‹ Les provençalismes, corrigés, ou, Corrections raisonnées des fautes de langage et de prononciationChapitre 28 sur 73 · SUR TOUS LES ARBRES. DES VOLEURS ONT ESCALADÉ CETTE · texte numérisé non relu

SUR TOUS LES ARBRES. DES VOLEURS ONT ESCALADÉ CETTE

MITRAILLE, c'est-à-dire sont montés par dessus celte muraillo. Echeler est un ancien terme militaire qui n'est plus usité. Ily avait autrefois des soldats étdielmrs pour monter â l'escalade.

ÉCLAIRER u.iE BOUGEE. ÉCLAIRER une lampe. ÉCLAIRER LE FED. Dites : ALLUUER une bougie. ALLUMER une laupe. ALLUMER LE FEU.

Éclairer signifie répandre de la clarté dans ou sur quelque Cbose ; Le soleil éclaire l'univers. Des feux allumés éclairaient nos rues.

ÉCORCE ou ECOSSE de pois, de fèves, etc. Dites : COSSE

DE POIS, COSSE DE FÈVES, ClC.

Éeosse n'est pas français, et écorce est ici un terme impropre. Vécorce enveloppe l'objet et y tient attachée : Écorce êorange, écorce de grenarfe, etc. La cosse ainsi que la coque le renferme. Le premier se dit des légumes et l'autre des œufs, des noix, des amandes, etc. : Coque d'œufs, eoque de noix, etc. On dit aussi écale d'œuf; mais écale désigne proprement la couverture extérieure qui renferme la cogite de certains fruits, L'écale verte des noix porie le nom particulier de brou : Le trou des noix sert à divers usages. Le mol écale désigne aussi la peau de certains légumes, celle qui se lève quand ils cuisent : Les écoles de pois sont fort dures ; enfin on donne encore le nom de coquille aux coques d'œufs rides et aux coques de noix séparées.

ÉCOUPEAU, COUPEAU, FRISON. Le terme français, pour

Iciiuel on emploie abusivement ces mots, est COPEAU, da grec copein^ avoir coupé.

Écoupeau n'est pas français ; coupeau est un mot vieilli qui signifie la cime d'une montagne, et frison se dit familièrement de ciiacune des boucles d'une frisure, chevelure frisée.

Il faut ECCOL'RCIR ces rideaux. Dites : Il faut ACCOUR- CIR ces rideaux, il faut raccourcir ces rideaux.

Cette dernière expression est plus forte que la première^ et c'est celle qu'il faut préférer pour peu que le raccourcissement à faire soit considérable.

ÉCRITOIRE pour ExNCRIER est un terme impropre. L'écritoire renferme tout ce qui est nécessaire pour écrire, encre, plumes, canif, etc.

Cet enfant est bien ÉDUQUÉ, mal ÉDUQUÉ, c'^t un TEL Q(ji l'a ÉDUQUÉ. Dites : Cet enfant est bien ÉLEVÉ, MAL ÉLEVÉ, c'est un tel qui l'a Élevé.

Eduquer est une expression populaire dont on doit s'abstenir, si l'on veut véritablement parler français.

Ce couteau est mal EFFILÉ. Cette femme a la langue BIEN EFFILÉE. Dites : Mal AFFILÉ, bien AFFILÉE.

E/filer a tout autre sens ; il signifie défaire un tissu lil à fil : On effile un morceau de toile pour en faire de la charpie.

EU BIEN. Prononcez EU BI-IN, et non EH BAIN, comme

on le fait assez souvent.

Les yeux et les bras ÉLEVÉS vers le ciel, elle invoquait le Seigneur. Dites : LEVÉS vers le ciel.

Élever un objet c'est toujours ou lui donner un accroissement en hauteur, ou le porter dans un endroit élevé : On élève un mur qui est trop bas ; le soleil élève les vapeurs. C'est dans ce dernier sens qu'on dit, au figuré, élever aux honneurs.

élever son cœur vers Dieu, elo. l^^s honneurs soni su|>|v^^$ un lieu élevé où l'on fait monier ceux qu on y ol<»\v ; je^m cœur, c'est pour son affeelion ; relever ù /)i>«, c'est le iiei;icher de la terre, où elle est ordinairement lîxiv, |H>wr h porter vers Dieu, que nous nous lîjrurons toujours dans un lieu élevé, quoiqu'il soit partout, en tous lieux.

Comme il fait ses EMBARRAS î Dites : Commk u. fait L'IMPORTANT : Quel air D'IMPORTANCE ii. sk donnk î Embarras n'a jamais celle signilicalion.

Il embaume dans ce jardin, auprès de ces fleurs, etc. Dites : Quelle ODEUR EMBAUMÉE on respire dans çk jardin, auprès de ces fleurs Î

Embaumer n*est jamais un verbe impersonnel, et il est toujours transitif; il lui faut toujours un sujet détormliu^ cl un complément direct : Ces fleurs ont embaumé ma chambre ; cette liqueur embaume la bouche.

Tu M'EMBÊTES. Dites : Tu M'ENNUIES , tu MH)BSfi- DES, etc.

Embêter n'est pas français. Le substantif béte n'a fornu^ v\\ français que le verbe hébéter, qui signilio remire béte, stupide : On a hébété cet enfant à force de mauvais traitemcntft.

Quel EMBROUILLAGE ! Dites : Quel EMBROUILLE- MENT ! Quek EMBROUILLEMENT d'affaires! Quel EM- BROUILLEMENT d'esprit ! etc.

Embrouillage n'est pas français.

Il Y A BIEN D'EMBROUILLAMINI dans cette affaire. Dites : Il Y A bien du BROUILLAMINI dans cette affaire. Embrouillamini n'est pas français.

Tu m'EMPÉCIIES, ôte-toi de la. Dites : Tu me CKNES, TU M'EMBARRASSES, etc.

u n'empêches exigeraU I -d'agir, daller, de venir, etc.

J'AI EfVlE DE t'EMPLATKER, nE TE DONNER tîl BON EH-

PLATRE. Dites : J"\i envie de te SOUFFLETER, db te

DONSEH. DE T'APPLIQUER UN BON SOUFKl.ET.

Empldtrer n'est pas français, et un bon emplâtre ne peul guère êlre donné que par un pharmacien ; c'est un onguent étendu sur un mocceau de linge ou de peau.

Cet enfant a les mains EMPLATRÉES de confiti

[ Jlîtes : POISSÉES DE CONFITURE.

Nous venons de dire qa'empldtrer n'est pas français. Cet éGoct EHPUANTE toct le QUARTreR. Dites

^ÉGOUT EMPUANTIT TOUT le QUARTIER.

L'intlnitif de ce verbe eslempuantir et non pas qui n'est pas français.

Je vol's donne EN A-COMPTE dix mille francs. Ditn^

Je vous donne A-COMPTE dix mille francs.

À-eomple est une locution adverbiale qui modifie ici direc< tentent le verhe j« donna. Elle ne saurait donc en être séparée par une préposition. D'ailleurs, commençant elle-même par une préposition, il s'en suivrait qu'une préposition sera' régime d'une autre ; ce qui ne peut être.

Il S'EST EN ALLÉ. Dites : Il SEN EST ALLÉ, avec lâ^ préposition en immédiatement avant le verbe.

Généralement tout mot qui précède le verbe dans les temps «impies doit le précéder aussi dans les temps composas. Dans ces temps c'est l'auxiliaire qui est le verbe et non ] , fiarticipe : lly a, il y a eu, il s'en faut, il s'en est faUu.

Laissbz-le en aller. Dites : Laisskz-le S'EN ALLEl •OU simplement, lmssî,i-vi. kV,LEB..

Aller, précédé de en, exige toujours le pronom réfléchi pour régime : Je m'en vais, tu t'en vas, etc., à moins qu'il ne soit après le verbe faire, avec lequel on fait alors ellipse de ce pronom : // faut faire en aller tout le monde.

Je M'EN VAIS vous apprendre quelque chose. Il faut dire simplement, selon l'Académie : Je vais vous apprendre quelque CHOSE.

Cependant M"* de Sévigné écrit dans une de ses lettres : Je m'en vais vous dire une chose à quoi vous ne vous attendez fas; et dans une autre : C est tout de bon que je m* en vais vous la rendre.

Le navire est arrivé EN bon port. Dites : A bon port. On arrive à un port et non pas en un port.

Monsieur un tel est EN Bourse en ce moment. Dites : Monsieur un tel est A LA Bourse en ce moment.

Bourse désignant ici un lieu déterminé par lui-môme, puisqu'il n'y a qu'une Bourse, ce mot doit être précédé toujours de l'adjectif déterminatif la.

Aller EN confesse, être EN confesse. Dites : Aller A •confesse, être a confesse.

Le substantif confesse, qui n'a point de genre, ne s'emploie que précédé de l'une des prépositions à o\i de: Il vient de 'Confesse.

Elle a tout laissé en DIX-HUIT. Dites ; Elle a tout LAISSÉ EN DÉSORDRE, A L'ABANDON.

En dix-huit n'a pas cette signification en français.

Vous ÊTEs^EN FATIGUE aujourd'hui. Dites : Vous vous

DONNEZ BEAUCOUP DE FATIGUE AUJOURD'HUI. C'EST UN JOUR DE FATIGUE POUR VOUS AUJOURD'HUI.

Être en fatigue n'est pas français.

— SC- ELLE YA EN iOUâXÉE, ELLE TRAVÂILLIS EN JOURNÉE. DiteS •

Elle va TRATAnj^ER A LA journée, elle travaille A LA

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