‹ Les provinciales de PascalChapitre 86 sur 124 · Impossibles ; qu*on n'a pas la liberté · texte numérisé non relu

Impossibles ; qu*on n'a pas la liberté

les fêtes de Noël à Saint-Louis, en demandant h une de vos petites bergères : Pour qui est venu Jésus-Chnst^ ma fille ? — Pour tous les hommes, mon Père. — Eh quoi ! ma fille^ vous n'êtes donc pas de ces nouveaux hérétiques qui disent qu'il 7i'est venu que pour les prédestinés ? Les enfants vous croient Ui-fJcssus,et plusieurs autres aussi; car vous les entretenez de ces mêmes fables dans vos sermons, comme votre Père Grasset à Orléans, qui en a été interdit. Et je vous avoue que je vous ai cru aussi autrefois. Vous m'aviez donné cette même idée de toutes ces personnes-là. De sorte que^ quand vous commençâtes à les accuser de tenir ces propositions*, j'observais avec attention quelle serait leur réponse ; et j'étais fort disposé à ne les voir jamais, s'ils n'eussent déclaré qu'ils y renonçaient comme à des impiétés visibles. Mais ils le firent bien hautement. Car M. de Sainte-Beuve, professeur du roi en Sorbonne, censura dans ses écrits publics ces cinq propositions longtemps avant le pape ; et ces docteurs firent paraître plusieurs écrits, et entre autres celui de la Grâce victorieuse qu'ils produisirent en même temps, où ils rejettent ces propositions, et comme hérétiques, et comme étrangères. Car ils disent, dans la préface, Que ce sont des propositions hérétiques et luthériennes^ fabriquées et forgées à plaisir, qui ne se trouvent ni dans Jansénius , ni dans ses défenseurs ; ce sont leurs termes. Ils se plaignent de ce qu'on les leur attribue , et vous adressent pour cela ces paroles de saintProsper, le premier disciple de saint Augustin leur maître , à qui les semi-pélagiens de France en imputèrent de pareilles pour le rendre odieux, // y a, dit ce sainte des personnes qui ont une passion si aveugle de nous décrier, qu^ ils en

1. De sorte que, lorsque vous les pressiez sur ces propositions.

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