Les Enluminures m'ont fait tort
— Il y a des gens qui défèrent à la censure, d'autres aux raisons, et tous aux raisons... Je m'étonne que vous n'ayez donc pris la voie générale au lieu de la particulière, ou du moins que vous ne l'y avez joiiUo.
WN â-ETXKES l'HOVlXCIALblS
286. — La censure leur fait ce bien, que qunnd on les rensurora, ils la comballront en disant qu'ils imitent les Jansénistes.
389. — El ailleurs : L'on n'est pas obligé de donne,l'aumône de son supef/Ia dans tes commvnes nécessités des pauvres : si le contraire était vrai, il faudrait condamner la plupart des riches et de leurs confesseurs'.
Ces i-aisons-lfi m'impaticnlatnnl, lorsque je dis fiuPère : Mais qui empêche de dire qu'ils le sont? — C'est ce qu'il a prévu aussi en ce lieu, me répondit-il, oîi après avoir dit : Si cela était vrai, les plus riches seraient damnés, il ajoute : A cela Arragonius répond qu'ils le sont aussi, et Bannez ajoute de plus que leurs confesseurs le sont de mène j mais je réponds, avec Valentia, autre Jésuite et d'atilres auteurs, qu'il y a plusieurs raisons pour excuser ces riches et leurs confesseurs.
J'étais ravi de ce raisonnement , quand il en finit par celui-ci : Si celte opinion était vraie, pour la 7'estitution , qu'il y aurait de restitutions à faire !
— mon Ptre, lui dis-je,la bonne raison ! — O, me dit le Père, que voilà uu homme commode! — mon P^pe, répondis-je, sans vos casnistes, qu'il y aurait de monde damné!
que vous rendez large la voie qui mène au ciel ! qu'il y a de gens qui la trouvent! Voilà un... 397. — Calomnier, hxc est magna cœcitas cordis.
N'en pas voir le mal , hsee est major aecilas '■nrdis.
y.n liniit «tp la pajn' : T
Le défendre, au lieu de s'en confesser comme d'un péché^ hœc tune hominem concludit prefunditas iniquitatis, 2, 30, Prosper.
398. — Un bâtiment également beau par dehors, mais sur de mauvais fondements, les païens sages le bâtissaient, et le diable trompe les hommes par cette ressemblance apparente, fondée sur le fondement le plus différent.
— Jamais homme n'a eu si bonne cause que moi, et jamais d'autres n'ont donné si belle prise que vous.
— Ne prétendez pas que ceci se passe en dispute : on fera imprimer vos ouvrages entiers, et en français, et on en fera tout le monde juge.
— Je prie qu'on me fasse la justice de ne plus les croire sur leur parole.
Plus ils marquent de faiblesse en ma personne, plus ils autorisent ma cause.
Vous dites que je suis hérétique : cela est-il permis? Et si vous ne craignez pas que les hommes me rendent justice , ne craignez-vous pas que Dieu ne la rende?
— Je suis seul contre trente mille. Point. Gardez, vous la cour, vous l'imposture, moi la vérité; c'est toute ma force ; si je la perds , je suis perdu. Je ne manquerai pas d'accusations et de persécutions ; mais j'ai la vérité, et nous verrons qui l'emportera.
— Je ne mérite pas de défendre la religion, mais vous ne méritez pas de défendre l'erreur et l'injustice *, Que Dieu, par sa miséricorde, n'ayant
i. n me semble que les jésuites eux-mêmes doiveni être touchés en retrouvant cette phrase dans les papiers de Pascal.
pas égard au mal qui est en moi et ayant égard au bien qui est en vous , nous fasse à tous la grâce que la vérité ne succombe pas entre mes mains et que le mensonge ne...
386. — Vous êtes bien ridicules de faire du bruit pour les propositions : ce n'est rien. Il fautqu on Tentende. — Le pape n*a pas condamné* deux choses : il n'a condamné que le sens des propositions. Direzvous qu'il ne l'a pas condamné? — Mais le sens,de Jansénius y est enfermé, dit le pape. — Je vois bien que le pape le pense, à cause de vos totidem. Mais il ne Ta pas dit sous peine d'excommunication.
Gomment ne Teût-il pas cru , et les évoques de France aussi? Vous le disiez totidem, et il ne savait pas que vous êtes en pouvoir de le dire encore qu'il ne fût pas. Imposteurs, on n'avait pas vu ma quinzième Lettre.
Gomment le sens de Jansénius serait-il dans des propositions qui ne sont point de lui?
Ou cela est dans Jansénius, ou non. Si cela y est , le voilà condamné en cela ; sinon, pourquoi le voulez-vous faire condamner?
Que Ton condamne seulement une de vos propositions du Père lEscobar, j'irai porter d'une main Escobar, de l'autre la censure, et j'en ferai un argument en forme.
406. — Les Jésuites n'ont pas rendu la vérité incertaine , mais ils ont rendu leur impiété certaine. 6. — Mais vous pouvez vous être trompé. — Je jure que je crois que je puis m'être trompé, mais je ne jure pas que je crois que je me suis trompé.
427. — Le pape hait et craint les savants qui ne lui sont pas soumis par vœu.
FHAGMENTS 301
214. — Si Tancienne Église était dans Terreur, l'Église, est tombée. Quand elle y serait aujourd'hui , ce n'est pas de même ; car elle a toujours la maxime supérieure de la tradition, de la main de l'ancienne Église , et ainsi cette soumission et cette conformité à l'ancienne Église prévaut et corrige tout. Mais l'ancienne Église ne supposait pas l'Église future et ne la regardait pas , comme nous supposons et regardons l'ancienne.
411. — ... De sorte que s'il est vrai, d'une part, que quelques religieux relâchés et quelques casuistes corrompus , qui ne sont pas membres de la hiérarchie , ont trempé dans ces corruptions coupables, il est constant, de l'autre, que les véritables pasteurs de l'Église, qui sont les véritables dépositaires de la parole divine, Font conservée immuablement contre les efforts de ceux qui ont entrepris de la ruiner. Et ainsi les fidèles n'ont aucun prétexte de suivre ces relâchements, qui ne leur sont offerts que par les mains étrangères de ces casuistes, au lieu de la saine doctrine, qui leur est présentée par les mains paternelles de leurs propres pasteurs. Et les impies et les hérétiques n'ont aucun sujet de donner ces abus pour des marques du défaut de la providence de Dieu sur son Église , puisque l'Église étant proprement dans le corps de la hiérarchie, tant s'en faut qu'on puisse conclure de l'état présent des choses que Dieu Tait abandonnée à la corruption , qu'il n'a jamais mieux paru qu'aujourd'hui que Dieu la défend visiblement de la corruption.
Car si quelques-uns de ces hommes, qui, par une vocation o\traordinairt\ ont l'ail proression
de sortir du monde ot de prendre l'habit de religieux pour vivre dans un état plus parfait que le commun des chrétiens, sont tombés dans des égarements qui font horreur au commun des chrétiens, et sont devenus entre nous ce que les faux prophètes étaient entre les Juifs , c'est un malheur particulier et personnel, qu'il faut Il la vérité déplorer, mais dont on ne peut rien conclure contre le soin que Dieu prend de son Église; puisque toutes ces choses sont si clairement prédites , et qu'il a été annoncé depuis si longtemps que ces tentations s'élèveraient de la part de ces sortes de personnes, et que quand on est bien instruit, on voit plutôt en cela des marques de la conduite de Dieu que de son oubli à notre égard.
397. — Vous ignorez les prophéties si vous ne savez que tout cela doit arriver : princes , prophètes , pape^ et même tes prêtres. Et néanmoins l'Église doit subsister. Par la grâce de Dieu, nous n'en sommes pas là. Malheur à ces prêtres! Mais nous espérons que Dieu nous fera la miséricorde que nous n'en serons point.
II, saint Pierre^ c. 2. Faux prophètes passés, images des futurs *.
\ \'oir Jérémie, vi, 13 ; xxni, 1, et îl Piei^re, ii, 1