‹ Les provinciales de PascalChapitre 9 sur 124 · SUR LA DIXIÈME PROVINCIALE · texte numérisé non relu

SUR LA DIXIÈME PROVINCIALE

P. 2. — Dans /'Image de notre premier siècle. — Voir le début de la cinquième Lettre.

— Aussi promptement qu'ils les contractent. — Le texte dit : c Plus promptement presque yy,vix citius,

P. 3. — L'avoir deux confesseurs. — Le P. Pirot (p. 156)^ pour montrer que cela est fort bien entendu, fait observer que la plupart des filles ont pour confesseur le confesseur de leur mère^ et que cela pouvant être fort gênant, il est bon qu'elles puissent quelquefois s'adresser ailleurs.

— Pourvu qu'on ne prenne pas de là occasion. — Plus exactement: « pourvu qu'on ne demeure pas ainsi en occasion de péché mortel. » Dans ce cas , dit Suarez , cette pratique pourrait être accidentellement péché mortel.

— - Il dit encore la même chose^ princ. — J'aurais dû

avertir plus tôt que princ, c'est-à-dire principia, dans les citations d'Escobar, signifie le proœmium

, ou l'Introduction de son ouvrage, intitulé Gêner alla

' principia.

— . Hors de certaines occasions. — Le texte dit : « S'il n'a • pour cela une raison grave, qui se présente rarement. »

P. i. — Qui est, à mon sens. — Ces mots se rapportent à « une autre de leurs règles. »

— Que notre Père , Granados. — [ Jacques Gl^anado^ jésuite espagnol, né 1574, mort 1632. Commentarii in Summam Theologiœ sancti Thomœ, 1626-33.

— Si c'est par la chiromance. — La dernière édition

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du Dictionnaire de l'Académie reconnaît encore cette forme, pour chiromancie.

P. 5. — Des circonstances qu'on n'est pas obligé de confesser. — Par exemple, la fille qui a péché n'est pas obligée de dire si elle était vierge .

P. 6. — Et de donner les choses saintes aux chiens. — Voir Matth.j VII, 6.

— Boit bien étonner les confesseurs, — Toujours dans le sens de troubler.

P. 8. — Ni qu'il le juge même probablement. — Il veut dire : ni qu'il juge même qu'il en sera ainsi probablement. Il aurait pu mettre : ni qu'il le juge môme probable.

— Il y a des auteurs qui disent. — La ' traduction de Pascal, quoique très abrégée, est très fidèle quant au fond et quant à toutes les expressions essentielles. Seulement on n'y voit pas, comme on le voit dans le texte, que le P. Bauny pensait particulièrement à certains péchés, dont la nature propre est d'être fréquents, même habituels, comme celui de jurer, ou tel péché de luxure. — La Note 1 de Nicole sur cette Lettre se rapporte à cette question de l'absolution.

P. 9. — Aucune espérance d'amendement. — M. De Soyres a cru excuser cette doctrine en produisant une décision du docteur janséniste Sainte-Beuve, qui déclare que le curé d'une paroisse n'a pas le droit de refuser la communion à celui qui se présente pour la recevoir ; mais il s'agit là de tout autre chose. Le curé n'a d'autorité qu'au dehors ; il n'entre pas et ne peut entrer dans le secret de la confession ; il doit s'en rapporter à la conscience de celui qui se présente. Le docteur pensait sans doute à l'affaire de M. de Liancourt. Voir mon Introduction, p. xlix, ligne 6, à partir de la fin, et corriger la faute que j'y ai faite ; car il faut lire :

DIXIËME LETTRE 513

le refus de la communion, et non pas : un refus d'absolution, comme le montre la première Lettre d'Arnauld.

— Et le P. Caussin. — Nicolas Caussin, jésuite français, né 1580, mort 1651. Le livre cité est de 1644, comme celui d'Arnauld auquel il répond ; il est écrit en français (^Response au libelle intitulé : la Théologie morale des jésuites, in-8°).

P. 11. — Pourvu qu'elle propose bien. — Proposer pour « se proposer » appartient à notre vieille langue. Voir un exemple d'Oresme dans Littré. C'est sans doute en ce sens qu'il est pris dans le piroverbe : « L'homme propose et Dieu dispose. »

— Je vous en ai parlé autrefois, — Dans la cinquième Lettre, p. 94.

— Qui oblige à s'arracher les yeux, — Voir Marc, IX, 46, etc.

P. 12. — Comme dit le P. Pintereau. — Le P. François Pinthereau , jésuite français, né 1604, est mort en 1664. Il avait publié : « Les impostures et les ignorances du libelle intitulé : la Théologie morale des jésuites y par l'abbé de Boisic» 1644, in-4<*. Boisic est sans doute Boissy-le-Bois , près de Ghaumonten-Vexin. C'était le pays du P. Pinthereau.

— Et que Vattrition toute seule, — L'attrition est ce qu'on appelle aussi contrition imparfaite, et on lit dans le Catéchisme du diocèse de Paris : <( La contrition est imparfaite quand le regret d'avoir offensé Dieu est principalement causé par la honte d'avoir commis le péché ou par la crainte des peines de l'enfer, » et non par l'amour de Dieu.

— Qu'elle soit mêlée de quelque amour de Dieu, — Le Catéchisme du diocèse de Paris dit en effet : « Pour nous disposer à recevoir le pardon de nos péchés, la contrition imparfaite doit être accompagnée de l'espérance du pardon et d'un commencement d'amour de Dieu. > La Note 2 de Nicole sur cette Lettre est

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une longue réfutation des doctrines des jésuites sur l'attrition.

P. 13. — Ni Comitolus aussi. — Paul Comitolo, jésuite italien ) né 1544, mort 1626. Il a écrit : Responsa moralia inseptem libros digesta, etc. Lyon, 1609, in -4®.

— Les anciens scholastiques. — Voici le texte même de Diana, d'après Nicole : « 1 II y a l'opinion de Guillaume de Paris, d'Argent [ina] , de Major , de Pierre Soto, de Silvest [re], et de saint Antonin, qui assurent que le précepte de la contrition oblige dès qu'on a commis un péché mortel. 2 II y a l'opinion de Mars. [?], qui dit que le pécheur est tenu du précepte de la contrition aux jours de fête. 3 II y a l'opinion d'Adrien, que les pécheurs sont obligés par le précepte de la contrition quand une grande calamité menace. 4 II y a l'opinion de Dominique Soto, qui, in IV Sent. ^ dist. 17, enseigne que le pécheur est tenu du précepte de la contrition quand il est en péril probable d'oublier ses péchés . 5 II y a l'opinion de Suarez et d'autres, qui tiennent que le pécheur est obligé, avant l'article de la mort, de ne pas différer beaucoup la contrition, mais n'assignent aucun temps déterminé pour cette obligation du pécheur. Mais toutes ces opinions sont très bien réfutées par Hurtado d'Alcala [Gaspar Hurtado] et Vasquez, qui enseignent que le pécheur n'a cette obligation qu'à l'article de la mort ou dans un danger, quand il ne peut être justifié par la médiation du sacrement de pénitence. Car autrement le pécheur est dispensé de l'obligation de la contrition, quand il se justifie par une autre voie. » — Argentina est Ulric de Argentina^ c'est-à-dire Ulric de ^ Strasbourg ; Major est Jean Maire; Silvestre est le dominicain Silvestre Mozzolino.

P. 14. — Ne serait pas suffisante avec le sacrement. — Tandis qu'elle l'est, dit Escobar en cet endroit, d'après le concile de Trente. Mais Nicole, dans sa Note 2, cite

le GsnoiL da concile sesàioo. 14« caaou 5\ et v uruave des: «Dmfitiaiis qui foat de cette attritioa du coaciI»j tout autre chaae que celle des jé:ïuite$^

F- 15- — Condamnée par lu Concilt:, — Le Coacile de Treoue. Toir SesHiûa xrv. chapitre i.

P- Ift- — £tf fiortrine 'ie /i»»^ Père:* tn}fp:}uiiU C^noar de Oietu — Nicole L'expose et La discute doas sa Note 3 sur cette Lettre, qui est un véritable traisu* , de plus de 30 pages. C'est la traductioa d'une dissertation d'Amanld contre Antoine Siroiond ♦qui se trouve an tome SD de ses Œuvres.

— Sttarez dit 'pie «çrV^f ^is^tez^ — Cette première phrase, jusqu'à « aucun temps », n>st pas dans le texte d'Eacobar.

— -1 fartick d*: la m*} ri. — Le texte dit seulement in fam zitst^

— IfmÊinSj fe» jours de fête. — Pascal a passé ces deux incises : « quand il y a à tenir tète aux blasphémateurs, quand nous sommes obligés à Tamour du prochain. »

— Hemriquez^ tous les cinq ans. — Le texte dit : t Outre l'article de la mort, et le temps où commence mo* ralement ]*nsage de la raison, il réclame encore en troisième lieu certaines époques prises dans la vie, an moins tous les cinq ans. >

— Se joue sii¥isolemmenL — Les jésuites furent très blessés de ce trait, et le P. Nouet y répondit avec aigreur dans sa Tingt-septième Imposture {Besponses aux Lettres Provinciales, p. 232). Nicole répond à son tour au P. Nouet dans sa quatrième Note sur cette Lettre.

Mais le P. Nouet, dans sa réponse, s'était régalé du plaisir de citer une lettre de Saint-Cyran, où oelui-ei parle d'amour du prochain et d'amour de Dieu en quatre pages qui sont un pur galimatias. Nicole s'est bien gardé d'en rien dire.

— Notre Père Antoine Sirmond. — Jésuite français, né II. • ' i

à Riom 1591, mort à Paris 1643. Il ne faut pas le confondre avec son oncle, le célèbre érudit Jacques Sirmond, qui était jésuite lui-môme. La Défense de la vertu est de 1641, in-8°.

P. 17. — Scotus chaque dimanche. — Duns Scot ou l'Écossais, franciscain, mort en 1308, contemporain et adversaire de Thomas d'Aquin.

— Si on en a la commodité, — De la confession.

P. 18. — De l'obligation pénible d'aimer Dieu. Voir Texplication de ce mot quelques lignes plus loin.

— Que nos Pères Annat, Pintereau. — François Annat, jésuite français, confesseur du roi, né à Rodez 1590, est mort (à Paris) en 1670. C'est à lui que sont adressées les dix^septième et dix-huiOéme Pi'ovinciales.

— Et A. Sirmond même. — Cela veut dire simplement, et ce môme A. Sirmond, que je viens de citer et de combattre. M. l'abbé Maynard s'est fourvoyé sur ce passage, et la Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus se fourvoie également à sa suite.

— Que saint Paul juge dignes de mort. — Rom. i, 32. P. 19. — On viole le grand commandement. — Matth,, xxii,

— Que Dieu a tant aimé le monde. — Rom., viii, 32.

— Vanathème que saint Paul prononce. — I, Cor,, XVI, 22.

— Qui n'aime point demeure en la mort. — I, Jean, m, 14 ; mais, d'après la suite du discours, il ne s'agit pas ici de l'amour de Dieu : c Nous savons nous autres que nous avons passé de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères ; car qui n'aime pas demeure en la mort. »

— Que qui ne l'aime point ne garde point. — Jean, xiv,

P. 20. — Voilà le mystère d'iniquité. — Expression qui> sans être de V Apocalypse , en paraît inspirée : xvii , o et 7.

ObBorvaiion. — On fera bien délire , à la suite de cette Lettre, la xii* Epître de Boileau, ^697, «wr V amour de Dieuy inspirée tout entière par la Provinciale. Voir aussi la Lettre de Boileau à Racine de la môme année, et la réponse.

ÉCRITE PAR l'auteur

AUX RÉVÉRENDS PÈRES JÉSUITES

Du 18 août 1656.

Mes Révérends Pères,

J'ai vu les lettres que vous débitez contre celles que j'ai écrites à un de mes amis sur le sujet de votre morale , oii l'un des principaux points de votre défense est que je n'ai pas parlé * assez sérieusement de vos maximes : c'est ce que vous répétez dans tous vos écrits, et que vous poussez jusqu'à dire j'ue /ai tourné les choses saintes en raillerie.

Ce reproche, mes Pères, est bien surprenant et bien injuste ; car en quel lieu trouvez-vous que je tourne les choses saintes en raillerie? Vous marquez en particulier le contrat Mohatra,eir histoire de Jean d'Alba.

Mais est-ce cela que vous appelez des choses saintes ? Vous semble-t-il que le Mohatra soit une chose si vénérable, que ce soit un blasphème de n'en pas parler avec respect ; et les leçons du Père Baipy pour le larcin, qui portèrent Jean d'Alba à 1p prati((uer conlrc

!. Point parh».

vous-mêmes, sont-elles si sacrées, que vous ayez droit de traiter dlmpies ceux qui s'en moquent?

Quoi ! mes Pères, les imaginations de vos écrivains * passeront pour les vérités de la foi, et on ne pourra se moquer des passages d'Escobar et des décisions si fantasques et si peu chrétiennes de vos autres auteurs, sans qu'on soit accusé de rire de la religion ! Est-il possible que vous ayez osé redire si souvent une chose si peu raisonnable? et ne craignez-vous point, en me blâmant de m'être moqué de vos égarements, de me donner un nouveau sujet de me moquer de ce reproche et de le faire retomber sur vous-mêmes, en montrant que je n'ai pris sujet de rire que de ce qu'il y a de ridicule dans vos livres ; et qu'ainsi*, en me moquant de votre morale, j'ai été aussi éloigné de me moquer des choses saintes, que la doctrine de vos casuistes est éloignée de la doctrine sainte de l'Évangile ?

En vérité , mes Pères , il y a bien de la différence entre rire de la religion, et rire de ceux qui la profanent par leurs opinions extravagantes. Ce serait une impiété de manquer de respect pour les vérités que l'esprit de Dieu a révélées : mais ce serait une autre ifaipiété de manquer de mépris pour les faussetés que l'esprit de l'homme leur oppose.

Car, mes Pères, puisque vous m'obligez d'entrer en ce discours , je vous prie de considérer que , comme les vérités chrétiennes sont dignes d'amour et de respect , les erreurs qui leur sont contraires sont dignes de mépris et de haine ; parce qu'il y a deux choses dans les vérités de notre religion : une beauté divine qui les rend aimables, et une sainte majesté qui les rend vénérables ; el; qu'il y a aussi deux choses dans

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