‹ Les provinciales de PascalChapitre 84 sur 124 · II. iS · texte numérisé non relu

II. iS

206 LETTRES PHOVINGIALES

Saint-Gyran et leurs amis avaient comploté la ruide de la religion chrétienne. Voir, au . sujet de ce conte absurde, la remarque H de Tarticle Arnatdd dans le Dictionnaire de Bayle.

P. 192. — Nommez ces six personnes. — Six, sans compter le prétendu dénonciateur, recclésiastique anonyme. Filleau les désigne par ces initiales : J. D. V. D. H. (ce qui signifie JeanDu Vergier de Hauranne, c'està-dire Tabbé de Saint-Cyran), G. J. (Gornélius Jansénius), P. G. (Philippe Gospeau), P. G. (Pierre Ga- • mus), A. A. (Antoine Arnauld), S.V. (Simon Vigor). Je ne m*arrôtersd pas aux autres personnages, un seul étant encore vivant en 1654, dit Filleau. Ge seul est évidemment Arnauld ; seulement on n*avait pas pris garde qu* Arnauld, en 1621, n'avait que neuf ans. 11 fallut se rabattre sur son frère Arnauld d'Andilly, son olné déplus de vingt ans. Mais, outre que le personnage qu'on fait faire là à d'Andilly ne lui convient nullement, on remarquera d'ailleurs que le système de ces initiales consiste à indiquer d'abord le prénom de chacun, puis son nom, et que les initiales A. A., pour Robert Arnauld d'Andilly, sortiraient tout à fait de ce système* Il n'est pas douteux qu'on n'ait voulu désigner Antoine Ar* nauld.

P. 194. — ' Qui étonne la nature. --» Allusion au fameux miracle de la Sainte- Épine, sur lequel je renvoie à mon édition des Pensées, t. 1, p. lxxiii et cviii. Le miracle avait eu lieu le 24 mars 1656^ mais il venait d'être reconnu solennellement le 22 octobre par l'autorité ecclésiastique du diocèse, les grands vicaires de l'archevêque alors exilé. Il était donc en ce moment dans tout son éclat. Voir la Note 3 de Nicole sur cette Lettre.

— Sont condamnés par le pape Adrien, — Il s'agit d'Adrien I^*^. Gette décision est prise dans ses Capitula^ c'est-à-dire dans un recueil de canons rassemblés

par son ordre. On peut la lire dans le Becretum Gratiani, seconde partie, cause 5, question 4, ch. 1, (Friedberg, Corpus juris canonici, première partie , 4879, col. 544) :

Qui inalterius famam publiée scripturam aut verba contumeliosa confinxerit, etrepertus'scripta noriprobU' verit, flageîletur.

P. 195. — S'il n'est en estime d'abhorrer. — C'est-à-dire si on n'estime (à son honneur) qu'il abhorre, s'il n'a la bonne réputation d'abhorrer. Cette locution n'est pas dans le Dictionnaire de l'Académie, mais elle est dans Littré, qui cite cette phrase môme et celle-' ci de Bossuet : « L'estime de modération qu'il avait môme parmi les nôtres. »

— Boni parle saint Athanase. — Je ne sais où se trouve ce texte d'Athanase ; Nicole ne l'indique pas.

— Vous en avez perctu le fruit. — Cette phrase a inspiré celle-ci à Villemain, dans sa Notice sur Pascal : c La calomnie, cet assassinat moral, dont ses adversaires avaient fait et un fréquent usage et une naïve apologie, deux choses qui se corrigent Vune Vautrej mais qui ne se rachètent pas. »

— Le dire avec saint Paul, — I Cor. , vi, 40.

— Quoiqu'à la vérité vous vous condamneriez, — Omoîque veut le subjonctif, de sorte que la phrase ne paraît pas correcte. Il aurait pu dire : Il est vrai qu'ainsi vous vous condamneriez vous-mômes.

P. 198. — Vous en délivrerait suivant sa promesse. — Jean, Yiii, 32. C'est la promesse de Jésus, mais Jésus est la Vérité, Ibid.y xiv, 6.

— Comme dit un prophète. — Isaie^ xxviii, 15, et XXX, 12.

— Comme dit un autre prophète. — Ézéchielj xiii, 22. P. 197. — On ne se moque point de Dieu. — Gai. vi, 7.

— Qi^ilnous a fait dans V Évangile. — Matth., vii, i .

— DU M. de Genève. — G'esl-à-dire François de Sales,

Introduction à la vie dévote, 3* partie, chap. 29. François de Sales, mort en 1 622, ne fut canonisé qu'en i665, postérieurement aux Provinciales ; c'est pourquoi Pascal l'appelle simplement M. de Genève.

P. 197. — De se suivre de si prés. — 11 n'y eut qu'un intervalle de dix jours entre la quinzième Lettre et la seizième. Il ne se trouve pas de Lettres jusque-là qui soient séparées par une aussi courte distance, si on met à part les trois premières^ écrites dans des conditions toutes différentes.

— Vous est mieux connue qu*à moi, — Les jésuites avaient obtenu qu'on imposât silence à leurs ad* versai res. On lit à la page 52 des Responses aux Lettres Provinciales : « Il ne fut pas malaisé à ses adversaires (aux adversaires de l'auteur des Provinciales) de faire voir sa faiblesse, après l'avoir convaincu d'imposture, et de le suivre peu à peu dans son désordre, en répondant à chaque Lettre l'une après l'autre, depuis la onzième jusqu'à la seizième, qui est la dernière qui parut avant la défense qui fut faite à Paris d'imprimer de semblables écrits sans permission. » La défense donc n'était pas encore publiée quand parut la seizième Provinciale, mais on la prévoyait, et il avait fallu se hâter. Cette intervention de l'autorité avait fait grand bruit, et Loret en parle dans sa Gazette :

Enfin ce bon Provincial,

Par tes soins, ô grand cardinal,

Ne lira plus aucune lettre, etc.

— Que vous avez eu peur des Bénédictins. — Voir Lettre 15, p. 156.

P. 198. — QfiHl avait trop de jugement. — Voir le dernier alinéa de la quinzième Lettre, p.l 59. Pascal a bien fait de rectifier une erreur ; mais quand on pense que Desmarets était un fou, et un fou malfaisant, qui plus tard a conduit au bûcher un ami qu'il avait

SEIZIÈME LETTHE 909

dénoncé comme impie, on regrelle les termes honorables dans lesquels Pascal lui fait satisfaction. Voir Tarticle Desmarets de Saint-Sorlin, et Farticle Morin {Simon)j dans la Biographie universelle.

P. 198. — De ne vous y avoir pas reconnus. — Cette phrase paraît indiquer que Pascal savait alors que le P. Nouot était Tauteur des réponses.

Nicole a donné trois Notes sur la Lettre 16.

La première est une réplique à la Réponse du P. Annat à cette Lettre. La seconde est l'histoire et la défense du Chapelet secret du très saint Sacrement. Voir plus haut, page 202. La troisième est l'histoire du Miracle de la Sainte- Épine. Voir page 206.

It.

DIX-SEPTIÊME LETTEE

ÉCRITE PAR l'auteur

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