II
2i8 LETTRES PROVINCIALES
ont pris un moyen qui ruine leur propre réputation. Car ils ont fabriqué à dessein de certaines propositions pleines d'impiétés et de blasphèmes ^ qu'ils envoient de tous côtés pour faire croire que nous les soutenons au même sens quHls ont exprimé par leur écrit. Mais on verra par cette réponse, et notre innocence^ et la malice de ceux qui noxis ont imputé ces impiétés^ dont ils sont les uniques inventeurs.
En vérité, mon Père^ lorsque je les ouïs parler de la sorte avant la Constitution ; quand je vis qu'ils la reçurent ensuite avec tout ce qui se peut de respect ; qu'ils offrirent de la souscrire ; et que M. Arnauld eut déclaré tout cela dans toute sa seconde Lettre, j'eusse cru pécher de douler de leur foi. Et en effet, ceux qui avaient voulu refuser l'absolution à leurs amis avant la Lettre de M. Arnauld ont déclaré depuis qu'après qu'il avait si nettement condamné ces erreurs qu'on lui imputait, il n'y avait aucune raison de le retrancher ni lui, ni ses amis, de l'Église. Mais vous n'en avez pas usé de même ; et c'est sur quoi je commençai à me défier que vous agissiez avec passion.
Car, au lieu que vous les a^viez menacés de leur faire signer cette Constitution quand vous pensiez qu'ils y résisteraient, lorsque vous vîtes qu'ils s'y portaient d'eux-mêmes, vous n'en parlâtes plus. Et quoiqu'il semblât que vous dussiez après cela être satisfaits * de leur conduite, vous ne laissâtes pas de les traiter encore d'hérétiques , parce , disiez-vous, que leur cœur démentait leur main, et qu'ils étaient catholiques exté-^ rieurement et hérétiques intérieurement, comme vousmême l'avez dit dans votre Response à quelques demandes, p. 27 et -47.