‹ Les provençalismes, corrigés, ou, Corrections raisonnées des fautes de langage et de prononciationChapitre 13 sur 73 · CELUI FAIT PAR UN TEL. CELLE RACONTÉE PAR UNE TELLE · texte numérisé non relu

CELUI FAIT PAR UN TEL. CELLE RACONTÉE PAR UNE TELLE

CEUX FAISANT de telles actions. Dites -■ CELUI qui a été

FAIT PAR UN TEL, OU CELUI QU'UN TEL A FAIT. CELLE QUI A ÉTÉ RACONTÉE PAR UNE TELLE, OU CELLE QU'uNE TELLE A RA- CONTÉE. CEUX QUI FONT DE TELLES ACTIONS.

Celui, celle, et leur pluriel ceux, celtes, exigent toujours après eux un des conjonctifs gui, que ou dont,

CELUI-LA ME PLAIT. Prenez CELUI-LA.

Prononcez comme c'est écrit et non comme le Tonl bien des gens : SUILA me plaît. Prenez SUILA.

Il ne vient plus me voir que de CENT EN QUATRE. Dites: Que TIŒS RAREMENT, que de LOIN A LOIN, ou que de LOIN EN LOIN.

Cette dernière expression est plus usitée que la précédente. De cent en quatre ne signifie rien en français.

J^AiME beaucoup LES CERSIFITS. Voilà de beaux GERSl- FITS. Dites : J'aime beaucoup les SALSIFITS. Voila de beaux SALSIFITS.

Cersifd n'est pas français, qu'il soit écrit par un c ou par

une s : sersifit.

CET HOMME, CET ENFANT, ctc. PronoHcez : CE thommb,

CE TENFANT. et UOU CE THOMME. CE TENFANT.

Bien que le t^ ajouté au démonstratif ce, soit purement euphonique (27), il n'en rend pas moins ouvert Ve muet qui précède, quoi qu'il ne soit là que pour être lié au mol suivant.

CIIÂIRCUÏIER, CIIAIRCUTIÈRE. Dites : CHARCUTIER, CHARCUTIÈRE.

Chaircutier est une contraction de chaircuUier, qu'on disait autrefois comme dérivé des deux mots chair cuite.

Il FAUT METTRE QUELQUES CHALOTES DANS CS RAGOOT.

Dites : quelques ÉCHALOTES.

Chalote n'est pas français.

CHANGEZ-VOUS, ne restez pas ainsi mouillé. CHANGEZ VOS SOULIERS, VOS BAS. Ditcs : CHANGEZ DE vêtements,

ne restez pas ainsi MOUILLÉ. CIIAN(iEZ DE SOULIERS, DE

BAS, etc.

Se changer, c'est faire de soi un autre être : Protée se chan- (jeait en flamme, en serpent, en lion, etc. Changer ses ôcw, ses souliers, c'est les donner pour en avoir d'autres : Ces bas^ ces souliers ne me conviennent pas, allez les chanqer.

Ces livres me coutest cinq puascs CRAQUE. Dites : Cinq FRANCS CQACUS.

Chaque est un adjculif qui ne s'emjtloie jamais sans âim suivi dâ son sutistantir : Cha'iue livre me coûte oinq francs.

Mettez ce chardon dans la ClfARBONMÈRE. Dites : Mettez ce charbon dans le CHARBONNIER.

Une charbonmére c'est une femme qui vend ou qui fait du. \ charbon, ou bien c'est, dans une forât, un lieu où l'on fait du ' charbon : Il y a une charbonnière dans telle forêt.

Il a acheté un CHARRETON qu'il feka traInbr pau son ' ANE. Dites : Il a acheté une PETITE CHARRETTE ou'n,

Charreion n'est pas français, pas plus que fromageo», petit , fromage, el autres diminutifs de cetto désinence. La langu& \ françiiise a peu de diminutifs, et nous croyons qu'on peut dire qu'elle n'en a point qui soil terminé en on.

C'est un CHAUREUR, c'est une CHARREUSE ; il aime, ELLE AIME A CIIARRER. Dites : C'est m BABILLARD, c'est UNE BAGILLARDE, C'EST UN PARLEUR, vue. PARLEUSE, \ss CAUSEUR, UNE CAUSEUSE, IL aime, elle aiue a BA- BILLER, A PARLER, A CAUSER.

Charreur, charreuse, ni charrer ne sont français.

AcHETKn AU CHATAIGNIER, QUI est au coin de la nus, J UNE LIVRE DE MARRONS RÔTIS. Dites : Achetés au ROTIS- f SEUR DE MARRONS, qui est a.u COIN de la hue, une litre |

DE «AURONS fidTIS.

Le ckataignifr c'est l'arbre qui produit les châtaignes les marrons.

Il est SESSiiiLE AUX MOINDRES CHATOUILLES. Na i FAITES PAS DE CHATOUILLES. Dites : Il est sensiblr au \ MOINDRE CHA'rOUILLEMENT. Ne le CHATOUILLEZ p

Chatouille, comme substantif, n'est pas français.

On CLOCIIE, j'estenos CLOCHER , ouviiez. Dilea ; On f SONNE. J'ESTEMUS SONNER, ol-vrez.

Clocher, c'est boiter d'un cûW : Cet enfant duché, il a une jambi plus courte que l'aulTe.

Cet homue est bien COCHON, cette femme est bien CO- CHONNE. Dites : Cet homme est bien MALPROPRE, cette FBUUE EST BIEN MALPROPRE ; ou bien, par métapliore (20) :

CST UOHMS EST UN COCHON, CETTE FEMME EST tlN Vfijli COCHON,

c'esL-à-dire qu'ils sont sales comme un uoctiun ; ainsi qu'oa dit : Cet homme est un agneau, cette femme est un agneau, ' pour Eignirier-DouTi, douce comme un agneau.

Cochan, comme adjectif, n'est pas français, et cochonnepar conséquent qui serait lo féminin do ce prétendu adjectif, encore moins.

DoNNEi^-HOi UNE COCONIÉRE pour manger mon œuF A n COQUE. Dites : Donnez-moi un COQUETIER.

Coconiére vient de cocon el signifie le lieu oîi l'on Élève les Tera-à-soie qui font les cocons, le lieu que l'on appelle plus ordinairemeut magnanerie.

Que vous ètks COLÉREUX ! Dites; Que vous êtes CO- LÈRE ! Mon Dieu, que cette femme est COLERE ! que cet HOMME EST COLÈRE !

Coléreuic n'est pas français.

Il COMMANDE TOUT LE monde. Dites: Il COMMANDE A ■

TOUT I.E MONnE. Ic SE PERMET DE DONNER DES ORDRES A TOUT LE MONDE.

On ne commande pas quelqu'un, on commando quelque chose à quelqu'un. i

COMME QU"iL EN sotT vous ayez eu tobt d'ï consentir. , Dites: DE QUELQUE MANIÈRE qu'il en soit, QUOIQU'IL

EK SOIT VOUS AVEZ EU TORT d'ï CONSENTIR.

Comme que n'est pas une expression française.

— ÔO —

U. KST Bf.TR rjDMMK TOUT. Dites : Il est TOUT-A-FAIT

bP.tr, If. FST Bf:TR A MANGEK du FOIN.

Comrtip. tout nu pas de sens. On ne peut pas dire que toat

«iOit. hr.Ut.

Ckt enf ant commence a compter, il saura biezitôt uee. I)iU;H : Cet e>fa.nt commence a ÉPELER.

ComfUrr n'a jamais cette si^j^nification.

cdmmodement, conformement, confusement, exphi:ssi:ment, impunément, obscurément, profondement, (îtc. Écrivez et prononcez : COMMODÉ- MENT, CONFORMÉMENT, CONFUSÉMENT, EXPRESSÉ- MENT, IMPUNÉMENT, jiîtc., avec nn é fermé, comme si ces a(lv(;rl)i;s étaient formés crun adjeci if terminé pai* un é fermé.

E\iMii|il(; : Awhnent, do Tadjectif aisé; assurément, de Fadje(;tif assuré; inodt'rnnen' , de l'adjectif modéré, etc.

M. \.v. CiniK EST A EA CONFESSE; il sout de la CON- FESSE. Dit.'s: M. i.E CriiÉ est AU CONFESSIONNAL; il SOUT Ï)U CONFESSIONNAL.

Confrsso sij^nilio Taction de se confesser, et il ne s'emploie jamais (|ui; d'une manière indéterminée après l'une des deux pr<''pnsilions à ou de : Aller à confesse, être à confesse, venir (le ron fesse.

Ck CoNFISSEUR va CONFIR des abricots. Dites : Ce CONFISEUR va CONFÏUE des abricots.

Confir u'i'st pas fran(;ais ; mais s'il l'était, ce serait alors réelltMuent confisseur qu'il faudrait dire. Les verbes en ir |)r(Minrnt deux*' au participe actif et au mot qui en dérive: Btitù-f bdlissantf .bdtisseur ; tandis que les verbes en ire n'en prennent ([u'une : Dire, disant, diseur, sauf maudire qui, par exception, en [>rend deux : maudissant.

Vous ME CONFUSIONNEZ. Dites : Vous me RENDEZ

' COJNFUS. Je SUIS CONFUS de \05 bontés. Vos uostés me RENDENT CONFUS.

Confusionnei- n'ust pas fraDçais.

Son pêRë y bst CONSENT. Kous y sommes tous CON- SENTS. Dites : Son père y est CONSENTAM; nous y sommes TODs CONSENTANTS ; ou mieux, car cette espression a plus usitée qu'en terme de pratique, de procëduro devant tes tribunaux ; Son pèhe y CO^SENT, nous y CONSENTONS J

TOCS.

Consiml, consente, n'est pas français.

C'est us objet CONSÉQUENT, c'est une perte CONSÉ- QUENTE, etc. Dites : C'est un objet IMPORTANT, un objet DE CONSÉQUENCE, une peute CONSIDÉRABLE.

Conséquent, conséquente (du latin conaequena suivant) sigûiliequt suit, qui résulte nécessairement do : C'est i sofoiement conséquent, c'est-à-dire un raisonnement dont toutes les parties suivent, résulteot nécessairement les unes des autres : Cest un homme conséquent dans ses discours, dans sa conduite, c'est-à-dire un homme qui, dans ses paroles, dans ses actions, suit un seul et même principe^ dout il ue s'écai'te jamais.

On doit FiinE une CONSULTE. Dites : Une CONSULTA- > TION. I

Consulte n'est pas français. C'est toujours consultation qu'il faut dire : Consultation d'avocats, oonsultalion de médecins, etc.

Le jour vous vient CONTRE. Dites : Vous êtes placé A CONTRE JOUR.

Contre, étant uno préposition, doit avoir nécessairement un eoraplémenl ; Contre moi, contre toi, etc.

NELECONTREDITESi-AS.DiLes: Ne LE CONTREDISEZ PAS.

Il n*y a que dire et redire qui fassent, à Timpératif et sh présent de l'indicaiif, dites au lieu de dittez, qui serait la forme régulière. Maudire présente une autre irrégniariié ; il forme son participe actif et les temps qui en dérivent comme s'il était terminé en tr, c'esi^-à-dire avec deux s : Maudissant, maudissons, etc.

C'EST UNE CONTREVENTION aux règlements. Dîtes : Vm CONTRAVENTION aux règle meiits.

Contrevention n'est pas français, bien que contrevenir le soit. On conserve à la préposition qui entre dans la composition de ce mot, sa terminaison latine a. qui est francisée dans le verbe contrevenir ; et ce n'est pas la seule anomalie que nous rencontrions dans nos mots dérivés du latin : D*amare, amabilis, amabilitas, nous avons fait aimer, aimable, et puis amabilité au lieu d'aimabilité, que commandait Fanalogie.

Donnez-lui un CONTREVER. Dites : Donnez-^ui on RE- MÈDE CONTRE LES VERS, donnez-lui un VERMIFUGE, etc.

Contrever n'est pas français. Vermifuge vient du latin vermis, ver, et de fugo, je mets en fuite, je chasse.

J'ai reçu une COPIE pour me rendre tel jour à l'au- DnsNCE. S'il ne paie pas il faut lui envoyer une COPIE. Dites : J'ai reçu une ASSIGNATION pour me rendre, etc. S'il ne paie pas il faut lui envoyer un EXPLOIT d'huissier.

Copie dans ce sens n'est pas français.

C'est UN coq en pâte. Dites : Il est COMME UN coq en

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