‹ Les prosateurs Français, recueil de morceaux choisisChapitre 65 sur 326 · DE PLUTON · texte numérisé non relu

DE PLUTON

Au pied du trône était la Mort pâle et dévorante, avec sa faux tranchante , qu'elle aiguisait sans cesse. Autour d'elle volaient les noirs Soucis , les cruelles Défiances, les Vengeances toutes dégouttantes de sang et couvertes de plaies, les Haines injustes; l'Avarice , qui se ronge elle-même ; le Désespoir, qui se déchire de ses propres mains; l'Ambition forcenée, qui renverse tout; la Trahison, qui veut se. repaître de satig , et qui ne peut jouir des maux qu'elle a faits; l'Envie, qui verse son venin mortel autour d'elle, et qui se tourne en rage dans l'impuissance où elle est de nuire ; l'Impiété, qui se creuse elle-même un abime sans fond , où elle se précipite sans espérance ; les spectres hideux , les fantômes

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qui représentent les morts pour épouvanter les vivants ; les songes affreux , les insomnies aussi cruelles que les tristes songes : toutes ces images funestes environnaient le lier Pluton , et remplissaient le palais où il habite. {Téiémaque, Liv. XVII.)

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