BONAPARTE AU PONT D'ARCOLE
Il était de la dernière importance de franchir Aréole sur-le-champ, afin d'arriver à temps sur les derrières d'Aivinzi , et d'obtenir un triomphe convplet : le sort de l'Halle en dépendait Bonapaite n'hésite pas, il s'élance au galop, arrive près du pont, se jette à bas de cheval, s'approche des soldats qui s'étaient tapis sur le bord de la digue, leur demande s'ils sont encore les vainqueurs de Lodi , les ranime par ses paroles, et, saisissant un drapeau, leur cric : 0 Suivez votre général I » A sa voix, un certain nombre de soldats remontent sur la chaussée et le suivent ; malheureusement, le mouvement ne peut pas se communiquer à toute la colonne , dont le reste demeure derrière la digue. Bonaparte s'avance, le drapeau à la main , au milieu d'une grêle de balles et de mitraille. Tous ses généraux l'entourent Lannes, blessé déjà de deux coups de feu dans la journée, est
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atteint d'un troisième. Le jeune Muiron , aide-decamp du général, veut le couvrir de sr n corps , et tombe mort à ses pieds. Cependant la colonne est près de franchir le pont , lorsqu'une dernière décharge Tarrête et la rejette en arrière. La queue abandonne la tête. Alors les soldats restés auprès du général le saisissent, remportent au milieu du feu et de la fumée , et veulent le faire remonter à cheval. Une colonne autrichienne, qui débouche sur eux, les pousse dans le marais. Bonaparte y tombe , et y enfonce jusqu'au milieu du corps. Aussitôt les soldats s'aperçoivent de son danger : « En avant ! •> s'écrient-ils , pour sauver le général. Ils courent à la suite de Belliard et de Yignollcs, pour le délivrer. On l'arrache du milieu de la fange , on le remet à cheval, et il revient à Ronco.
{Histoire de ta Révolution française.)