‹ Les prosateurs Français, recueil de morceaux choisisChapitre 295 sur 326 · PREMIÈRE CAMPAGNE DE BONAPARTE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE CAMPAGNE DE BONAPARTE

Quand ou considère l'ensemble, l'imagination est saisie par la multitude des batailles, la fécondité des conceptions et l'immensité des résultats. Entré en Italie avec trente et quelques mille hommes, Bonaparte sépare d'abord les Piémontais des Autrichiens à Montenotte et à Millesimo , achève de détruire les premiers à Mondovi , puis court après les seconds ,

Ml PlOSATCmS nANÇUS.

|Hnp dkTMt en le P6 à Pbîmice, l*AdUa à Lodi, 8*raiptre de b Lombirdie , t'y arrêld m instant, se remet bientdC en marche, troore les Autrichiens renforcés snr le !tfincîo, et achève de les détruire à h bataifle de Borghetto. U, fl saisit d'un coup d*CBtt le plan de ses opérations futures : c'est snr TAdige qu'il doit s'établir, pour faire front aux Autrichiens; quant aux princes qui sont sur ses derrières, il se contentera de les contenir par des négociations et des menaces. On lui envoie une seoonde armée sous Wurmser ; il ne peut la battre qu'en se concentrant rapidement et en frappant altematiTement chacune de ses masses isolées ; en homme résolu , il sacriûe le blocus de Mantoue, écrase Wurmser à Lonato, à Castiglione, et le rejette dans le T^rol; Wurmser est renforcé de nouveau , comme l'avait été Beaulieu ; Bonaparte le prévient dans le Tyrol, remonte TAdlge, culbute tout devant lui à Roveredo, se jette à travers la vallée de la Brcnta , coupe Wurmser, qui croyait lo couper lui-môme , le terrasse à Bassano , et renferme dans Manlouo. C*cst la seconde armée autrichienne détruite après avoir été renforcée.

Bonaparte, toujours négociant, menaçant des bords de i*Adige , attend la troisième armée. Elle est formidable ; elle arrive avant qu'il ait reçu des renforts; il est forcé de céder devant elle ; il est réduit au désespoir ; il va succomber, lorsqu'il trouve, au milieu d'un marais impraticable, deux lignes débouchant dans les flancs de Tonnemi, et s*y jette avec une in-

croyable andace* Il est vainquear encore à Arcolei Mais rennemi est arrêté et n'est p9B détrait ; il revient une d«mière ibis, et plus puissant que les pre^ mières. D*une part, il descend des montagnes i de Fautre» il longe le Bas-Adige. Bonaparte découvre le seul point où les colonnes autrichiennes ^ circulant dans un pays montagneux , peuvent se réunir^ s'élance sur le célèbre plateau de Rivoli, et, de ce pla^ tean, foudroie la principale armée d*Alvinzi; puis^ reprenant son vol vers le fias-Adige« enveloppe tout entière la colonne qui Tavait franchi» Sa dernière opération est la plus belle, car ici le bonheur est uni au génie. Ainsi, en dix mois, outre Tarrnée pié* montalse > trdls armées formidables , trois fois ren-* forcéëS} ataient été détruites par une armée qui, forte de trente et quelques mille hommes, n*en avait gttèr« reçu que Vingt pour réparer ses pertes» Ainsi , cin-» qnante^inq mlUe Français avaient battu plusde deui cent mille Antrichiens, en avaient pris plus de quatre^ Iringt mille, tué oti blessé plus de vingt miUe; ih avaient livré douze batailles rangées, plus de soixante combats-, et passé plusieurs fleuves en bravant l^s flots et les feux ennemis.

{Htêtùire de ta RéVoiuHon française,)

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