LE CHIEN
Le chien , fidèle à l'homme , conservera toujours une portion de l'empire, un degré de supériorité
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sur les autres animaux ; il leur commande , il règne lui-même à la tête d'un troupeau , il s'y fait mieux entendre que la voix du berger ; la sûreté , l'ordre et la discipline sont le fruit de sa vigilance et de son activité; c'est un peuple qui lui est soumis, qu'il conduit, qu'il protège, et contre lequel il n'emploie jamais la force que pour y maintenir la paix. Mais c'est surtout à la guerre, c'est contre les animaux ennemis ou indépendants qu'éclate son courage, et que son intelligence se déploie tout entière. Les talents naturels se réunissent ici aux qualités acquises. Dès que le bruit des armes se fait entendre, dès que le son du cor ou la voix du chasseur a donné le signal d'une guerre prochaine » brûlant d'une ardeur nouvelle, le chien marque sa joie par les plus vifs transports; il annonce par ses mouvements et par ses cris l'impatience de combattre et le désir de vaincre; marchant ensuite en silence, il cherche ^ reconnaître le pays, à découvrir, à surprendre l'ennemi dans son fort; il recherche ses traces, il les suit pas à pas, et par des accents différents indique le temps, la distance « l'espèce, et même l'âge de celui qu'il poursuit.
Le, chien, indépendamment de la beauté de sa forme, de la vivacité, de la force, de la légèreté, a par excellence toutes les qualités intérieures qui peuvent lui attirer les regards de l'homme. Un naturel ardent, colère, mémo féroce et sanguinaire, rend le chien sauvage redouuUe à tous les animaux , et
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cèd0 , d^QS le duen domestique , aux seotimeuts lei plu4 doux, au plaisir de s'attacher et au désir de plaire; il vieut ou rampant mettre aux pieds de sou maître son courage, sa force, ses talents; il attend ses ordres pour en faire usage; il le consulte, il Tinterroge, il le supplie; un coup d'ceil suiBt, il en^ tend les signes de sa volonté : sans avoir, comme rbomine, la lumière de la pensée , il a toute la chaleur du sentiment* il a de plus que lui la fidélité, la constance dans ses affections; nulle ambition, nul intérêt, nul désir de vengeance, nulle crainte que celle de dépUdre ; il est tout 2;èle, tout ardeur et tout obéissance; plus sensible au souvenir des bienfaits qu*i celui des outrages , il ne se rebute pas par les mauvais traitements; il les subit, les oublie, ou ne s*en souvient que pour s'attacher davantage; loin de s'irriter ou de fuir, il s'expose de lui-même à de nouvelles épreuves; il lèche cette main» iqstrument de douleur, qui vient de le frapper; il ue lui oppose que la plainte , et la désarme enfin par la patience et la soumission.