FAIT DE ^ANSÉNIUS SANS IMPORTANCE
dait : au lieu que^ s'ils venaient à connaître qu'il n'est question que de ce petit point de fait^ ils n'en seraient nullement touchés^ et ils auraient^ au contraire^ bien du ' regret d'avoir fait tant d'efforts pour suivre vos passions particulières en unç affaire qui n'est d'aucune conséquence pour rËglise.
Car enfîn^ pour prendre les choses au pis^ quand même il serait véritable que Jansénius aurait tenu ces propositions^ quel malheur arriverait-il de ce que quel-* ques personnes en douteraient, pourvu qu'ils les détestent , comme ils le font publiquement? N'est-ce pas assez qu'elles soient condamnées par tout le mo^ide sans exception, au sens même où vous avez expliqué que vous voulez qu'on les condamne? En. seraient-elles plus censurées, quand on dirait que Jansénius les a tenues? A quoi servirait donc d'exiger cette reconnaissance' sinon à décrier un docteur et un évoque qui est mort dans la communion de l'Église? Je ne vois pas que ce soit là un si grand bien, qu'il faille l'acheter par tant de troubles. Quel intérêt y a l'État, le pape, les évêques, les docteurs et toute l'Église? Cela ne les touche en aucune sorte, mon père; et il n'y a que votre seule Société qui recevrait véritablement quelque, plaisir de cette diffamation d'un auteur qui vous a fait quelque tort. Cependant tout se remue, parce que vou9 faites entendre que tout est menacé. C'est la cause secrète qui donne le branle à tous ces grands mouvements, qui cesseraient aussitôt qu'on aurait su le véritable état de vos disputes. Et c'est pourquoi, comme le repos de l'Eglise dépend de cet éclaircissement, il était d'une extrême importance de le donner, afin que, tous vos déguisements étant découverts , il paraisse à tout le monde que vos accusations sont sans fondement, vos adversaires sans erreur, et l'Église sans hérésie.
360 DIX-UDTIÉME LKTTRE^
Voilà, moik père, le bien que j'ai eu pour ehjei de procurer, qui me semMe si considérable pour tonte la religion 7 que j'ai de h peine à comprendre comment ceux à qui vous donoes tant de sujet de parler peuvent demeurer dans le âlenee. Quand \fi^ injures que vous leur faites ne les toucheraient pas, celles que TÉglke sou£Ere devraient, ee me semble^ les porter à s^en plaindre; outre que je doute que des ecclésiastiques puissent abandonner leur réputation à la calomnie, surtout en matière de foi. GependiMit ils vous laissent dire tout ee quH voun pklt; de sorte que sans Toccasien que vous m^n avez donnée par hasard, peut-èire que rien ne se serait opposé aux impressions scandaleuses que vmis semés de tous côtés. Ainsi leur patienee m'étonne, et d'autant plus qu'Ole ne peut m'ètre sus^ pecte ni de timidité ni d'impuissance, saduant bien qu'ils ne manquent ni de raisons pour leur justification, ni de zèle pour la vérité. Je les vois néanmoins si religieux à se taire, que je crains qu'il n'y ait en^cela de Fexoès. Pour moi, mon père, je ne crois pas le pouvoir £A»e. Laissez l'Église en paix, et je vous y laisserai de bon cœur. Mais pendant que vous ne travaillerez qu'à y entretenir le trouble, ne doutez pas qu'il ne se trovve des en&nts de la paix qui se «voiront obligés d'employer tous leurs efforts poui y conserver la tranquillité.