‹ Les provinciales, ou, Les lettres écritesChapitre 71 sur 99 · FRAGMENT DUNE LETTRE ADRESSÉE AU P. ANNAT · texte numérisé non relu

FRAGMENT DUNE LETTRE ADRESSÉE AU P. ANNAT

Mon révérend pèek^

Si je vous ai donné ç[uelqu0 déplaisir par mes autres Lettres^ en manifestant Tinnocence de ceux qu'il vous importait de m^rcir^ je vous donnerai de la joie par celle-ci y en vous y faisant paraître la douleur dont vous les avez remplis. Gonsolea-voiis ^ mon père : ceux que vous haïsses sont affligés; et si MM. les évèques exécutent dans leurs diocèses les conseils que vous leur donnèa^^ de contraindre à jurer et à signer qu'on croit une chose de Mt qu'U n'est pas véritable qu'on croie et qu'on n'est pas obligé de croire, vous réduirez vos ad^ versaires dans la dernière tristesse, de voir l'ÉgUse en cet état, ie lésai vus, mon père (et je vou&avoue que j'en ai eu une satisfaction extrême)^ je les ai vus, non pas dans una géaérosité philosophique, ou dans cette fermeté iri'espectueuse qui fait suivre impérieusement ce qu'on croit être de son devoir, non aussi dans cette lâcheté molle et timide qui empêche ou de voir la vérité, ou de la suivre, mais dans une piété douce et solide, pleins de défiance d'eux-mènws, de respect pour les puissances de l'Église, d'amour pour la paix , de tendresse et de zèle pour la vérité, de désir de la connaître et de la défendre, de crainte pour leur infirmité, de regret d^ètre mis dans ces épreuves, et d'espérance néanmoins que Dieu daignera les y soutenir par sa lumière

' Ce fragment a été publié pour la première fois par Bossut, en 1779.

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et par sa force, et que la grâce de Jésus-Christ, qu'ils soutiennent et pour laquelle ils souffirent, sera ellemême leur lumière et leur force. J'ai vu, enfin, en eux le caractère de la piété chrétienne, qui fait paraître une force...

Je les ai trouvés environnés de personnes de leur connaissance, qui étaient venues, sur ce sujet, pour les porter à ce qu'ils croient le meilleur dans l'état présent des choses. Tai oui les conseils qu'on leur a donnés, j'ai remarqué la manière dont ils les ont reçus et les réponses qu'ils y ont fisûtes : en vérité,, mon père, si vous aviez été présent, je crois que vous avoueriez vous-même qu'il n'y a rien en tout leur procédé qui ne soit infiniment éloigné de Tair de révolte et d'hérésie, comme tout le monde pourra connaître par les tempéraments qu'ils ont apportés, et que vous allez voir ici, pour conserver tout ensemble ces deux choses qui leur sont infiniment chères : la paix et la vérité.

Car, après qu'on leur a représenté, en général, les peines qu'ils vont s'attirer par leur refus, si on leur présente cette nouvelle constitution à signer, et le scandale qui pourra en naître dans l'Église , ils ont fait remarquer ^.

■ Probablemeat la signatore da Fpmalsire devait être le sujet de œttelettre. En marge de ce fragment Pascal avait écrit les notes suivantes , que M. Cousin et M. Faugère ont publiées diaprés le deuxième Recueil manusuiit du père Guerrier :

— Le jour du jugement.

— G*est donc là , mon père , ce que vous appelez le sens de Jansénius? c'iest dfmc cela que vous faites entendre et au pepe et aux évéques?

— Si les Jésuites étaient oonompos et qu*il fût vrai que nous fussions seuls, à plus forte raison devrions-nous demeurer.

^ Qiiod BHUm frmavit^ pax fda fum ouferaL ^ iVcfiic frenedtctioM, M91M wnakdàeHmu mowehtr, fient angélus Doflitei.

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