongés. Le nitrate d'argent, étant donné ses inconvénients, n’est à utiliser qu'en dernier ressort, semble-t-il, et dans les cas tout à fait rebelles. Le protargol a donné jusqu'ici les effets les plus satisfaisants, mais ses solutions facilement altérables sont d’un emploi mal commode.

En ce qui concerne le cryptargol, que nous n'avons pu, à notre grand regret, étudier dans le traitement des conjonctivites d’une façon suffisante, nous ne pouvons fournir actuellement que des indications d'ordre général. M. le Docteur JACQUEAU, qui s’en est servi dans quelques cas, s'en est montré satisfait, aussi bien au point de vue des résultats thérapeutiques qu'il a oblenus dans ces cas que de sa parfaite innocuité.

Employé à la clinique obstétricale de la Charité de Lyon, à la place du Crédé, pendant près de deux mois, il a donné également pleine satisfaction.

: POSOLOGIE.

MODE D'ADMINISTRATION. — En ophtalmologie le cryptargol sera appliqué sous forme d’un collyre isotonique aux larmes, conformément aux indications résultant des travaux de M. A. LUMIÈRE, ceux-ci ont révélé que les modifications que subissent les tissus. au contact de liquides d’une tonicité supérieure ou inférieure à la leur est elle-même un facteur de causticité.

En ce qui concerne l'œil, on évitera cet inconvénient avec une solution présentant la tonicité de la sécrétion lacrymale, 44 %, et contenant du cryptargol à raison de 5 % ou de 1 %. Ces deux collyres sont également dépourvus d’action caustique.

Pour la prophylaxie de l’ophtalmie du nouveau-né et dans les conjonctivites graves, comme traitement d’atlaque, on utilisera le collyre à 5 %, dès que l’amélioration le permettra, si le traitement doit se prolonger on prendra ensuite le collyre plus faible à 1 %, employé d'emblée dans le traitement des conjonctivites banales.

OBSBERVATIONS

Observations dues à l'obligeance de M. le Docteur JACQUEAU,.

ancien chef de clinique ophtalmologique.

OBSERVATION XXXIIT

..M.. André, 18 ans. Se présente à la consultation le 23 octo-= bre 1923, atteint de conjonctivite et episclérite de l'œil gauche datant de quelques jours.

On pratique une instillation de collyre au eryptargol à 4 %, le malade a continué les instillations lui-même, une instillation quotidienne jusqu’à guérison. Bonne tolérance du collyre.

Page 1