‹ Les prosateurs Français, recueil de morceaux choisisChapitre 104 sur 326 · A U. LE PRINCE DE LIGNE · texte numérisé non relu

A U. LE PRINCE DE LIGNE

A Fomcy, le 43 de décembre 477S.

Un très-vieux hibou, près de mourir dans une masure, entre le mont Jura et les Grandes- Alpes» est extrêmement sensible aux bontés que lui témoi* gne un aigle autrichien. L'esprit qui règne dans la lettre de Bruxelles, du 25 de novembre, ranimerait le pauvre hibou, si quelque chose pouvait le ranimer* Il se souviendra, jusque dans ses derniers momentSi d'avoir voyagé autrefois , malgré ses ailes pesantes, vers les domaines de cet aigle charmant qui ne faisait alors que de naître , et qui depuis l'a honoré , de temps en temps, d*un souvenir qui lui est bien précieux. Ce bel aigle a vu, en dernier lieu, la nouvelle méuagerie de FonUiiueUeau^ et les nouveaux oiseaux

DIX-HUrnÈME SIÈCLE. )5&

brillants qui décorent cette belle volière. Il jage parfaitement de leurs différents ramages. C'est à lui d'établir, par son exemple , une jolie volière à Bruxelles. Il ne faut souvent qu'un seul homme pour faire régner le bon goût dans le pays qu'il habite ; l'émulation gagne de proche en proche. Il en est des choses de l'esprit comme des coiffures des femmes ; il i9ufQt, dans tout pays , d'une belle dame pour mettre une nouvelle coiffure à la mode :de même, c'est assez d'un homme supérieur par son rang et par son esprit , pour mettre à la mode les beaux-arts et le bon goût C'est ce que fait l'aigle dont je parle, l'aigle que je remercie, et dont je suis, avec un profond respect, le très-humble et trèsobéissant serviteur.

Le vieux hibou Y.

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