‹ Les provinciales de PascalChapitre 10 sur 124 · De voF Auteurs · texte numérisé non relu

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les erreurs : l'impiété qui les rend horribles et Tinipertinence qui les rend ridicules. Et c'est pourquoi * comme les saints ont toujours pour la vérité ces deux sentiments d'amour et de crainte, et que leur sagesse est toute comprise entre la crainte qui en est le principe, et l'amour qui en est la fin, les saints ont aussi pour l'erreur ces deux sentiments de haine et de mépris, et leur zèle s'emploie également à repousser avec force la malice des impies, et à confondre avec risée leur égarement et leur folie.

Ne prétendez donc pas, mes Pères, de faire accroire au monde que ce soit une chose indigne d'un chrétien de traiter les erreurs avec moquerie, puisqu'il est aisé de faire connaître , à ceux qui ne le sauraient pas, que cette pratique est juste, qu'elle est commune aux Pères de l'Église , et qu'elle est autorisée par l'Écriture , par l'exemple des plus grands saints, et de Dieu même *.

Car ne voyons-nous pas que Dieu hait et méprise les pécheurs tout ensemble, jusques-là même qu'à l'heure de leur mort, qui est le temps où leur état est le plus déplorable et le plus triste, la sagesse' divine joindra la ïnoquerie et la risée à la vengeance et à la fureur qui les condamnera à des supplices éternels : m interitu vestro ridebo et subsannabo. Et les saints , agissant par le même esprit, en useront de même, puisque, selon David, quand ils verront la punition des méchants, ils en trembleront et en riront en même temps : videbunt justi et timebunt ^ et super eum ridebunt. Et Job en parle de même : Innocens subsannabit eos.

Mais c'est une chose bien remarquable sur ce sujet, que, dans les premières paroles que Dieu a dit à

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