ACHÈTE, ON VEND, ON A, ON OBTIENT A BON MARCHE
Celte espèce de substanLif composé ban marché est un complément indirect des verbes acheter, vendre, avoir, obtenir; il doit comme tel êlre régime (181 d'une préposition, et celte l préposition est à, qu'iUaiW, exçT\«iet.
i.EVEZ-voLS GRAND matin. Dîtes :■
N «ATIN, LEVEZ-VOUS DE CH*Î1D «ATIN.
„ sans la pi'éposilion de : Vous venez bien matin ! t! bien malin 1 c'est que bien est une autre espèoa de mot : c'est ud adverbe qui, modiliaut matin, fait de ce mot aussi un adverbe, eL que bien matin siguifle bien matinalement, tandis que bon et i/rand étant des adjectirs, matin reste uécessairemont substantif et, par conséquent, régime (18) d'une préposition, qu'il faut exprimer.
Sois SAGE ET JE t'achëteiiai UN E BONNE. Dites : Sois sage ET JE t'achèterai us GATEAU.
Une bonne, comme on l'a déjà ait, ne signilie jamais autre chose qu'une gouvernante d'enfant.
Aujourd'hui il est dans SES BONNES. Dites : Aujoltid'bci IL EST DANS SES BONS MOMENTS, dans SES MOIHENTS DE BONNE HUMEUR.
Dans ses bonnes T\' a pas de &ens en français, d'aprës la signilication déjà indiquée du substantif 6onne.
Il bouge la table. Il BOUGE les doigts. Dites : Il REMUE LA TABLE. [L REMUE les doigts.
Bouger signirie se mouvoir de l'endroil où l'on est. Il est iolransitif (-5) et ne saurait avoir par conséquent un complément direct : Si tu bauyes de là, malheur à toi! Ne baage pas ifict, etc.
Deux ou trois BOUH.S suffisent pour faire cette tisane. Dites : Deux ou trois BOUILLONS suffisent, etc.
Bouil n'est pas français. C'est toujours bouillons qu'il faut dire, qu'il s'agisse des petites ondes qui se forment â la surface d'un liquide lorsqu'il boul, ou de l'eau qu'on a fait bouillir quelque temps avec de In viande.
IL est DOUKGEOIS, il vit BOURGEOIS, ii,
s'est retiré des affaires. Dites : Maintenant il est REN- TIER, IL VIT DE SES RENTES, IL s'est retiré des AFFAmES.
Bourgeois ne signifie pas qui vit de ses rentes, sans exercer aucune profession. Tous les citoyens d'une ville en sont ce qu'on appelle les bourgeois. On se sert aussi du mot bourgeois par opposition à ceux de militaire, d'ecclésiastique et de noble. Dans divers métiers, les ouvriers appellent bourgeois le matlre pour lequel ils travaillent.
Le bouton d'une roue. Dites : Le MOYEU d'une rode.
C'est ainsi qu'on appelle le milieu d'une roue, cette partie où sont emboîtés les rais ou rayons et dans le creux de laquelle entre l'essieu. Les roues des charettes ont aujourd'hui le moyeu aussi court que eelui des roues de voiture.
Morue en BRANLADE. Dites : En BRANDADE, comme en provençal, à la seule différence de la voyelle finale qui est en français un e muet.
C'est sous ce terme seulement de brandade que ce mets provençal est connu à Paris, et que le désignent l'Académie et tous les lexicographes qui en font mention.
Une BRASIÈRE de cuivre, une BRASIÈRE de fonte, etc. Dites : Un BRASIER de cuivre, un BRASIER de fonte, etc.
Le môme mot qui désigne un feu de braise ou de charbons ardents, sert aussi à désigner cette espèce de réchaud où on le met pour chauffer une chambre.
Brasière n'est français dans aucun sens.
Il fait un brave froid. C'est un BRAVE enfant. Dites : Il fait bien froid, il fait un GRAND froid, etc. C'est un SA jE enfant, c'est un GENTIL enfant.
Brave ne signifie jamais autre chose que vaillant : C/est un brave capitaine; ou honnête, qui a de la probité : Cest un brave homme.
Vous ALLEZ BRÉCHER ce coiteau, ce rasoir, etc. Dites : ËBRÉCHER ce couteau, ce rasoir, etc.
Bien qu'on dise une brèche, on n'appelle pas brécher l'action de la faire. Brécher n'est pas français.
BREVET, BREVETER. Écrivez et prononcez BREVET, BREVETER, avec le premier e rouet à brevet et les deux premiers à breveter.
Le BRIGNON est une espèce de pèche dont la chair est ferme et la peau lisse. Dites : Le BRUGNON.
Brignon' n'est pas français.
Il écrit tout sans faire de BROUILIARD. Dites : Sans FAIRE DE BROUILLON.
Brouillard ne se dit qu'en termes de commerce, d'un livre cil Ton inscrit les affaires à mesure qu'elles se font.
Cet ARBRE EST VENU d'une BROUTURE, Dites : D'une BOUTURE.
Bouture vient de l'ancien verbe bouter, qui signifiait mettre. La bouture est en effet la partie d'un arbre ou d'une plante qu'il faut mettre en terre pour obtenir un nouvel individu de la même espèce. Brouture n'est pas un mot français.
BRUXELLES, AUXERRE, AUXONNE, SOIXANTE et leurs dérivés (19), se prononcent BRUSSELLE , AUSSERRE , AUSSONNE, SOLSSANTE, etc.
Ajoutez a ces mots ceux que nous avons donnés à l'article Aix, et vous aurez tous les mots oii Vx ne sonne simplement que comme une s sifflante.
Au MOYEN d'un BUJÉ, d'une CHAMBRE j'EN AI FAIT DEUX.
Dites: Au moyen D'UNE CLOLSON DE BRIQUES, d'une
CHAMBRE; etc.
Bujé, avec celle orlhographe, n'esl pas français ; el, si on récrit ainsi : btidjet, avec un ^ à la fin, qui rend Ve ouvert, c'est un mot anglais admis en français pour signifier un état annuel de dépenses et de receltes.
Gela ne peut remplir le BUT que vous vous proposez. Dites : Cela nb peut remplir UOBJET que vous vous proposez.
Un but ne saurait être rempli ; on Tatteint, on y vise.
" Otem-e ci
Ocelle CACAPHONIE ! Dites : Quelle CACOPHONIE ;
écrit avec ud o au lieu d'un a à la deuxîôme syilabe.
Ce mot vient du grec kakos, mauvais, et de phôné, sou, voix.
Il met ses épargnes dans lue CACHEM AILLE. Dites i Dans une TIRELIRE.
Cachemaille n'est pas français, quoique composé de deux mots qui le sont et qui expriment 1res bien ta chose, l^aille était une petite monnaie au-dessous du denier.
DONSEZ-MOl UN CACHET POUR FERMER MA LETTRE. Dites :
DoKNEz-MOi UN PAIN A CACHETER pour, etc.
Un cachet est un petit sceau qu'on applique sur de la cire OU quelque autre matière, pour fermer une lettre ou uni paquet, el y mettre ainsi une marque distiactive. Celte marque elle-même s'appelle aussi un cachet : Briser le cachet.
Jouer AUX CACHETTES. On dit en français : Jouer A CACHE-CACHE, joCeh A CLIGNE -MUSETTE, jouer A LA CLIGNE-MUSETTE.
Cachette ne se dit que d'une petite cache : Il avait fait une cachette oit l'on a trouvé son argent.
Fermez-le au moyen u'un CADENAL. Dites : Fermez-le. AC MOYEN d'un CADESAS.
Un grand nombre de mots provençaux terminés en aouy ayant leurs correspondants français en al, comme : fanaou, fanal, l'analogie fait supposer cette terminaison a cadenas, comme ayant pour correspondant provençal cadenaou ; mais l'analogie entre deux langues est souvent trompeuse, il ne faut jamais s'y fier.
Le cahotement de la voiture m'incommode. Dites : Li CAHOTAGE de la voiture.
Cahotement n'est pas français.
La caisse était portée par des amis du défunt. Dites : La BIËRE était portée, etc.
Quoique la bière soit une espèce de caisse, c'est toujours par son nom particulier de bière qu'on la désigne en français.
Il me fera mettre a la CAISSE par tous les chagrins qu'il me donne. Dites : Il me fera MOURIR. Il causera MA MORT PAR TOUS, etc.
Caisse est encoi e pris ici dans le sens de bière, et nous venons de dire que caisse dans ce sens n'est pas français.
J'ai ôté aujourd'hui MES CALEÇONS et j'ai mis MES PANTALONS d'été. Dites : J'ai ôté aujourd'hui MON CALE- ÇON et j'ai mis mon pantalon d'été.
Caleçon, culotte et pantalon, n'étant point de ces substantifs comme ciseaux, lunettes, etc., auxquels l'usage n'assigne que le nombre pluriel, c'est toujours le singulier qu'il faut employer quand il ne s'agit que d'un seul de ces objets.
Il faut CALFATRER portes et fenêtres pour empêcher LE vent d'entrer. Ditcs : Il faut CALFEUTRER portes et fenêtres, etc.
Calfatrer n'est pas français et ne doit pas être confondu avec calfater, qui est un terme de marine, exprimant l'action des calfals qui garnissent d'étoupe et de goudron les fentes d'un navire pour empêcher l'eau d'y entrer.
Elle fait une CALOTTE pour son enfant. Dites : Elle fait un BÉGULN pour son enfant.
L2l calotte n'est point une coiffe d'enfant; c'est un petit bonnet qui ne couvre ordinairement que le haut de la tête et qui n'est en usage que parmi les gens d'église.
.LE LCI A DONNÉ UNE DON^E CALOTTE. Elt.e CALOTTEfl
Torjoms SES enfant.s. Dites : Elle lui a donmé vse bonhe 1 TAPE. Elle TAl'OTE toujours ses enfants, '
Calotte, dans !a sens de tape, n'est pas français, et catotter i ne l'est dans auoun sens.
Il Y A UNE TACHE DE CAMBtJIS A VOTRE aANTEAU. Dites : II, ,
Y A UNE TACHE DE CAMBOUIS, fllC. '
Cambuis n'est pas français.
Ce chien canard va bien a l'eau, il rappoute bien. Dites ; Ce chten BARBET, ou aimpleinont ce barbet et ceris BARBETTE, si c'est une feinelJo, va bien a l'eau.
Canard îi'eat pas français dans ce sens. \
Nous FAISONS SÉCHER NOS RAISINS SUR DES CÂMSSES. Dites :
s™ DES CLAIES DE CANNES. )
CanUse n'est pas français. i
CASOIV DE PLUME, CANOIS DE CHEMINÉE, CANON DE FON- TAINE, CANON DE «RUCHE, ete. Dites : TUYAU de plume, .
TUÏAU DE CHEMINÉE, TUYAU BE FONTAINE Gl GOULOT DE I
Sauf quelques termes techniques, canon ne se dit que d'une pièce d'artillerie, de la partie d'une arme à feu où l'on mel la poudre et le plomb, et, par analogie, du corps do quelques instruments métalliques : Le canon d'âne seringue, le canon | d'une chf. Canon signifie aussi règle, décret, etc.
Il possède plusieurs CAPITAUX : Use maison a telle rue,
UNE TERRE A TEI- QUARTIER, OtC. DîtCS : II, POSSÈDE PLUSIEURS '
IMMEUBLES : Une maison a telle rue, une terre a, etc. '
Les capitaux ne sont jamais que des sommes d'nrgent : Il a touché tes intérêts, mais on lui dotl encore te capilat. \
Elle est demeurée CAPOTE, elle a été bien CAPOTE. Dites : Elle est demeurée CAPOT, elle a été bien CAPOT.
CajMi est un adjoclir des deux genres. Qne ee i horome ou une femme, c'est toujoars rapot qu'il faut dire.
Il avait uiE SON CAPUÇON. Dites ; II. AVAtr mis son CAPC- CHON.
Capuçon n'est pas français, quoique parraiLement analo^ àcapuce etâ capucin qui te sont; mais l'aDalogie usl souvest sacrinêe aux caprices de l'usage.
Umb CARAHELI.E, bhe T-ADI.ETTE BE CARAMELLE. Dites: Un caramel, une tablette de CARAMEL.
Cesul)stan[if est masculin. Lf caramel est bon pour le rhiuM,
Elle déposa sur le pnoNT de so:< fils une douce CA- RESSE. Dites: Lu doux BAISEK.
Caresse on s'emploie guère qu'au pluriel et n'indique absi>lumentque des témoignages d'alTeclion : On iui a fait pendant longlempa bien des caresses, tans obtenir de lui ce que l'on désirait.
Mettez ces estampes uans us CARTAtîLE. Dites : Dass dn PORTEFEUILLE.
Cartable n'est paa fran(;ais; grand ou petit c'est toujours portereuille qu'il Tant dire.
Si par cas il n'était pas chez lui, demandez l'heltie 00 L'on peut le trouver. Dites ; Si par HASABO 11. n'était pas ' CHEZ LUI, AU CAS qu'il se fut pas chez lui, etc.
L'expression par cas n'est française que si elle est suivie ! de l'adjectir fortuit; mais alors elle exprime une idée d'inn I prévu beaucoup plus forte : Si par cas fortuit, ij'csl-à-diro [ dans le cas toul-à-fail imprévu que. . .
J'ai un CASEAU de coton, un CASEAU de laine. Dites; Un gilet tricoté de coton, un GILET TRICOTÉ de làisb. Caseau n'est pas fram.'ais.
ipATAPLAME, LANCOUTE. Écrivez et prononcez CATA- ] lSME, langouste, en faisnnt seolir Vs.
V Cette letti'u se prononce toujours quand elle est ainsi placée PCDlre une voyelle et une consonne, excepté dans les deux s propres Daguesclin el Aisne, rivière.
Nous A*ûNS FAIT hk causette. Dites : Nous avons UN PEU CAUSÉ.
Causette n'est pas français.
Quelle HEURE EST-CE ? C'est deux heures. C'est nuit. C'est jour. C'est vrai qde je ne l'avais pas vu. C'est sur qu'elle SB LE SAIT PAS, Btc., etc. Dites : Quelle hedre est-
IL? IL EST DEUX HEURES. IL EST NUIT. IL EST JODB. IL EST VRAI QUE JE NE L' A VAIS PAS VU. IL EST SUR QU'ELLE NE LE SAIT
PAS, etc.
Dans toutes ces locutions, le verbe Ûtre, employé comme impersonnel (17), doit ôti'e nécessairement précédé du pronom il, et lo démonslMtif ce ne saurait le remplacer.
C'EST UNE AFFECIIOÎI CÉLÉBRAI-E. Un nehf CËLÉBRAL S3T UALADE. IL A UNE FIÈVRE CÉLËBRALE. Dîtes : L'NE AFFECTION CÉIIÉBRALE. Us NEUF CÉRÉBRAL. Une fièvre CÉRÉBRALE (du latin cerebrum, cervelle).
Célébrai, céléhrale n'est pas français.