Qu'U n'y a en cela
fit cette bette harangue imprimée, qui est assez connue. Car , quoique ce Père Érade Bille reconnaisse que la doctrine de Valentia, suivie par le Père Milliard, et condamnée en Sorbonne, soit contraire au sentiment commun , suspecte de simonie en plusieurs choses, et punie en justice ^ quand la pratique en est découverte , il ne laisse pas de dire que c^est une opinion probable, et par conséquent sûre en conscience, et qu'il n'y a en cela ni simonie ni péché. Cest, dit>il,tine opinion probable et enseignée par beaucoup de docteurs catholiques, qu'il n'y a aucune simonie ni aucun péché à donner de Vargentf ou une autre chose temporelle^ pour un bénéfice y soit par forme de reconnaissance , soit comme un motif sans lequel on ne le donnerait pas, pourvu qu'on ne le donne pas comme un prix égal au bénéfice. C'est là tout ce qu'on peut désirer. Et, selon toutes ces maximes, vous voyez, mes Pères, que la simonie sera si rare qu*on en aurait exempté Simon même le magicien, qui voulait acheter le Saint-Esprit, en quoi il est l'image des simoniaques qui achètent; et Giezi, qui reçut de l'argent pour un miracle , en quoi il est la figure des simoniaques qui vendent. Car il est sans doute que quand Simon, dans les Actes ^ offrit de l'argent aux apôtres pour avoir leur puissance^ il ne se servit ni des termes d'acheter, ni de vendre, ni de prix, et qu'il ne fit autre chose que d'offrir de l'argent, comme un motif pour se faire donner ce bien spirituel. Ce qui étant exempt de simonie, selon vos auteurs, il se fût bien garanti de l'anathème de saint Pierre , s'il eût su leurs maximes '. Et cette ignorance fit aussi grand tort à Giezi, quand il fut frappé de la lèpre par Elisée ; car, n'ayant reçu Targent de ce prince guéri miraculeusement que
i. SMl eût été instruit de vos maximes.
' comme une reconnaissance^ et non pas comme un prix égal à la vertu divine qui avait opéré ce miracle, il eût obligé Elisée à le guérir , sur peine de péché mortel , puisqu'il aurait agi selon tant de docteurs graves , et que vos confesseurs sont obligés d'absoudre leurs pénitents en pareil cas *, et de les laver de la lèpre spirituelle, dont la corporelle n'est que la figure.
Tout de bon, mes Pères, il serait aisé^le vous tourner là-dessus en ridicules*; je ne sais pourquoi vous vous y exposez. Car je n'aurais qu'à rapporter vos autres maximes, comme celle-ci d'Escobar, dans la Pratique de la simonie selon la Société de Jésus * : Est-ce simonie, lorsque deux religieux s* engagent Vun à Vautre en cette sorte : Donnez-moi votre voix pour me faire élire provincialy et je vous donnerai la mienne pour vous faire prieur ? Nullement. Et cette autre : Ce n'estpas simonie de se faire donner un bénéfice en promettant de Var~ gent, quand on n'a pas dessein de payer en effet; parce que^ce n'est qu'une simonie feinte, qui n'est non plus véritable que du faux or n'est pas du véritable or *. C'est par cette subtilité de conscience qu'il a trouvé le moyen, en ajoutant la fourbe à la simonie, de faire avoir des bénéfices sans argent et sans simonie. Mais je n'ai pas le loisir d'en dire davantage; car il faut que je pense à me défendre contre votre troisième calomnie , sur le sujet des banqueroutiers.
Pour celle-ci, mes Pères, il n'y a rien de plus grossier. Vous me traitez d'imposteur sur le sujet d'un sentiment de Lessius que je n'ai point cité de moi-même, mais qui se trouve allégué par Escobar, dans un pas-