Satisfait
DIX-HUITIÈMK LETTRE 237
Je vous déclare donc, mon Père, que, pour moi, je les tiendrai toujours pour catholiques, soit qu'ils condamnent Jansénius, s'ils y trouvent des erreurs, soit qu'ils ne le condamnent point, quand ils n'y trouvent que ce que vous-même déclarez être catholique, et que je leur parlerai comme saint Hiérôme * à Jean, évêque de Jérusalem, accusé de tenir 8 propositions d'Origèoe. Ou condamnez Origène, disait ce saint, si vous reconnaissez quHl a tenu ces erreurs ; ou bien niez qu'il les ait tenues : aut nega hoc dixisse ewn qui arguitur ; aut , si locutus est talia , eum damna qui dixerit.
Voilà, mon Père, comment agissent ceux qui n'en veulent qu'aux erreurs , et non pas aux personnes ; au lieu que vous, qui en voulez aux personnes plus qu'aux erreurs, vous trouvez que ce n'est rien de condamner les erreurs, si on ne condamne les personnes à qui vous les voulez imputer.
Que votre procédé est violent, mon Père, mais qu'il est peu capable de réussir ! Je vous l'ai dit ailleurs, et je vous le redis encore, la violence et la vérité ne peuvent rien" l'une sur l'autre. Jamais vos accusations ne furent plus outrageuses, et jamais l'innocence de vos adversaires ne fut plus connue ; jamais la grâce efficace ne fut plus artificieusement attaquée, et jamais nous ne l'avons vue si aflTermie. Vous employez vos derniers efforts pour faire croire que vos disputes sont sur des points de foi, et jamais ou ne connut mieux que toute votre dispute n'est que sur un point de fait. Enfin vous remuez toutes choses pour faire croire que ce point de fait est véritable, et jamais on ne fut plus disposé à en douter. Et la raison en est facile. C'est, mon