Afin de vous mettre
reste seulement qu'à montrer que ce qui est permis dans la spéculation Test bien aussi dans la pratique. On ne manquera pas de raisons pour cela. Vous en avez bien trouvé en descasplus difficiles. Voulez-vous voir, mes Pères, par où Ton y arrive ? suivez ce raisonnement d'Escobar, qui Ta décidé nettement dans le premier des six tomes de sa grande Théologie morale, dont je vous ai parlé, où il 'est tout autrement éclairé que dans ce recueil qu'il avait fait de vos 24 Vieillards. Car, au lieu qu'il avait pensé en ce temps- là qu'il pouvait y avoir des opinions probables dans la spéculation qui ne fussent pas sûres dans la pratique, il a connu le contraire depuis, etl'a fort bien établi dans ce dernier ouvrage : tant la doctrine de la probabilité en général reçoit d'accroissement parle temps aussi bien que chaque opinion probable en particulier. Écoutez-le donc in Prœloq,, n. 15 : Je ne vois pas , dit-ilj comment il se pourrait faire que ce qui paraît permis dans la spéculation ne le fût pas dans la pratique ; puisque ce qu^on peut faire dans la pratique dépend de ce qu'on trouve permis dans la spéculation, et que ces choses ne diffèrent Vune de Vautre que comme Veffet de la cause : car la spéculation est ce qui détermine à Vaction.D'ob. il s'ensuit qu'on peut
EN sûreté de conscience SUIVRE DANS LA PRATIQUE LES OPINIONS PROBABLES DANS LA SPÉCULATION, et mêm£ aveC
plus de sûreté que celles qu'on n'a pas si bien examinées spéculativement.
-En vérité, mes Pères, votre Escobar raisonne assez bien quelquefois. El, en eflTet, il y a tant deliaison entre la spéculation et la pratique que , quand l'une a pris racine, vous ne faites plus difficulté de permettre l'autre sans déguisement. C'est ce qu'on a vu dans la permission de tuer pour un soufflet , qui de la simple spéculation a été portée hardiment par Lessius à une pra-
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tique qu'on ne doit pas facilement accorder^ et de là, par Escobar, à une pratique fcu^ile; d'où vos Pères de Gaen Tont conduite à une permission pleine, sans distinction de théorie et de pratique, comme vous l'avez déjà vu.
C'est ainsi que vous faites croître peu à peu vos opinions. Si elles paraissaient tout d'un coup 'dans leur dernier excès, elles causeraient de l'horreur ; mais ce progrès lent et insensible y accoutume doucement les hommes, et en ôte le scandale. Et par ce moyen la permission de tuer, si odieuse à l'État et à l'Église, s'introduit premièrement dans l'Église , et ensuite de l'Église dans l'État.
On a vu un semblable succès de l'opinion de tuer pour des médisances. Car elle est aujourd'hui arrivée à une permission pareille, sans aucune distinction. Je ne m'arrêterais pas à vous en rapporter les passages de vos Pères, si cela n'était nécessaire pour confondre l'assurance que vous avez eue de dire deux fois dans votre 15" Imposture, p. 26 et 30, QuHl n'y a pas un Jésuite qui permette de tuer pour des médisances. Quand vous dites cela, mes Pères , vous devriez aussi empêcher que je ne le visse, puisqu'il m'est si facile d'y répondre. Car, outre que vos Pères Reginaldus, Piliutins, etc., l'ont permis dans la spéculation, comme je l'ai déjà dit, et que de là le principe d'Escobarnous mène sûrement à la pratique, j'ai à vous dire de plus que vous avez plusieurs auteurs qui l'ontpermisenmots propres , et entre autres le P. Hereau dans ses leçons publiques, en suite desquelles le roi le fit mettre en arrêt en votre maison, pour avoir enseigné, outre plusieurs erreurs, Que quand celui qui nous décrie devant