‹ Les provinciales de PascalChapitre 30 sur 124 · Non plus vrai que du faux or n'est pas du vrai or · texte numérisé non relu

Non plus vrai que du faux or n'est pas du vrai or

DOUZIÈME LETTRE 7i.

sage que j'en rapporte : et ainsi, quand il serait véritable * que Lessius ne serait pas de Tavis qu'Escobar lui attribue, qu'y a-t-il de plus injuste que de s'en prendre à moi ? Quand je cite Lessius et vos autres auteurs de moi-même, je consens d'en répondre ; mais comme Escobar a ramassé les opinions de 24 de vos Pères, je vous demande si je dois être garant d'autre chose que de ce que je cite de lui ; et s'il faut, outre cela, que je réponde des citations qu'il fait lui-même dans les passages que j'en ai pris ? Gela ne seraitpas raisonnable. Or, c'est de quoi il s'agit en cet endroit. J'ai rapporté dans ma Lettre ce passage d'Escobar traduit fort fidèlement, et sur lequel aussi vous ne dites rien : Celui qui fait banqueroute peut-il en sûreté de cons-^ cience retenir de ses biens autant qu'il est nécessaire pour vivre avec honneur^ ne indecore vivat ? Je réponds QUE oui avec Lessius, cuh Lessio assero posse, etc. Sur cela vous me dites que Lessius n'est pas de ce sentiment. Mais pensez un peu où vous vous engagez. Car s'il est vrai qu'il en est, on vous appellera imposteurs, d'avoir assuré le contraire; et s'il n'en est pas,Escobar sera l'imposteur : de sorte qu'il faut maintenant , par nécessité, que quelqu'un de la Société soit convaincu d'imposture. Voyez un peu quel scandale ! Aussi vous ne savez pas prévoir Ma suite des choses* Il vous semble qu'il n'y a qu'à dire des^injures au monde', sans penser sur qui elles retombent. Que ne faisiez-vous savoir votre difficulté à Escobar, avant que de la publier*? il vous eût satisfait*. Il n'est pas si malaisé d'avoir des

Page 1