‹ Les prosateurs Français, recueil de morceaux choisisChapitre 37 sur 326 · MAXIMES DIVERSES · texte numérisé non relu

MAXIMES DIVERSES

L'amour-propre est le plus grand de tous les flatteurs.

La philosophie triomphe aisément des maux passés et dos maux à venir; mas les maux présents triomphent d'elle.

Il but de {dus grandes verlas ix)ur soutenir la bonne fortune que la mauvaise.

Si nous n'civions pi)int de défauts , nous n'aurions pas tant de plaisir à en remarquer dans les autres.

Ceux qui s'appliquent trop aux petites choses de- Yiennent ordinairement incapables des grandes.

Le caprice de notre humeur est encore plus bizarre que celui de la fortune.

Pour s'établir dans le monde, on fait tout ce qu'on peut pour y paraître établi.

Le bonheur et le malheur des hommes ne dépendent pas moins de leur humeur que de la fortune.

Le silence est le paiti le plus sûr pour celui qui se défie de soi-même.

Il est plus honteux de se défier de ses amis que d'en être trompé.

Tout le monde se plaint de sa mémoire , et personne ne se plaint de son jugement,

Les grands noms abaissent au lieu d'élever ceux qui ne les savent pas soutenir.

Chacun dit du bien de son cœur, et personne n'en ose dire de son esprit

On ne donne rien si libéralement que ses conseils.

L'usage ordinaire de la finesse est la marque d'un petit esprit, et il arrive presque toujours (pie celui qui s'en sert pour se couvrir en un endroit, se découvre en un autre.

et PROSATEURS FRANÇAIS.

Le vrai moyen d*être trompé , c'est de se croire plus fin que les autres.

On parle peu quand la vanilé ne fait pas parler.

L'hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu.

Peu de gens sont assez sages pour préférer le blâme qui leur est utile à la louange qui les trahit.

La flatterie est une fausse monnaie qui n'a de cours que par notre vanité.

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