‹ Les provinciales de PascalChapitre 18 sur 124 · SUR LA ONZIÈME PROVINCIALE · texte numérisé non relu

SUR LA ONZIÈME PROVINCIALE

Le fond de la onzième Provinciale, dans les deux premiers tiers, est pris d'un écrit d'Arnauld, qu'on trouvera au tome 27 de ses Œuvres. On a vu dans les Remarques sur la troisième Provinciale l'histoire de VAlmanach des Jésuites et du livre des Enluminuares, Des esprits sérieux et chrétiens furent choqués du mauvais goût de cette polémique et y trouvèrent même de l'indécence, et c'est ce qui donna lieu à l'écrit d'Arnauld (du 20 mars 1654), intitulé : Réponse à la lettre (Tune personne de condition toiuihant les règles de la conduite des saints Pères dans la composition de leurs ouvrages pour la défense des vérités com" battues et de l'innoceme calomniée. L'ouvrage est divisé en 37 paragraphes' et forme une cinquantaine de grandes pages in-quarto. Pascal a fort réduit et abrégé le travail d'Arnauld, mais je ne sais s'il y a chez lui un seul argument ou un seul texte qui ne soit emprunté au savant docteur.

Les règles posées par Pascal sont prises également d'Arnauld, dans ce qu'elles ont d'essentiel ; mais le talent et la verve avec lesquels tout cela est développé ici ne sont qu'à Pascal.

Parmi les objections qu'on opposait aux plaisanteries des Enluminures^ il y en a une qui mérite d'être relevée, car elle est prise de la personne de Jésus-Christ, et Arnauld lui-même la mentionne franchement dans sa réponse : « Ces Pères mêmes^ comme vous le rapportez, ont marqué de plus

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qu'il est bien écrit qu'il a pleuré, mais qu'il n'est 'point écrit qu'il ait jamais ri, »

Le trente et unième paragraphe d'Arnauld a pour titre : Exemple de Jésus-Christ, qui a traité plus fortement les Pharisiens que les Sadducéens, Cela veut dire qu'il ne faut pas se scandaliser s'il arrive à Port-Royal de faire la guerre aux jésuites avec plus de passion qu'aux protestants.

P. 29. — Tourné les choses saintes en raillerie. — Voir les Besponses aux Lettres provinciales, p. 46.

— Le contrat mohatra. — Voir le même livre, p. 62 ; mais cet endroit n'est pas de la même main que le premier, ni inspiré du môme esprit. Voir l'Intro. duction, p. Lxvi.

P. 31. — In interitu vestro, — Prov., i, 26.

— Et super eum.ridebunt. — Psaume li, 8.

— Innocens subsannabit eos, — Job, xxii, 49. Dans tous ces passages bibliques , il est question de la ruine et de la mort des impies, mais non de damnation ni de supplices éternels.

P. 32. — Ecce Adam quasi unus ex nobis. — Genèse, m, 22.

— Et les interprètes. — C'est-à-dire les interprètes de la Genèse, Vatable et Mercier.

— Adam, dit Rupert, méritait, — Rupert, bénédictin flamand du xii* siècle; ses œuvres forment 4 vol. in*fol.

— Et Hugues de Saint- Victor. — Hugues, prieur de Saint-Victor, était du môme pays et du môme siècle.

— Parce que, comme dit Jérémie, — Voir li, \ 8, dans la Vulgate et les Septante , sinon dans le texle hébreu.

— Selon cette parole de saint Augustin, — Serm. xxii, 8 : il s'agit des vierges sages qui se moquent des vierges folles, dans Matthieu, xxv, 9.

P. 33. — Par les exemples de Daniel et d'Élie. — Damel,xiv, 18 (dans la Vulgate). Pour ÉliCi voir ni Bois, xviii, 27.

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— Et saint Augustin même, — In Joannem , xn. Sur Nicodème, voir Jean , m , iO.

— Saint Chrysostome et saint Cyrille. — Chrys. in Joannern, xxv. Cyr. in Joannem, ii, 2.

— Qy^U appelle les chevelus. — De Opère monachorum, 23,

P. 34. — Ces excellentes paroles de Tertullien.^Adv. Valenti-

nianosj 6.

P. 36. — Cette parole de saint Augustin, — Contra Parmenianum, lU, 4, d'après Matthieu^ xw, 14.

— De saint Grégoire de Nazianze. — - Discours xliv.

— Comme dit saint Augustin, — Dans son livre de Doctrina christianaf IV, i .

P. 39. — Sed rébus veriSy dit saint Augustin, — De Doctr, christ., IV, 28.

— Pour en faire réussir le plus grand bien. — Cette phrase, quoiqu'elle ne soit pas en italique, est prise de l'Ecriture, Rom., m. 8. Le en, qui a été supprimé depuis, était amené par le sens primitif du mot réussir y qui est : sortir de, résulter de, comme l'italien riuscire. Voir Littré.

— ITa pas besoin de notre mensonge. -^ Job , xiii, 7.

— Dit saint HUaire. — Contre Constance, 6.

P. 40. — De les reprocher. — Le texte ajoute : c après un long silence. »

— Toutes celles qui sont véritables. — Voir mes Remarques, page 78.

— Les méchantSj dit saint Augustin. — Lettre 93.

— Qui vous auraient été les plus sensibles. — Voir Lettre 9, p. 207, et Lettre 14, quinzième alinéa.

P. 41. — Quand on n'a qu^à parler des opinions. — Il veut dire : quand on n'a à parler que des opinions.

— On doit toujours, dit saint Augustin. — Lettre 138. P. 42. — Des Peintures morales. — Jjes Peintures morales,

où les passions sont représentées en tableaux, par caractères et par questions nouvelles et curieuses, par le P. Pierre Le Moyne de la Compagnie de Jésus, 1640^

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in4®. L'ouvrage est divisé en sept livres. Une seconde partie, aussi en sept livres, parut en 1643. — Du 7^ livre. — Au chap. iv, intitulé : De la modéraiioriy de la honte et de la pudeur; de leur nature, de leurs différences , de leurs causes et de leur louange.

L'auteur jette de temps en temps des pièces de vers au travers de sa prose.

L'ode dont parle Pascal est précédée de ce préambule : « Et parce qu'il y en a (des femmes ) qui voudraient guérir de cette rougeur et qui s'en plaignent comme d'une faiblesse, pour les obliger d'aimer leur maladie, j'en ai fait un éloge en vers , où j'ai montré que toutes les belles choses sont rouges ou sujettes à rougir. »

Il y a dix stances qui commencent ainsi :

Delphine, pourquoi te plains-tu Du beau feu qui sur ton visage A la teinture du courage Joint la couleur de la vertu?

Ces stances célèbrent successivement l'aurore, le soleil, le feu , la rose , la grenade , la langue et les lèvres, le courage ainsi que l'inspiration et l'amour, et eniin les chérubins. J'achève la stance dont Pascal n'a donné que le commencement :

Alors elle a toute sa grâce, Alors la beauté s'y ramasse Avec tout ce qu'elle a de prix, £t par merveille nous propose Dans un lis Tâme d^une rose £t dans une perle un rubis.

P. 43. — Qui assistent devant Dieu. — C'est-à-dire , qui se tiennent debout ; c'est un latinisme.

F. 44. — Où il joint le blasphème à rhérésie. — L'hérésie consiste en ce que cette phrase paraît supposer deux personnes en Jésus-Christ, tandis que l'Église

dit : deux natures en une seule personne ^ La Response à l'onzième Lettre des jansénistes excuse la phrase du P. Garasse par un texte d'un Père de TEglise , saint Prosper, bon à citer aux jansénistes : car on peut dire que Prosper est aussi janséniste que saint Augustin. Comparant le Christ au bon Samaritain, qui ramasse le blessé sur le chemin et le met sur son cheval, Paulin dit : < Il a mis ainsi l'homme sur son cheval, qui est l'Incamation du Verbe. » Nicole discute cette réponse des jésuites dans sa Note 3 sur cette Lettre.

Je dirai ici en passant que la Note 2 de Nicole ne se rapporte pas à cette Lettre même, mais à un passage de la Besponse à l'onzième Lettre oii Von reprochait à Pascal de s'être moqué , dans ses Provinciales , de la grâce suffisante (Lettre 2) , du rosaire ou du chapelet (Lettre 6). Nicole s'attache à repousser ce reproche. Quant à la Note 1 de Nicole, c'est une justification générales des railleries des Provinciales. Tl y cite le môme passage du P. Pirot, [que j'ai cité dans l'Introduction, p. 20.

— Figuré ordinairement ainsi : IHS. — On a supposé que ce sigle était formé des deux premières lettres du nom de 'lYjaoû; et d'une S finale. Mais pourquoi un-^Tflt grec et une S latine? Cela ne satisfait pas. Il est vrai qu'on le trouve aussi écrit par un aî^fx» grec, IHG. Quant à l'habitude de mettre une croix au-dessus de l'H, je ne puis dire où elle remonte.

— Qui est un Jésus dévalisé. — La Response à l'onzième Lettre dit encore que le P. Garasse , après ces mots, « qui est un Jésus dévalisé», écrivait ceux-ci : « faisant, comme par mystère, de toute antiquité, les armes de la ville de Genève.» — Votre chère Genève^ ajoute le P. Nouet.

— Ceux du Père Brisacier sont4ls sincères? — Jean de

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