‹ Les prosateurs Français, recueil de morceaux choisisChapitre 128 sur 326 · LES DÉSERTS DE L' ARABIE PÉTRÉE · texte numérisé non relu

LES DÉSERTS DE L' ARABIE PÉTRÉE

Qu^on se figure uo pays sans verdure et sans eau, un soleil brûlant, un ciel toujours sec, des plaints sablonneuses, des montagnes encore plus arides, sur lesquelles l'œil s'étend et le regard se perd, sans pouvoir s'arrêter sur aucun objet vivant; une terre n)orte , et pour ainsi dire écorchée par les vents, laquelle ne présente que des ossements, des cailloux jonchés, des rochers debout ou renversés; un désert entièrement découvert où le voyageur n'a jamais^ respiré sous l'ombrage , où rien ne l'accompagne , rien ne lui rappelle la nature vivante : solitude absolue, mille fgisplus affreuse que celle des forêts; car les arbres sont encore des êtres pour l'hommq qui se voit seul plus isolé , plus dénué , plus perdu dans ces lieux vides et sans bornes : il voit partout l'espace comme son tombeau ; la lumière du jour, plus triste que l'ombre de la nuit, ne renaît que pour éclairer sa nudité, son impuissance, et pour lui présenter l'horreur de sa situation, en reculant li ses yeux les barrières du vide , en étendant autour de lui l'abîme de l'immensité qui le sépare de la terre habitée; immensité qu'il tenterait en vain de parcourir : car la faim, la soif et la chaleur brûlante pressent tous les instants qui lui restent entre le désespoir et la mort {Histoire du chameau,)

ï)IX.HUITtÈ»fE SIÈCLE. 314

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