DIVINITÉ DU CHRISTIANISME
t>ROUVÉE PATI SON TRIOMPHE SUR l'iMPIÉTÊ.
L'irréligion a tout pour elle , le christianisme a tout contre lui. L'univers est attentif pour savoir de quel côté restera la victoire. Les choses envisagées humainement, à l'époque dont nous parlons, rien n'est faible comme le christianisme ; rien n'est fort comme sa rivale et son ennemie. Si la fausse philo-
sopilie triomphe, je ne verrais là rien de très-étonnant: elle a pour elle la force, la volupté, Tamour de rindépendance, en un mot, tout ce qui flatte le cœur de Thomme. Que si, au contraire, c'est la religion qui triomphe malgré sa faiblesse. Je serais tenté de la croire animée de je ne sais quelle vertu intérieure et toute divine. Tout ce qui la soutenait a disparu. On pouvait croire que le trône appuyait Tautol : le trône est brisé. On pouvait penser que les richesses lui donnaient ce crédit, cette considération qu'elles donnent toujours aut yeux du vulgaire et aux yeux des sages : hé bien I le sanctuaire est entièrement dépouillé, et ses ministres n'ont en partage que la plus complète indigence. On pouvait dire que ces dehors pompeux qui entouraient le culte, ce tespcct extérieur qu'on portait au sacerdoce, lui donnaient beaucoup d'empire sur l'esprit des peuples : hé bien I tout cela n'est plus, toute puissance d'opinion est détruite; les prêtres sont incarcérés, massacrés, avilis, traînés dans la boue; les autels sont renversés, les temples ne s'ouvrent qu'aux délibérations bruyantes et qu'aux dissolutions d'un peuple effréné ; des animaux immondes, sous les vêtements des pontifes , sont promenés sut* les places publiques ; les coupes sacrées servent à de profanes usages, et, suf ces autels que la foi envirMiné de chérubins éblouis» on fait monter de viles pfostituées. Le philosophisme n'a plus de plaintes k faire : toutes les forces du pouvoir, tous les moyens de triomphe sont t;n sa faveur^
S'il est vainqueur, ce ne sera qu'après avoir essuyé de longs et pénibles combats; il ne pourra pas dire : je suis venu, j'ai vu, j^ai vaincu; mais enfin il aura vaincu ; il pourra s'applaudir, chanter son triomphe, et s'asseoir fièrement sur la croix renversée. Mais si le christianisme sort victorieux de cette lutte terrible, chrétiens, réjouissons-nous de professer une reUgion si merveilleuse. £t vous, qui auriez le malheur de ne pas l'être, examinez du moins d'où vient à la religion cette force secrète qpi la rend supérieure à tout depuis dix-huit siècles , à la paix comme à la guerre, aux échafauds comiïie aux triomphes, à l'orgueil comme aux hun)iliations« à la pauvreté comme à l'opulence, à la nqit du moyen âge comme au grand jour des siècle^ de I^éon \ et de Louis XIV, aux rafl^ncments et aux sophisme^du xviii^ siècle comme aux attaques sanglantes 4e la révolution. Alors peut-être vous confesserez avec; nous sa céleste origine; vous fere« dériver sa force d'en haut , et « comme nous , vous rendrez gloire \i son auteur, qui , suivant l'expresfsioQ d'un écriv«|||| sacré, était hier, et a^jourc|*bui, et çera 4ans les siècles des siècles.
{Péroraison d'un discours sur ia révih
iutiûn française,)
L'£XISTENC£ de DIEU
PROUVtE PAR l'ordre ET LES BEAUTÉS 1>E LA NATURE.
Qu'il est grand, qu'il est beau, le spectacle que présente la nature ! et qui de nous peut rester indifférent à cet ensemble de merveilles dont elle ne cesse de frapper nos regards ? Même parmi les athées , en est-il un seul qui n'en soit quelquefois profondément ému , et qui , dans ces moments où les passions sont plus calmes, où la raison semble briller d'une lumière plus pure, ne soit effrayé de ses propres systèmes, et , par un sentiment plus fort que tous les sophismes, ne soit , comme malgré lui , rappelé à l'Être souverain , qu'il n'est pas plus en notre pouvoir de bannir de la pensée que de cet univers ? Nous bornant à parler ici de ces choses qui , pour être senties , ne demandent ni science, ni pénibles efforts, et qui malheureusement nous frappent d'autant moins qu'elles nous sont plus familières, quel enchaînement de phénomènes merveilleux, si propres à nous élever jusqu'à la Divinité, n'offre pas le monde planétaire auquel nous appartenons ! ces globes lumineux qui, depuis tant de siècles, roulent majestueusement dans l'espace , sans jamais s'écarter de leur orbite, ni se choquer dans leurs révolutions ; ce soleil suspendu à la voûte céleste, comme une lampe de feu, qui vivifie toute la nature, et se trouve placé à la distance convenable pour éclairer, échauffer la terre, sans
DIX-NEUVIÈME SIÈCLE. 5:î3
Tembraser de ses ardeurs ; cet astre qui préside à la nuit avec ses douces clartés, ses phases, son cours inconstant et pourtant régulier, dont le génie de l*homme a su tirer tant d*avantages ; cette terre si féconde, sur laquelle on voit se perpétuer par des lois constantes une multitude d'êtres vivants, avec cette admirable proportion des deux sexes, de morts et de naissances, qui fait qu'elle n'est jamais déserte ni surchargée d'habitants; ces mers immenses, avec leurs agitations périodiques et si mystérieuses ; ces éléments qui se mélangent, se modifient, se combinent de manière à suffire aux besoins, à la vie de cette multitude prodigieuse d'êtres qui sont si variés dans leur structure et leur grandeur; enfin ce cours si réglé des saisons qui reproduit sans cesse la terre sous des formes nouvelles; qui, après le repos de l'hiver, la présente successivement embellie de toutes les fleurs du printemps , enrichie des moissons de l'été, couronnée des fruits de l'automne, et fait ainsi rouler l'année dans un cercle de scènes variées sans confusion, et semblables sans monotonie; tout cela ne forme-t-il pas un concert, un ensemble de parties, dont vous ne pouvez détacher une seule sans rompre l'harmonie universelle ! et, de là, comment ne pas remonter au principe, auteur et conservateur de cette admirable unité, à l'esprit immortel qui , embrassant tout dans sa vaste prévoyance, fait tout marcher à ses fins avec autant de force que de sagesse ? (Conférences.)